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29 avril 2026comment Sophie Adenot peut réconcilier les jeunes filles avec les filières scientifiques – franceinfo
Analyse : Notre rédaction met en lumière les points essentiels à retenir.
Notre équipe propose une synthèse des informations de « comment Sophie Adenot peut réconcilier les jeunes filles avec les filières scientifiques – franceinfo ».
Ce qu’il faut observer
Deuxième femme française envoyée dans l’espace, Sophie Adenot participe à de nombreuses expériences scientifiques, dont certaines ambitionnent d’attirer les plus jeunes vers des carrières scientifiques et techniques, où les filles sont sous-représentées.
Sur la table de chevet de Jeanne, pas de mangas ni de « new romance ». A 13 ans, cette collégienne du Val-d’Oise dévore les livres consacrés à l’astrophysique. « En ce moment, je lis L’Univers expliqué à mes petits-enfants du scientifique américain Hubert Reeves. J’ai adoré le livre de Thomas Pesquet et j’ai commencé ceux [des physiciens] Stephen Hawking et Christophe Galfard, liste l’adolescente. Même si je ne comprends pas tout, je vais chercher sur internet. »
Passionnée par l’espace, Jeanne regardera avec attention la télévision, mercredi 29 avril. Son idole Sophie Adenot, deuxième femme française à s’être envolée dans l’espace, s’exprimera en direct au journal de 20 heures de France 2 depuis la station spatiale internationale (ISS). « Thomas Pesquet a été le premier à me faire m’intéresser aux sciences. Mais c’est surtout Sophie Adenot qui m’a donné cette passion. Je sais qu’à mon âge, elle s’intéressait à Claudie Haigneré [la première astronaute Française, partie dans l’espace en 1996]. Sophie Adenot, c’est ma Claudie Haigneré », assure la collégienne, qui rêve, à terme, d’enfiler la même combinaison que la scientifique.
Contrairement à beaucoup de ses amies, cette férue de mathématiques et de sciences physiques n’abandonnera pas les matières scientifiques lorsqu’elle rentrera au lycée. A la rentrée 2025, les filles étaient encore « particulièrement sous-représentées » en sciences de l’ingénieur (14,2%) ou sciences informatiques et numériques (15%), en éducation physique (32%) et, dans une moindre mesure, en mathématiques (41,8%) et physique-chimie (47,5%), selon une étude publiée fin février par le service statistique du ministère de l’Education nationale.
Ce déclin s’explique notamment par la réforme de 2019, qui a supprimé les séries S, L et ES au lycée, ainsi que les mathématiques du tronc commun des classes de 1ere et terminale, entraînant une baisse de 60% du nombre de jeunes filles dans les disciplines scientifiques, selon une étude évoquée dans The Conversation par la mathématicienne Mélanie Guenais. Au point de pousser Elisabeth Borne, alors ministre de l’Education nationale, à lancer au printemps 2025 un plan « maths et filles ». Objectif : inciter les jeunes filles à se tourner vers ces formations scientifiques, dans un contexte où « chaque année, il manque en France plus de 20 000 ingénieurs et 60 000 techniciens », souligne le ministère.
Plus les années avancent, plus les écarts se creusent. Une fois le bac en poche, les femmes ne sont plus que 29,8% dans les effectifs des formations d’ingénieurs, selon le ministère de l’Enseignement supérieur. « Si elles veulent étudier les sciences, les jeunes filles vont plutôt s’orienter vers la médecine pour soigner les gens, ce qui renvoie à des clichés féminins », souligne Alizée Cinquin, présidente de l’association Sciences for Girls. En effet, les étudiantes sont majoritaires dans les études de santé, représentant 68% des effectifs, selon les chiffres du ministère. Au point que, pour la première fois, en 2026, le nombre de femmes médecins a dépassé celui de leurs confrères masculins, avec 124 155 praticiennes contre 121 691 hommes, selon le conseil national de l’Ordre.
C’est notamment pour enrayer ce phénomène que Sophie Adenot participera à ChlorISS. Dans cette expérience éducative, dont le nom fait référence à celui d’une nymphe de la mythologie grecque associée aux fleurs, l’astronaute française fera pousser dans l’ISS les mêmes plantes que quelque 4 500 classes françaises, du CP à la terminale, afin de comparer l’effet de la micropesanteur et de la lumière sur leur croissance.
L’occasion de faire germer chez eux un « intérêt pour le spatial », selon le Centre national d’études spatiales, qui espère que l’astronaute tricolore aidera à « éveiller leur curiosité pour les attirer vers des carrières scientifiques et techniques ». « Le positionnement de Sophie Adenot est plus intéressant que celui de Claudie Haigneré, car c’est une femme qui a fait des études d’ingénierie, contrairement à sa prédécesseure, qui était médecin », pointe Florence Sèdes, chercheuse à l’Institut de recherche en informatique de Toulouse et membre de l’association Femmes et Sciences.
