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27 avril 2026Forvia (ex faurecia) : En cédant à Apollo sa division d’équipements intérieurs pour 1,8 milliard d’euros, Forvia allège massivement sa dette et ses coûts financiers pour repartir en selle en Bourse
Analyse : Voici une vue d’ensemble des faits selon notre équipe.
Un résumé rapide de « Forvia (ex faurecia) : En cédant à Apollo sa division d’équipements intérieurs pour 1,8 milliard d’euros, Forvia allège massivement sa dette et ses coûts financiers pour repartir en selle en Bourse » selon notre rédaction.
Résumé à retenir
(BFM Bourse) – L’équipementier automobile a annoncé ce lundi cette cession pour assainir un bilan qui l’a amené à souffrir en Bourse ces dernières années. Cette vente permettra à la société de réduire sa dette nette d’un milliard d’euros et ses charges financières de 50 à 70 millions d’euros par an.
Avec les groupes de spiritueux, les équipementiers automobiles constituent l’autre secteur qui a clairement pris le bouillon en Bourse ces dernières années.
Les performances des grands noms du compartiment à Paris en attestent: Valeo perd 62,16% sur cinq ans, OPMobility (ex-Plastic Omnium) plonge de 50,7% et Forvia chute de 77,11%.
En quelques années, ces groupes sont passés du statut de pensionnaire du CAC 40 (Valeo en est sorti en 2018) ou de prétendant au CAC 40 (Forvia) à celui de « midcap ».
Ces équipementiers ont enchaîné les tempêtes: crise des semi-conducteurs, « stop and go » des constructeurs dans leurs usines dus à la pandémie, envolée des coûts des matières premières et des salaires, concurrence d’acteurs chinois, incertitudes sur la régulation (normes d’homologations WLTP, émissions de Co2).
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Un poids de la dette qui pèse
Une partie de cette sous-performance s’est expliquée par le bilan tendu de ces sociétés. Notamment, dans le cas d’OPMobility et de Forvia, parce que ces sociétés ont acquis d’autres groupes au « mauvais moment ». Forvia a, plus précisément, racheté pour 5,3 milliards d’euros l’allemand Hella en janvier 2022. Ce alors que la pandémie n’était pas totalement finie et que la guerre en Ukraine, quelques mois plus tard, allait provoquer une flambée des prix de nombreuses matières premières.
L’endettement de Forvia atteignait ainsi 8,4 milliards d’euros à fin juin 2022 pour un ratio de 3,1 fois l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) ajusté, un niveau considéré comme élevé par les analystes.
L’équipementier automobile a alors opéré des cessions d’actifs et des mesures pour remettre d’équerre son bilan. En parallèle la société a lancé en 2024 un vaste plan pour supprimer environ 10.000 postes en Europe, une région où l’entreprise souffre de surcapacités. La production automobile sur le Vieux continent a chuté de 19% entre 2019 et 2023.
Dans ce contexte, Forvia avait annoncé en février dernier sa décision de vendre sa division d’équipements intérieurs (tableaux de bord, panneaux de portes) et de poursuivre ainsi son désendettement, processus clef de sa revalorisation boursière.
« Le poids de la dette (6 milliards d’euros, soit 1,7 fois l’Ebitda ajusté, à fin 2025) a pesé sur la performance boursière de Forvia. La cession sera donc accueillie favorablement, d’autant plus que l’activité Intérieurs a un effet dilutif sur le groupe (marge opérationnelle de 2,3% contre 5,6% pour le groupe) », appréciait alors Bernstein.
Une division dilutive
Ce lundi 27 avril, Forvia a annoncé une transaction en bonne et due forme. L’ex-filiale de Peugeot SA a indiqué que cette division « intérieurs », qui représente 18% de son chiffre d’affaires et 31.000 employés, serait vendue au fonds d’investissement Apollo pour une valeur d’entreprise d’1,82 milliard d’euros. Ce prix extériorise un multiple d’Ebitda de 3,1.
