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28 avril 2026comment Charles Alloncle a finalement réussi à faire adopter son rapport sur l’audiovisuel public
Analyse : Notre rédaction partage quelques observations générales.
Voici quelques observations de notre rédaction sur « comment Charles Alloncle a finalement réussi à faire adopter son rapport sur l’audiovisuel public ».
Points essentiels
À la surprise générale, le note porté par le député proche d’Éric Ciotti a été adopté au sein de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Charles Alloncle doit ce succès à l’absention des députés macronistes et le soutien des députés LR après des heures de débats très houleux.
Des coups de téléphone tout le week-end, une ambiance à couteaux tirés dans le huis-clos d’une salle de l’Assemblée nationale et un coup de théâtre. En dépit des très fortes tensions qui ont émaillé les six mois de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, le rapporteur Charles Alloncle a remporté son pari ce lundi soir.
Son rapport et ses propositions seront bien publiés dès la semaine prochaine. Il s’en est pourtant fallu de peu pour que l’histoire s’écrive autrement. Sur les 31 membres de la commission d’enquête et en dépit de quelques absents, 12 députés ont voté pour, 10 contre et 8 se sont abstenus.
« On était dans une ambiance de cour d’école, de bisbilles avec un jeu de ping-pong verbal intense entre Charles Alloncle et le président de la commission Jérémie Patrier-Leitus », raconte la députée non-inscrite Véronique Besse auprès de BFM.
« Une machine à fantasmes »
Peut-être bien mais en attendant, ce vote permet à ce proche d’Éric Ciotti qui a ferraillé pendant des jours contre les pontes de l’audiovisuel public et de nombreuses stars du petit écran, de Léa Salamé à Patrick Cohen, de voir son travail légitimé.
Et tant pis si le contenu du rapport et ses 80 propositions choc qui visent à faire un milliard d’euros d’économies à France télévisions et Radio France ressemblerait plus à « un roman d’espionnage » qu’à un dossier parlementaire comme nous le confie la députée macroniste et vice-présidente de la commission d’enquête Céline Calvez, qui s’est abstenue.
Interrogé par BFM dans la soirée, Charles Alloncle a ainsi reconnu que le vote « s’était joué à très peu de choses », estimant avoir obtenu « un certain nombre de compromis ».
On rembobine. Tout le week-end, les membres de la commission se triturent les méninges. Faut-il adopter ce rapport comme le veut la tradition parlementaire, quitte à offrir un blanc-seing aux travaux de la commission d’enquête et à ses conclusions, très contestées? Faut-il au contraire rejeter ce texte de près de 400 pages qu’ont pu consulter les jours d’avant les députés? La manœuvre n’aurait après tout rien d’inédit.
le revue d’une commission d’enquête sur le financement des syndicats n’avait pas exemple pas été votée en 2011. Mais ce geste n’aurait cependant rien d’anodin.
« On est face à un choix cornélien. Être pour, c’était accréditer l’idée qu’on était d’accord avec ce rapport. Être contre, ça voulait dire qu’il n’était jamais publié et qu’il devenait une machine à fantasmes », observe le député Modem Erwan Balanant.
Hésitations
La décision est finalement prise pour lui et son autre collège centriste de s’abstenir. À gauche, on est bien décidé au contraire à voter contre et on le donnée savoir quelques heures avant la réunion de la commission d’enquête.
« On est face à un tract politique, il faut évidemment voter contre ce rapport », explique lors d’une conférence de presse le président des députés socialistes Boris Vallaud, dont quatre membres de son camp appartiennent à la commission d’enquête.
« Il n’y a pas un monde où les méthodes de Charles Alloncle sont démocratiques », insiste à ses côtés la députée Ayda Hadizadhe qui évoque des dérives « trumpistes ».
Les députés Renaissance faiseurs de roi
À La France insoumise, on hésite encore. Dans la tête des troupes de Jean-Luc Mélenchon, la peur plane de créer « un précédent » dans l’histoire du Parlement en cas de non-publication du rapport qui pourrait peut-être se retourner un jour contre les oppositions comme l’explique le député LFI Aurélien Saintoul.
Finalement, le groupe tranche dans un communiqué de presse qualifiant le revue de « mensonger, partial et contradictoire » et évoquant des méthodes « incompatibles avec l’exigence de rigueur attendue » du travail parlementaire.
Bref, l’avenir du rapport de Charles Alloncle est détenu entre les mains des députés LR et des députés Renaissance. Que vont-ils faire? Voter contre, s’abstenir, voter pour? Quand le huis-clos commence, le suspense est palpable et la pièce lancée en l’air peut tomber tout autant du côté pile que du côté face.
