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29 avril 2026Derrière la petite phrase sur “les mabouls”, la volonté de Macron de se rabibocher avec Alger
Analyse : Quelques éléments saillants observés par notre rédaction.
Un regard éditorial sur « Derrière la petite phrase sur “les mabouls”, la volonté de Macron de se rabibocher avec Alger » pour mieux comprendre l'article.
Points saillants
En visite à l’hôpital de Lavelanet, en Ariège, le président français a pris la défense des praticiens diplômés hors UE, majoritairement algériens, et s’en est pris vertement à ceux qui prônent une ligne dure avec Alger. En répondant à Emmanuel Macron sur les médecins algériens, son ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a lâché une phrase qui le piège [sur X] : “Le problème, ce ne sont pas les médecins algériens.” En concédant cela, le candidat des Républicains à la présidentielle 2027 invalide lui-même le socle de sa ligne dure avec Alger et confirme, malgré lui, ce que les chiffres de l’Ordre des médecins établissent sans ambiguïté : ils sont indispensables.
C’est en échangeant avec un médecin formé à Oran [sur les difficultés que rencontrent les médecins étrangers à exercer en France] que le chef de l’État a lâché la phrase du jour : “Allez [le] dire à tous les mabouls qui nous expliquent qu’il faudrait se fâcher avec l’Algérie”, a lancé Emmanuel Macron ce lundi 27 avril, lors d’une visite au centre hospitalier de Lavelanet. Dans la même séquence, il a qualifié le régime des Padhue, les praticiens à diplôme hors Union européenne, de “bordel” et de “folie du système français”.
Dans le viseur, Bruno Retailleau, désormais candidat déclaré des Républicains à la présidentielle de 2027, [qui] défendait encore récemment dans le JDD une “ligne ferme” à l’égard d’Alger. L’ex-ministre de l’Intérieur, qui a fait de l’Algérie la base de sa communication pour 2027, n’a d’ailleurs pas tardé à riposter dans un communiqué. “Le problème, ce ne sont pas les médecins algériens mais les centaines d’OQTF [obligation de quitter le territoire français] dangereux qui n’ont plus rien à faire en France et que le régime d’Alger refuse de reprendre.”
6 891 médecins algériens : le premier pilier du système
En concédant d’emblée que les médecins algériens ne sont pas “le problème”, Retailleau reconnaît implicitement leur rôle. Mais en ramenant le débat aux OQTF, il choisit de ne pas répondre à la réalité sanitaire, celle que les statistiques de l’Ordre national des médecins documentent sans ambiguïté.
Au 1er janvier 2025, la France comptait 19 154 médecins diplômés hors UE, soit 8 % du corps médical total. Parmi eux, 36,2 % ont été formés en Algérie, soit environ 6 800 praticiens, faisant de l’Algérie la première source étrangère de médecins en France, loin devant la Tunisie (15,1 %), la Syrie (8 %) et le Maroc (6,4 %).
Leur présence est décisive dans les spécialités les plus en tension : médecine générale, psychiatrie, anesthésie-réanimation, pédiatrie, gériatrie. En gériatrie, un médecin sur trois est un ancien Padhue. Certains hôpitaux dans les zones sous-dotées tournent avec 90 % de médecins étrangers. L’Ordre des médecins le note noir sur blanc dans son Atlas 2025 : les départements les moins denses médicalement sont aussi ceux où la proportion de Padhue est la plus forte.
Un faisceau de rapprochement : du Medef à l’Élysée
La déclaration d’Emmanuel Macron s’inscrit dans une séquence de rapprochement franco-algérien qui s’accélère depuis plusieurs semaines. Du 23 avril au 26 avril, c’était Patrick Martin, président du Medef, qui atterrissait à Alger pour une visite inédite à ce niveau : le patron des patrons conduit lui-même la délégation, en petit comité, pour reprendre contact avec son homologue algérien du Crea après deux années de rupture. Le Medef jouait les pompiers économiques à Alger, conscient qu’il “est indispensable de travailler avec l’Algérie, surtout quand elle est à proximité géographique et culturelle”, selon les mots de Patrick Martin lui-même.
En février, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez se rendait à Alger. Fin mars, Emmanuel Macron appelait le président Abdelmadjid Tebboune pour rétablir le dialogue. Début avril, Jean-Noël Barrot faisait le déplacement. Le 23 avril, le Medef était sur place pour un échange valorisant les patrons franco-algériens, et le 27 avril, le président français [était] devant l’hôpital de Lavelanet. À chaque fois, la même logique : les relations entre les deux pays sont trop importantes, économiquement, humainement, stratégiquement, pour être sacrifiées à une posture électorale. Encore plus en cette période où dure le conflit en Iran avec ses conséquences sur les hydrocarbures.
Retailleau peut bien parler d’OQTF. Dans les urgences de l’Ariège comme dans les maisons de santé du Pas-de-Calais, ce sont des médecins d’Oran, d’Alger ou de Tizi Ouzou qui assurent les gardes.
Source : www.courrierinternational.com
Conclusion : Notre équipe continuera d’examiner les faits et de proposer des analyses.

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