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27 avril 2026Elles lui ont permis de courir le marathon de Londres en moins de deux heures : les fameuses chaussures à plaque carbone de Sabastian Sawe disponibles dès jeudi au prix de 500 euros
Analyse : Notre rédaction partage quelques éléments clés à retenir.
L'équipe propose un aperçu synthétique de « Elles lui ont permis de courir le marathon de Londres en moins de deux heures : les fameuses chaussures à plaque carbone de Sabastian Sawe disponibles dès jeudi au prix de 500 euros ».
Les faits essentiels
Le marathon franchit un cap historique avec un chrono sous les deux heures à Londres. Entre chaussures à plaque carbone, nutrition optimisée et soupçons persistants, la frontière entre prouesse humaine et prouesse technologique s’affine.
La barre mythique des deux heures a été franchie dimanche au marathon de Londres, une performance due à l’amélioration de l’entraînement et de la nutrition mais aussi à l’apport technologique des chaussures à plaque carbone et mousse ultra-légère, qui ont révolutionné la discipline ces dernières années. Sous un grand soleil, 18 degrés et aucun vent, le Kényan Sabastian Sawe, 31 ans, a coupé la ligne d’arrivée devant Buckingham Palace en 1 h 59 min 30 s, devant l’Éthiopien Yomif Kejelcha (1 h 59 min 41 s), effaçant la marque établie par Kelvin Kiptum (2 h 00 min 35 s) en octobre 2023 à Chicago. « Quand on voit la vitesse supersonique à laquelle Sawe termine, il faisait quand même 59 min 01 au deuxième semi-marathon. C’est 15 secondes plus vite que le record de France. Il fait 27 min 19 dans le dernier 10 km. Ce sont des allures quasiment médaillables sur des championnats du monde ou des Jeux olympiques », analyse pour l’AFP Frédéric Fabiani, référent marathon à la Fédération française d’athlétisme (FFA).
Sawe et Kejelcha portaient tous deux aux pieds un modèle de la marque Adidas, première chaussure sous les 100 grammes (97 g) avec une semelle épaisse de 39 mm. Si l’amélioration des méthodes d’entraînement, de récupération et de nutrition est primordiale, l’apparition en 2016 des chaussures aux semelles épaisses et équipées de lames de carbone a permis de réaliser des performances hors normes sur route. La lame de carbone agit comme un ressort et peut contribuer à réduire la fatigue sur de longues distances. Couplée à la mousse, la plaque optimise l’effet d’amorti au sol et améliore le confort de l’athlète. Les études ont validé un gain en efficacité estimé à 4 %.
Après une série de records personnels en 2019 grâce à l’utilisation de ces chaussures « magiques », la Fédération internationale d’athlétisme (World Athletics) a un temps été dépassée par ce phénomène avant de légiférer en 2020 en fixant l’épaisseur maximale des semelles à 40 mm et en interdisant d’y insérer plus d’une plaque d’un autre matériau (lame de carbone, plastique, etc.). « L’athlétisme s’est construit sur les records battus dans les années 1950-60 en demi-fond. Il y en avait 30 par décennie, après 10 puis 5 et enfin de moins en moins. L’arrivée de ces chaussures à carbone et à mousse a été une bénédiction pour World Athletics. L’enjeu économique est tel que c’est impossible de revenir en arrière », estime auprès de l’AFP Jean-Claude Vollmer, spécialiste français de l’entraînement du marathon.
Transparence
Faut-il comparer cet apport technologique à celui des combinaisons en polyuréthane dans les compétitions de natation, bannies en 2010 après une avalanche de records ? « Avant, j’étais réfractaire car tout le monde ne pouvait pas se payer ce matériel. Aujourd’hui, tout le monde peut acheter le même équipement (ndlr : à partir de jeudi au prix de 500 EUR selon la marque). Mais il ne faudrait pas que la technologie dénature le sport et que ça devienne un spectacle. Je suis d’une génération où on était estomaqué quand on voyait un marathon en moins de 2 h 10. Ça me paraît tellement loin aujourd’hui », souligne Frédéric Fabiani.
Dans ce cadre, l’évolution de la nutrition a également joué un rôle et Frédéric Fabiani a scruté à la loupe les prises record de glucides par Sawe. « Il a pris 115 g de glucides par heure. Il n’y a pas si longtemps, on visait 60-70 g, parfois on s’aventurait à 80-90 g. C’est la première fois qu’on voit une prise aussi élevée », estime le spécialiste du marathon.
La performance de Sabastian Sawe, encore inconnu en marathon il y a deux ans, a soulevé certaines interrogations alors que le Kenya est régulièrement pointé du doigt pour des problèmes de dopage, avec 140 athlètes suspendus depuis 2017, dont Ruth Chepngetich, recordwoman du monde du marathon. « Il gagne deux grands marathons en 2 h 02 (Valence et Londres en 2025). Avec son chrono dimanche, c’est comme si Armand Duplantis (recordman du monde du saut à la perche à 6,31 m) battait son record de 12 centimètres d’un seul coup », compare Jean-Claude Vollmer. Le Kényan avance qu’il a fait preuve de transparence en mettant en place un programme, financé par son équipementier, avec l’Unité pour l’intégrité de l’athlétisme (AIU), qui a en charge la lutte antidopage, pour mettre en place de nombreux contrôles.
La fameuse chaussure portée par Sabastian Sawe, l’Adidas Adizero Adios Pro Evo 3, sera disponible dès ce jeudi à 10 h sur le site officiel de la marque aux trois bandes… au prix de 500 euros !
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : Les faits continueront d’être analysés pour informer nos lecteurs.

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