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28 avril 2026franceinfo monde du mardi 28 avril 2026
28 avril 2026Analyse : Notre équipe propose une synthèse des points importants.
L'article « Orchestre de la Crèche: les «papys de la rumba» pour la première fois à Paris » a retenu l'attention de notre équipe.
Analyse rapide
Le 29 mars dernier, pour le festival Banlieues Bleues, l’Orchestre de la Crèche, venu de Kinshasa, dernier représentant de la rumba congolaise « originale », foulait pour la première fois une scène française. De quoi découvrir leur groove irrésistible et l’authenticité d’une musique savoureuse.
Pour arriver jusqu’à nous, ils ont dû affronter une succession de galères administratives et des demandes de papiers rocambolesques. En urgence, ils bouclent leurs valises et décollent de Kinshasa (RDC). Après ce chemin tumultueux, les deux cousins, Dassy et Seli-Ja Mbelani, 73 et 71 ans, débarquent enfin, fringants malgré cette épopée et ravis de fouler pour la première fois le sol français, « même si le climat se révèle un peu frisquet pour nous autres, tropicaux ».
L’âge d’or de la rumba
Quelques minutes plus tard, emmitouflés dans leur doudoune, entourés de leur groupe, deux guitaristes, un bassiste, un batteur – trois jeunes et un doyen – ces deux chanteurs facétieux investissent la scène du festival Banlieues Bleues. Et font rapidement grimper la température de quelques degrés.
À vrai dire, dès les premières mesures, l’orchestre met tout le monde d’accord : un groove implacable, niché dans cette rythmique reconnaissable entre mille, ces boucles de guitare aiguës, omniprésentes et entêtantes, virtuoses et foisonnantes, signature de la rumba… Et ces « papys » d’ambiancer comme jamais le public au pôle musical d’Orgemont, à Épinay-sur-Seine. Désormais, tout le monde se déhanche à l’unisson sur ce son intact, tout droit issu de l’âge d’or de la rumba de Kinshasa.
Car faire se trémousser le public jusqu’à plus soif, voilà leur spécialité ! Depuis la fin des années 1980, chaque week-end, dans le quartier festif de Matongé, sur le rooftop du complexe de la Crèche (dancing, hôtels, clubs, snacks…), avec vue panoramique sur Kinshasa, Dassy et Seli-Ja font guincher différentes générations jusqu’à l’aube.
Dans leurs voix et sous leurs doigts, défilent plusieurs centaines de titres des héros du genre –Franco, Tabu Ley Rochereau, Le Grand Kalle, Zaïko Langa Langa, Wendo Kolosoy… Depuis près de 40 ans, les deux cousins, originaires de la ville portuaire de Matadi, sur le fleuve Congo, province du Kongo Central, défendent cette musique de tout leur cœur.
Déjà gamins, dans les années 1950, ils s’abreuvent à l’unique Radio Congo belge et découvrent cette musique flambant neuve : une irrésistible hybridation entre rumba cubaine, rythmes africains, chants en lingala et guitare électrique.
Dassy et Seli-Ja apprennent à jouer en autodidactes, révèlent d’heureuses dispositions. Ils « montent » à Kinshasa pour accomplir leur carrière et intégrer cet Orchestre de la Crèche, créé en 1984.
« Le bon tempo »
Leur longévité force le respect : « À plusieurs reprises, nous avons eu la tentation de quitter l’Orchestre de la Crèche, mais il n’existe plus, à Kinshasa, aucune formation de cette trempe ni de ce niveau », affirment-ils. Car les deux cousins défendent une rumba « originale ». Et s’ils peuvent accepter d’éventuels changements d’instrumentation, ils ne goûtent guère aux croisements actuels avec des sons nigérians, par exemple.
Pour eux, l’authenticité de leur musique ne se négocie pas : un trésor, labellisé en 2021 « patrimoine culturel immatériel de l’Unesco ». Alors, quel serait cet ingrédient essentiel de leur rumba « originale » ? D’une seule voix, ils s’exclament sans l’ombre d’une hésitation : « La bonne cadence ! Le bon tempo ! », sur lesquels ils ne sauraient transiger. Et les deux de se lancer dans une explication binaire en tapant des mains : « une-deux, une-deux ». Déjà, dans leur façon de placer le beat, les pieds commencent à frétiller…
Et c’est exactement sur cette cadence, ce bon tempo, dangereusement contagieux, qu’ils déroulent, à Épinay, de grands classiques, dont l’indémodable Indépendance Cha-Cha. À leur façon de se déhancher, à leurs chants alertes, à leurs voix qui s’emmêlent avec ferveur, la rumba sonne comme la bande-son de leur vie. Et celle de tout un peuple. « C’est notre âme. Elle nous accompagne au quotidien dans notre culture : dans nos manifestations funéraires, dans nos réjouissances, pour les naissances… », précisent ces pionniers, qui entendent bien léguer cet héritage aux jeunes générations.
Round 2
Une semaine à peine après ces présentations au public français de Banlieues Bleues, Dassy et Seli-Ja nous offrent même un deuxième round dans l’intimité d’un minuscule bar de la Goutte d’Or. L’ambiance est survoltée. « C’est la première fois que je transpire à Paris », sourit Dassy. Les billets pleuvent dans le chapeau, comme le veut la tradition. Et un hymne naît : « Les papys de la rumba, oh ! », chantent-ils, repris en chœur par une foule compacte. Mission accomplie. Paris a accueilli à bras ouverts ces « papys de la rumba ». Et ce n’est que le début.
Source : www.rfi.fr
Conclusion : Les prochains développements permettront de compléter cette analyse.

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