A Marseille, l’arrivée de Sophie Adenot à bord de l’ISS a ouvert de nouveaux horizons à Joudya Kebdani. Tentée par une carrière médicale « depuis toujours », cette lycéenne de 16 ans pourrait bien revoir ses plans. « Sa mission me motive, car je me dis que si elle est dans l’espace, moi, je peux accomplir plein de choses sur Terre. Cela me donne envie de pousser mes objectifs encore plus loin, car j’ai tendance à me limiter », concède l’adolescente.
« J’ai fait un stage dans un laboratoire où j’ai vu beaucoup d’hommes. Je me suis dit que je n’y avais pas ma place. Grâce à Sophie Adenot, je me dis que je pourrais faire de la recherche. »
Joudya Kebdani, lycéenne à Marseilleà franceinfo
« le observation que Sophie Adenot soit une femme jeune est un symbole important, car nous croyons beaucoup en ce phénomène d’exemple », insiste Isabelle Huet, directrice générale de l’association Elles bougent, qui agit en faveur de la mixité dans les secteurs scientifiques, technologiques et industriels. « Il y a un manque de femmes dans les métiers techniques, scientifiques et de la tech, avec seulement 24% d’ingénieures et 15% de techniciennes. » Or il est « très important de valoriser des métiers techniques, car ce sont des formations de niveau bac+2 ou bac+3 qui permettent ensuite d’évoluer. Et de devenir ingénieure sans forcément suivre cinq années d’études. »
A presque 20 ans, Laura Panhaleux ne se projette pas dans de longues études. « Le côté licence, classe prépa, ça restait trop théorique pour moi », confie cette étudiante en génie électrique et informatique industrielle à l’IUT de Bordeaux. Dans sa classe d’environ 30 élèves, elle ne compte qu’une seule camarade féminine. « Quand j’ai choisi l’option sciences de l’ingénieur au lycée, on était déjà très peu de filles. C’est particulier de n’être entourée que de garçons tout le temps, notamment en termes d’humour ou de remarques… Je suis la première à avoir de l’autodérision, mais parfois, quand les blagues s’enchaînent et que je suis seule face à tous ces mecs, je finis par me lasser. »
C’est en participant avec 1 500 élèves à un projet scientifique et pédagogique visant à établir un contact radio avec Sophie Adenot, depuis l’ISS à 400 km au-dessus de la Terre, que Laura Panhaleux a fait la connaissance de l’astronaute. « C’est toujours inspirant de voir des femmes se démarquer dans un milieu masculin, souligne l’étudiante. Je suis allée dans une école et un collège pour montrer comment communiquer en morse ou d’autres aspects de mes études pour transmettre le message auprès des jeunes filles. » Car les inégalités commencent dès le plus jeune âge. Selon l’Institut national d’études démographiques, l’écart de niveau en mathématiques entre les filles et les garçons apparaît entre la moyenne section de maternelle et le cours préparatoire.
« Des femmes comme Sophie Adenot jouent leur part, mais ce n’est pas suffisant. Les enseignants ont aussi leur rôle à jouer », pointe Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur. « On a toutes et tous des lacunes, et aucun recul sur nos pratiques, abonde Aurélie Gagnier, enseignante en primaire et cosecrétaire générale de la FSU-Snuipp. On est une profession à 85% féminine, surtout dans le primaire, majoritairement issue de filières littéraires ».
Tout n’est pas perdu. Selon Aurélie Gagnier, la mission de Sophie Adenot à bord de l’ISS est « l’occasion idéale pour faire des projets de classe, inclure tous les élèves, leur montrer que les sciences ne sont pas l’apanage des garçons. C’est le sujet type pour embarquer une classe, car l’espace c’est intrigant, ça intéresse, ça fait rêver. »
Un constat partagé par Virginie Blanc, qui organise depuis 2020 des ateliers sur l’espace avec ses élèves de primaire. « Avant le projet, il y a une différence d’intérêt entre filles et garçons pour les sciences. Mais l’écart que je vois au début de l’année se réduit au fur et à mesure du projet », constate l’institutrice.
Dans le Vaucluse, Pauline Truffo a profité de la mission de l’astronaute pour embarquer tout son collège dans l’aventure, en rediffusant son décollage pendant la pause-déjeuner. « Environ 150 élèves sont venus, ils étaient tous épatés par le voyage. Je ne m’attendais pas à avoir autant d’élèves motivés, assure l’enseignante. Ils sont très à l’écoute. On remarque vite ceux qui décrochent sur certaines vidéos et avec Sophie Adenot, ce n’est pas le cas du tout. » L’enseignante a d’ores et déjà prévu de les captiver une nouvelle fois, en revoyant avec eux l’interview de l’astronaute dans le « 20 Heures ».
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Quelques points à garder à l'esprit selon notre rédaction.

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