Apollo n’est pas un acteur nouveau de l’automobile. La société d’investissement a racheté ces dernières années plusieurs groupes du secteur et possède actuellement l’allemand TI Automotive, l’américain spécialiste des pots d’échappement Tenneco, ou encore le japonais Panasonic Automotive. Ces activités dans l’automobile représentent un total de 28 milliards de revenus et 120.000 employés.
Pour revenir à Forvia, la cession de la division intérieure a de multiples vertus pour l’équipementier. Comme dit précédemment, le groupe se sépare d’une activité dilutive pour ses marges et dont la compétitivité pouvait faire défaut.
« Au cours des décennies passées à suivre Forvia et ses différentes incarnations précédentes (Epeda Bertrand Faure/ECIA, Faurecia), cet analyste (Stephen Reitman, l’analyste de Bernstein qui parle ici de lui à la troisième personne, NDLR) n’a jamais cessé de s’interroger sur les raisons pour lesquelles son activité Intérieurs (4,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025) s’est avérée si difficile à redresser », écrivait Bernstein en février.
« Certes, elle fournit les intérieurs plus courants pour Peugeot, Citroën et d’autres voitures grand public, mais elle fournit également des intérieurs finement travaillés pour des modèles tels que la Mercedes Classe S, qui font partie intégrante du positionnement tarifaire de ce véhicule.
Forvia Interiors a eu du mal à capter la valeur qu’elle apporte à ses clients (…) l’annonce, le 24 février, de la cession de l’activité Intérieurs par Forvia a donc été clairement perçue comme une bonne nouvelle, éliminant ainsi une division dont les performances étaient chroniquement insuffisantes », développait l’intermédiaire financier.
« De plus, cela permet à Forvia de se concentrer davantage sur les segments technologiques à forte croissance », avançait de son côté Alphavalue.
L’action recule
Surtout, la cession de cette division permettra de diminuer la dette de la société, ce qui apparaissait « crucial compte tenu des préoccupations (du marché, NDLR) liées au levier d’endettement de l’entreprise », jugeait Alphavalue.
L’entreprise a indiqué que cette opération réduirait sa dette brute de 1,4 milliard d’euros et sa dette nette d’au moins 1 milliard d’euros. Avec cette cession, Forvia ramènera son ratio d’endettement à 1,5 fois l’Ebitda ajusté à fin 2026 contre 1,7 fin 2025 et 2 fin 2024.
Olivier Durand, le directeur financier de la société, a par ailleurs indiqué aux analystes que la transaction créerait des économies substantielles sur les charges financières du groupe, qui seront réduites de 50 millions à 70 millions d’euros par an.
En face de cela, les synergies négatives dues à un moindre effet de taille (avec moins de leviers sur les achats) seront « limitées », a assuré le directeur général, Martin Fischer. Ce dernier les a évaluées autour d' »un chiffre » en millions d’euros.
À la Bourse de Paris, l’action Forvia a ouvert en nette hausse (+4,2% en début de séance) avant de basculer dans le rouge. Vers 11h30, le titre reculait de 1,7%.
« L’action est montée puis a reculé car, in fine, l’annonce n’a rien de très surprenante. Beaucoup de chiffres sont sortis mais on s’aperçoit très vite qu’ils sont en ligne avec les précédentes annonces de la direction, de février », explique Julien Thomas, analyste chez TP ICAP Midcap.
« Les 1,82 milliard d’euros de valeur d’entreprise correspondent à 1,4 milliard d’euros de réduction de dette brute, qui, une fois retraité des sorties de cash et des taxes retombent à 1 milliard d’euros de réduction de dette nette », ajoute-t-il.
« La valorisation qu’ils ont obtenue pour la cession de cette activité n’est pas très élevée selon nous et ils auraient pu avoir plus. L’opération leur permet toutefois de tenir la trajectoire de désendettement et de se focaliser sur la stratégie », tranche l’analyste.
Julien Marion – ©2026 BFM Bourse
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Source : www.tradingsat.com
Conclusion : Notre équipe gardera un œil sur l’évolution de la situation.

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