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Quelques observations clés de notre rédaction sur « L’attaque au Hilton, un sombre avertissement pour la sécurité du gouvernement Trump ».
Ce qu’il faut observer
D’abord, disons-le, le système a montré qu’il était opérationnel. Le périmètre de sécurité a tenu bon. Un assassin en puissance a été arrêté dans les couloirs [de l’hôtel Hilton] menant au dîner annuel de l’Association des correspondants à la Maison-Blanche. La seule balle ayant atteint un être humain (un agent du Secret Service) a été arrêtée par le téléphone et le gilet pare-balles de l’officier en question. La scène a bien vite été envahie par une l'équipe éditoriale d’intervention armée de fusils d’assaut et de lunettes à vision nocturne, si jamais les lumières venaient à être coupées.
Quelques minutes ont suffi pour que soient mis en sécurité les plus hauts responsables de l’État américain (président, vice-président, membres du gouvernement, président de la Chambre des représentants). L’attaque n’a fait aucune victime.
Un soupir de soulagement
Mais le grand soupir général de soulagement et les avalanches de “Je vais bien” envoyés par texto ne disent pas tout. Cette attaque a ceci de différent des deux précédentes tentatives d’assassinat contre Donald Trump que le président n’était pas la seule cible. Dans son manifeste que s’est procuré le New York Post, l’assaillant présumé déclare avoir visé “les responsables du gouvernement : ce sont des cibles, et leur priorité va du plus haut placé au subalterne.”
Et pendant que retombait l’adrénaline, dans l’entourage de Trump, cette réalité a fait son chemin dans les esprits. Si les choses avaient tourné différemment, les plus hauts responsables des États-Unis auraient couru un véritable danger.
Les officiers de protection rapprochée ont pour mission la mise à l’abri par tous les moyens. Si un cortège présidentiel est pris pour cible, les plans d’urgence prévoient qu’il soit scindé et laisse de côté les personnels de second rang et les journalistes accrédités. La priorité est claire : mettre le président en sécurité.
Quand des tirs ont retenti dans l’hôtel Hilton de Washington, les équipes de protection se sont précipitées dans les salles de réception pour retrouver chacune son ou ses protégés et les évacuer, abandonnant parfois à leur sort conjoint, collègues et autre menu fretin.
La garde rapprochée et le menu fretin
Le ministre de la Santé Robert F. Kennedy Jr. a ainsi été pris en charge par trois officiers faisant rempart de leurs corps alors qu’il s’éloignait de la salle. Son épouse Cheryl Hines a dû suivre par ses propres moyens quelques mètres derrière et enjamber tant bien que mal les barrières en robe de bal. Le président de la Chambre des représentants Mike Johnson, qui n’était pas à sa table quand les tirs ont commencé, a dû envoyer des agents armés chercher son épouse. Pour les autres membres du gouvernement Trump et de son entourage ne disposant pas de protection rapprochée, rien de particulier n’a été mis en place. Ils n’ont pu que s’en remettre à eux-mêmes.
“Il y a manifestement un nouveau distinguo chez les élites au sommet de l’État : il y a ceux qui ont été promptement évacués par le Secret Service et les autres”, a résumé sur les réseaux sociaux l’ancien PDG de Goldman Sachs Lloyd Blankfein, présent au dîner de gala.
Cette situation n’est pas nouvelle. Les responsables de premier plan subissent régulièrement ce genre de tentatives d’attaques. Trump a été ciblé à deux reprises pendant la campagne présidentielle de 2024, et a échappé de peu à la mort lorsqu’on lui a tiré dessus au cours du meeting de Butler, en Pennsylvanie.
Quelques mois plus tard, le président de [la compagnie d’assurances santé privée] UnitedHealthcare, Brian Thompson, était assassiné en plein jour dans une rue de Manhattan, un crime célébré par certaines sphères d’Internet. En avril, la résidence du patron d’OpenAI, Sam Altman a été attaquée par un homme persuadé que l’IA est en train de causer “l’extinction imminente” de l’humanité. Enfin, l’année dernière, le militant conservateur Charlie Kirk, un proche de Donald Trump et de ses conseillers, a été tué par arme à feu lors d’un observation marquant politique.
Sa veuve, Erika Kirk, était présente au dîner de Washington, elle a été escortée vers la sortie visiblement affolée dans sa robe à sequins couleur crème. “Je veux juste rentrer chez moi”, sanglotait-elle.
Le porte-parole de la Maison-Blanche, Davis Ingle, a déclaré que le président était “reconnaissant envers les courageux hommes et femmes de la police qui ont réagi rapidement pour neutraliser au plus vite le criminel” et assurer la sécurité des membres de l’assistance.
Tous aux abris
Certains membres éminents du gouvernement ont reçu une protection supplémentaire. Comme nous l’avions déjà révélé en octobre, le conseiller à la sécurité intérieure, Stephen Miller, a été installé dans une base militaire depuis que des manifestants se sont approchés de son domicile en Virginie du Nord. D’autres ministres, comme le secrétaire d’État Marco Rubio et le ministre de la Défense Pete Hegseth, ont aussi été déménagés sur des sites militaires, et au moins un autre membre du gouvernement les a suivis en raison d’une menace étrangère.
La question est désormais de savoir ce qui doit changer. Certains critiquent déjà la décision d’avoir rassemblé autant de membres du gouvernement dans une seule pièce. Pendant le premier mandat de Trump, [le vice-président] Mike Pence n’empruntait même pas l’ascenseur avec le président, soucieux de sa responsabilité en tant que vice-président en cas de problème. Mais lors du dîner des correspondants de la Maison-Blanche, le président était accompagné des deux personnalités suivantes en ligne de succession, J. D. Vance et Mike Johnson [le président de la Chambre des représentants]. Si une catastrophe s’était produite, le contrôle des codes nucléaires des États-Unis aurait incombé à Chuck Grassley, le président à vie du Sénat, âgé de 92 ans.
“Si un engin explosif s’était enclenché, il aurait neutralisé le président, le vice-président et le président de la Chambre des représentants – les trois premières figures de l’État, a souligné le député [républicain] Michael McCaul. Je pense que le Secret Service doit éviter d’avoir le président et le vice-président au même endroit.”
Le soir du dîner, avant même que des détonations ne retentissent, certains avaient fait preuve d’humour noir au sujet de l’immense salle de bal. Des responsables s’étaient en effet étonnés de voir J. D. Vance installé aux côtés de Trump sur l’estrade – sans parler des nombreux membres du gouvernement dispersés sur une centaine de tables – et, en référence à la ligne de succession, ils avaient lancé malicieusement qu’ils espéraient ne pas finir la soirée avec Chuck Grassley comme président.
Source : www.courrierinternational.com
Conclusion : Notre équipe continuera à fournir une analyse régulière.

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