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46% des produits testés sont « dangereux », selon la DGCCRF – franceinfo
29 avril 2026Analyse : L'équipe a relevé certains éléments clés de cette actualité.
Notre rédaction partage son avis sur les points importants de « les plateformes de e-commerce sont toujours d’aussi mauvais élèves ».
Points saillants
La direction générale de la répression des fraudes a dévoilé ce matin les résultats de son enquête sur les plateformes. Malgré un renforcement des contrôles, elles sont loin de rentrer dans le rang.
Les plateformes de e-commerce sont une hydre à 1000 têtes. Depuis un an, elles sont régulièrement pointées du doigt pour leur impact écologique, économique et même sociétal. Les législateurs et les autorités tentent de s’opposer à ces géants qui inondent l’Europe de colis en activant les leviers fiscaux, douaniers et communicationnels. Depuis un an, la Répression des fraudes (DGCCRF) a en ce sens triplé les contrôles sur les produits vendus. Une opération de grande envergure qui révèle les risques auxquels s’exposent les consommateurs friands de mode à bas prix ou de jouets abordables pour leur marmaille.
Les chiffres spectaculaires dévoilés par la DGCCRF un an après le triplement des contrôles sur le e-commerce dressent un bilan nettement plus alarmant qu’anticipé. Trois quarts des produits contrôlés par la DGCCRF en 2025 sont non conformes aux normes européennes. Plus de 600 contrôles ont été effectués en laboratoire sur des produits issus de sept plateformes étrangères. Le résultat est accablant : 46% d’entre eux sont jugés «dangereux» par la Répression des fraudes. Un chiffre jugé «significativement haut» par la DGCCRF, mais qui ne saurait être étendu à l’ensemble des produits vendus sur ces plateformes, car les contrôles ont ciblé quatre catégories seulement.
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Jouets, sèche-cheveux, bijoux…
Les jouets pour enfants présentent 78% de non-conformité. 42% des jouets contrôlés sont classés «dangereux» et présentent par exemple des risques d’étouffement des jeunes enfants. Un tiers des bijoux contrôlés sont non conformes et également dangereux. Sur les produits électroniques comme les sèche-cheveux, c’est même 100% des produits contrôlés qui ne sont pas conformes aux normes européennes. Les trois quarts présentent des risques d’incendie ou de choc électrique. Les vêtements, eux, présentent un ratio de non-conformité de «seulement» 7% (6% dangereux), pour cause de surconcentration de contaminants chimiques, comme le cadmium. Shein, Temu et AliExpress représentent à elles trois 19% des achats de vêtements en ligne en volume.
Suite à ces contrôles, les produits «dangereux» doivent être retirés de la vente et la plateforme doit informer les consommateurs qui les ont achetés dans les six derniers mois. Une contrainte réglementaire européenne qui a amené au retrait du marché de 100.000 produits en 2025. «C’est la première fois qu’on est confronté à des acteurs du commerce qui jouent à ce point avec les règles, ce n’était pas le cas avant. On est obligé de s’adapter», explique Bercy, qui n’a pas souhaité nommer plus explicitement les plateformes qui présentent le plus de non-conformités.
Le ministère de l’Économie et des Finances a mis en place une cellule interministérielle baptisée Vigicommerce qui doit rassembler des dizaines d’administrations sur le sujet. Même la Direction générale de l’aviation civile y est représentée. Le régulateur du ciel a en effet de bonnes raisons de s’inquiéter des drones, vendus sur ces plateformes sans aucun contrôle. L’objectif : regarder de plus près les produits vendus en mobilisant l’expertise de ces administrations et gagner en efficacité lors de crise comme celle qui a découlé de la découverte de poupées pédopornographiques vendues sur plusieurs plateformes.
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Vers une interdiction des plateformes ?
Est-ce suffisant ? Si Bercy a largement durci le ton et pousse au niveau de l’Union européenne pour renforcer la lutte contre ces plateformes, les résultats aberrants des contrôles réalisés depuis un an permettent de douter de l’efficacité du dispositif de protection des consommateurs. Bruxelles ne semble pourtant pas se diriger vers une interdiction pure et simple des plateformes qui présentent des taux de non-conformité aussi élevés. «Je ne pense pas qu’on ira jusque-là», souffle la DGCCRF, qui rappelle l’épée de Damoclès qui pèse au-dessus des plateformes de e-commerce : une amende pouvant aller jusqu’à 6% du chiffre d’affaires mondial, jugée suffisamment dissuasive à ce stade.
Les contrôles renforcés de ces derniers mois permettent, au moins, de construire le socle statistique qui permet de qualifier un modèle d’affaires fondé, selon le ministre du Commerce Serge Papin, sur le «non-respect des normes». Ils laissent cependant intacte la promesse de «bonnes affaires» qui fait tourner la machine. Tant que le modèle économique de ces plateformes ne sera pas frontalement remis en cause, les contrôles ne seront qu’un garde-fou, pas un frein.
Source : www.lefigaro.fr
Conclusion : Les prochains développements permettront de compléter cette analyse.

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