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27 avril 2026Kumi Naidoo, militant écologiste: «Je croyais que l’environnement c’était pour les Blancs et les riches»
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Points saillants
Alors que se tient la première conférence internationale pour organiser une sortie progressive des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) de nos économies, le militant sud-africain Kumi Naidoo plaide pour aller plus loin dans la lutte contre ces énergies, principales émettrices des gaz à effet de serre et responsables du réchauffement climatique. Il préside une initiative pour un traité de non-prolifération des énergies fossiles.
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Pétrole, gaz, charbon : à elles trois, ces sources d’énergies – qu’on qualifie de « fossiles », puisqu’elles résultent d’une transformation de matière vivante pendant des millions d’années dans le sous-sol – ont été au cœur du développement économique historique des États. Aujourd’hui, elles représentent encore près de 80 % de l’énergie consommée dans le monde. Elles sont aussi responsables de 75 % des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, qui entraînent déjà un réchauffement planétaire et son lot de catastrophes climatiques.
« De quel développement parlez-vous si vous vous engagez dans une source d’énergie qui va contribuer à l’élévation du niveau de la mer, à des inondations extrêmes, à des sécheresses à répétition, etc. ? », oppose Kumi Naidoo, militant sud-africain pour les droits humains et la justice environnementale.
Il préside aujourd’hui l’Initiative pour un traité de non-prolifération des énergies fossiles, sur le modèle du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. « Si nous ne fermons pas le robinet des énergies fossiles, nous ne nous attaquons pas au changement climatique. Et il faut bien comprendre qu’il s’agit de sauver l’humanité. La planète, elle, se régénérera quand notre espèce aura disparu. Il s’agit de garantir une vie vivable aux générations futures. »
« Ce sont les pauvres qui souffrent le plus de la destruction de l’environnement »
Son engagement est né dans sa jeunesse, au sein du mouvement anti-apartheid. « À l’âge de 15 ans, j’ai été renvoyé de l’école pour m’être élevé contre l’inégalité du système éducatif. Cette expulsion de l’école a été le début d’une vie de militantisme. J’ai commencé par participer très activement à la lutte de libération [du régime d’apartheid] », raconte-t-il. C’est au sein de la société civile qu’il a ensuite continué la lutte.
Il a été secrétaire général d’Amnesty International (2018-2020) et a également été la première personne issue des pays du Sud à diriger Greenpeace International (2009-2015). « Je dois avouer que ma transition vers l’activisme environnemental n’a pas été facile, parce que j’ai grandi en tant que jeune en Afrique du Sud, croyant que les préoccupations environnementales étaient pour les Blancs et les riches parce que cela semblait être un luxe. Mais au fil des ans, j’ai appris qu’en réalité, ce sont les pauvres qui souffrent le plus de la destruction de l’environnement. Et ce travail m’a finalement conduit au traité sur les combustibles fossiles. »
Personnalité médiatique, Kumi Naidoo plaide désormais auprès des pays, des institutions internationales et des grandes conférences, comme les COP climat ou celle de Santa Marta en Colombie, la toute première à s’intéresser réellement à la sortie des énergies fossiles. « Cela fait 30 ans que nous négocions, et pourtant même à la COP en Amazonie, l’année dernière, nous avons encore dû nous battre avec acharnement pour que le terme « combustibles fossiles » soit simplement mentionné dans le analyse final ! », rage-t-il. Bataille finalement perdue, le terme n’y figure pas.
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Faire comme pour les mines antipersonnel
« C’est parce qu’à la COP chaque année, la délégation la plus importante, c’est l’industrie des combustibles fossiles et ses lobbys, et de loin, estime le militant. Nous ne remettons pas en cause la COP, l’ONU climat et l’Accord de Paris [de lutte contre le changement climatique], mais nous pensons que le processus est insuffisant, car dix ans après l’Accord de Paris, nous sommes en train de régresser. »
Chaque année, les émissions de gaz à effet de serre continuent en effet à augmenter. Lassés de la lenteur du processus onusien, les pays les plus volontaires ont donc décidé de se réunir à Santa Marta, non plus pour débattre de la nécessité de sortir des énergies fossiles, mais pour s’entendre sur comment il faut le faire.
Si Kumi Naidoo soutient le processus et estime essentiel que les États mettent en place une feuille de route pour mettre un terme progressivement à leur dépendance au charbon, au gaz et au pétrole, il pense aussi que les engagements volontaires ne suffiront pas et qu’il faut passer par un accord contraignant. D’où l’idée d’un traité de non-prolifération des énergies fossiles. Il rêve de suivre l’exemple du traité d’interdiction des mines antipersonnel.
« À l’origine, il a été négocié en dehors du système des Nations unies, explique Kumi Naidoo. Quarante-quatre pays se sont engagés et sont ensuite allés le soumettre à l’Assemblée générale des Nations unies. À ce moment-là, qui va lever la main et dire « Oh, j’aime les mines antipersonnel, s’il vous plaît, je veux des mines antipersonnel » ? » Résultat : 133 États au total ont signé ce traité.
« Nous avons déjà un traité : l’Accord de Paris ! »
Peu de chance pour autant de voir se concrétiser une initiative similaire sur les énergies fossiles, en tout cas à court terme. « Nous avons déjà un traité contraignant qui organise la sortie progressive du pétrole, du gaz naturel et du charbon. C’est l’Accord de Paris ! », tacle un diplomate occidental qui préfère croire au système actuel.
Pour l’instant, 19 pays ont adhéré à l’idée qu’il fallait passer aux négociations pour un traité de non-prolifération des énergies fossiles. « Il est important de noter que trois de ces pays, tous du Sud, sont d’importants exportateurs de combustibles fossiles, ce qui signifie que leurs économies dépendent des exportations de combustibles fossiles. Il s’agit de la Colombie, du Pakistan et du Timor-Oriental », se félicite, quant à lui, Kumi Naidoo qui espère atteindre une coalition d’une trentaine d’États pour pouvoir peser suffisamment dans le concert des nations.
Source : www.rfi.fr
Conclusion : Nous continuerons de surveiller cette situation pour vous informer.

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