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L'article « Sur le rapport Alloncle, la macronie n’assume pas (du tout) avoir servi l’extrême droite » a retenu l'attention de notre équipe.
Points essentiels
Trouble discours. L’ensemble de la classe politique, à l’exception de la droite et de l’extrême droite, condamne à grands cris les conclusions de Charles Alloncle (UDR) à l’issue de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public. Les députés ont validé la future publication de son travail après quatre heures de débats tendus, lundi 27 avril.
À gauche, les élus dénoncent un « mauvais » rapport, biaisé, et indigne de l’Assemblée nationale. « Notre institution méritait bien mieux que ça. Elle méritait une commission d’enquête afin de faire éclore la vérité et non pas de distiller les insinuations », a par exemple déploré l’écologiste Sophie Taillé-Polian à la sortie de la réunion, critiquant le manque d’« honnêteté intellectuel » de la part de son collègue d’extrême droite, et ses « mensonges par omission. »
Écologistes, communistes, socialistes et insoumis ont donc voté contre la édition du rapport. En toute logique. De son côté, le bloc central entretient peu ou prou le même discours, à une différence près : ils ne s’y sont pas opposés, mais ont préféré s’abstenir. Le président de la Commission, le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus, a même fini par mêler sa voix à celle des favorables, faisant basculer le scrutin (10 contre 12 au final.)
La gêne des macronistes
Dès lors, voilà les membres du MoDem ou de Renaissance déplorer les conséquences d’une entreprise politique qu’ils n’ont jamais réussi, ni souhaité, arrêter. Comme s’ils sortaient les mouchoirs pour pleurer un chagrin qu’ils ont contribué à nourrir. Leur gêne, au lendemain du scrutin, est donc palpable.
« Voter contre, c’était participer à ce que ce rapport soit tu et qu’il y ait une chappe de plomb », a ainsi expliqué Céline Calvez, vice-présidente de la commission d’enquête, après s’être abstenue lundi. Pour la macroniste, qui promettait au lancement des travaux de tout faire pour que ceux-ci ne se transforment pas en « tribunal ou en spectacle » (raté) va même jusqu’à expliquer qu’apposer le sceau très officiel de l’Assemblée nationale sur la copie du rapporteur est un mauvais coup pour lui. Vraiment ?
« C’est le début de la contestation. On va pouvoir pointer ce qui relève du mensonge, ce qui relève de l’inexactitude ou de l’impertinence. la diffusion du rapport nous permet d’en parler davantage », a-t-elle ainsi tenté devant les caméras à l’Assemblée nationale. Une déclaration qui illustre la position complexe des macronistes ce mardi. À savoir : montrer les muscles, et sortir les armes pour de prochaines joutes incertaines, après les avoir rangés lors des batailles cruciales ces derniers mois, comme ces dernières heures.
Dans cette logique difficile à suivre, le député MoDem Erwan Balanant explique même ce mardi que son groupe travaille à un contre-rapport, pour concurrencer celui de Charles Alloncle. Alors qu’il s’est abstenu sur les conclusions du député UDR (allié au RN), pourtant « terribles pour la démocratie », afin de ne pas lui accorder le statut de « victime », l’élu du Finistère assure que son contre-document servira à « analyser les propositions et dire en quoi elles sont délétères. » Utile, sans doute.
« Paillasson de l’extrême droite »
Mais ce travail contradictoire aurait pu aboutir, en soi, même sans la diffusion de l’œuvre de Charles Alloncle (300 pages, 80 recommandations) désormais estampillée « Assemblée nationale. » C’est du reste ce que soulignent de nombreux dirigeants de gauche, en colère contre les justifications bancales du bloc central.
Le député écolo Benjamin Lucas parle par exemple d’« argumentaire bidon » brandi par son collègue centriste. « Le vote d’un parlementaire n’est pas une affaire de stratégie de communication mais un choix en conscience qui engage au regard des principes et de l’histoire de notre institution. S’abstenir c’était le choix lâche de laisser l’extrême droite diffuser ses horreurs », écrit-il. « Non seulement le macronisme n’aura pas été un rempart face à l’extrême droite, mais il aura été un paillasson, voir un tremplin », renchérit pour sa part l’insoumis Aurélien Saintoul.
Même du côté de Place Publique, le parti de Raphaël Glucksmann qui accueille plusieurs anciens macronistes dans ses rangs, on accuse les députés centristes (le MoDem en l’occurrence) de « se coucher » devant Marine Le Pen et ses alliés. « C’est une honte que ce torchon, qu’il convient d’appeler rapport, soit revêtu du sceau de l’Assemblée nationale », fulmine également Sacha Houlié, sur les réseaux sociaux.
De fait, l’estampille officielle du Palais Bourbon permet à Charles Alloncle de reprendre son bâton de pèlerin. Il n’aura attendu que quelques minutes, lundi, après le vote de son rapport, pour se rendre dans l’émission de Cyril Hanouna sur W9 (grand pourfendeur de l’audiovisuel public) afin de continuer son entreprise de démolition. Le proche d’Éric Ciotti a profité de son passage pour remercier « tous les groupes » qui ont permis à son travail de voir le jour, car sans eux, « cela n’aurait pas pu fonctionner. » Les députés ayant voté pour le dossier sont concernés par ces chaleureux remerciements. Les abstentionnistes également.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Notre équipe vous tiendra informés des faits marquants.

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