Pour tenter d’obtenir une victoire qui prouverait que son arrivée sur le devant de la scène médiatique n’est pas qu’un feu de paille, Charles Alloncle est prêt à faire quelques menues concessions.
« Se victimiser »
Biffer des remarques sur la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet qui l’avait recadré publiquement sur France inter, l’exhortant à préserver « la crédibilité des travaux du Parlement » sur France inter le 17 décembre dernier? Le rapporteur accepte. Enlever des remarques liées aux fonctions d’administrateurs de Radio France et France média monde du président de la commission d’enquête Jérémie Patrier-Leitus? C’est d’accord aussi.
« Ne pas l’écrire comme ça évite quand même toute une suspicion de conflit d’intérêts », observe un membre de la commission.
Résultat: les membres de la commission membres de Renaissance, « très tenté par un vote contre » comme nous l’explique la députée Céline Calvez, décident de s’abstenir.
« Ne pas publier ce rapport, ça permet aussi à Charles Alloncle de se victimiser, de jeter un doute sur le travail parlementaire. Et pouvoir lire bientôt publiquement ce rapport, ça permettra aussi de répondre point par point aux choses fausses qu’il contient », assène encore la vice-président de la commission d’enquête.
« Ne pas mettre la poussière sous le tapis »
Quant au numéro un de la commission d’enquête, Jérémie Patrier-Leitus, il dit finalement oui à la texte de ce rapport, au grand dam de la gauche.
« Certains ont eu peur de voter contre et de se voir accuser de censure. Moi, je les accuse de compromission », lâche la députée écologiste Sophie Taillé-Polian.
Ne reste plus dès lors qu’à convaincre les deux députés LR de voter pour l’adoption du rapport. À 19h30, c’est finalement chose faite. Les deux membres du parti de Bruno Retailleau, Virginie Duby-Muller et François-Xavier Ceccoli votent pour, permettant donc au rapport d’être adopté et publié dès la semaine prochaine.
« Un certain nombre de dysfonctionnements » de l’audiovisuel public ont été « révélés » pendant les échanges de la commission d’enquête. « On a considéré qu’on ne pouvait pas mettre la poussière sous le tapis. Il y un vrai enjeu de transparence », explique Virginie Duby-Muller dans la foulée.
« Vaudeville »
À la sortie du huis-clos, les tensions sont manifestes entre Jérémie Patrier-Leitus et une partie des députés de gauche, d’autant plus que le président a laissé entendre jusqu’au bout qu’il s’abstiendrait ou voterait contre ce rapport.
« Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise? Il a passé des semaines à dire que le travail de Charles Alloncle n’était pas sérieux, voire proche de la mascarade et à la fin, il le vote. On est dans le vaudeville », s’énerve un député de gauche.
Le lendemain, le président de la commission d’enquête persiste et signe sur France inter, assumant son vote pour que »les Français puissent juger des méthodes de l’extrême droite » et « de la manière dont Charles Alloncle dans un parution parlementaire insinue, porte des accusations graves ».
En attendant, Charles Alloncle peut déjà se targuer d’avoir obtenu au moins quelques résultats. Pointé du doigt à de nombreuses reprises par le député mais aussi par un rapport de la Cour des comptes, le coût du dispositif déployé par France télévisions pour suivre le festival de Cannes doit être réduit cette année.
Prendre date pour 2027
Dans la foulée de l’adoption du rapport, le trentenaire qui a déjà passé le mur du son médiatique depuis le lancement de la commission d’enquête, se lance dans une tournée des médias. De quoi lui assurer de rester dans le cœur de l’écosystème médiatique conservateur, lui qui va bientôt publier un livre chez Fayard, et de gagner définitivement ses lettres de noblesse au Rassemblement national, allié des députés d’Éric Ciotti.
« Si on gagne en 2027, il s’est très clairement positionné pour devenir ministre de la Culture et porter une grande réforme de l’audiovisuel », avance un député RN.
Si les troupes de Marine Le Pen sont favorable à la privatisation de l’audiovisuel public, le député UDR ne fait cependant pas cette recommandation dans son travail.
En attendant, les propositions de Charles Alloncle pourraient bien se transformer en propositions de loi déposées lors de la prochaine niche parlementaire de l’Union des droites en juin prochain.
Le député Modem Erwan Balanant lui promet de « débunker » le contenu du rapport en « démontant ces approximations » et de faire des contre-propositions dans les prochaines semaines.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : La rédaction gardera un œil attentif sur cette information.

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