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Un regard éditorial sur « Des avions bientôt cloués au sol ? Pourquoi l’Europe craint de manquer de kérosène » pour mieux comprendre l'article.
Faits marquants
Les vacances d’été devront-elles s’organiser sans avion ? Depuis plusieurs jours, alors que le blocage du détroit d’Ormuz continue de perturber les approvisionnements en hydrocarbures, de nombreux internautes partagent leur inquiétude sur les réseaux sociaux.
Une crainte confortée lorsque certaines compagnies, notamment la filiale d’Air France-KLM à bas coût Transavia, ont annoncé, le 26 avril, de premières annulations de vols en mai et en juin, évoquant la hausse du prix du kérosène et les difficultés d’importation depuis les pays du Golfe.
À quel point la France et l’Europe dépendent-elles des importations en kérosène ? À quoi faut-il vraiment s’attendre cet été ? Comment les voyageurs peuvent-ils se préparer ? France 24 vous répond.
Une dépendance aux importations
Voilà plusieurs semaines que l’impossibilité d’importer du pétrole et des hydrocarbures depuis les pays du Golfe, en raison du blocage du détroit d’Ormuz, alimente les spéculations sur une pénurie prochaine de kérosène, ce carburant issu du raffinage de pétrole brut qui alimente aujourd’hui une grande majorité des moteurs d’avions dans le monde.
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Pour cause, « la France produit bien moins de kérosène qu’elle n’en consomme. Environ 3 millions de tonnes sortent de ses usines chaque année tandis qu’elle en utilise 5 millions. Les 2 millions restants viennent donc d’ailleurs, notamment du Moyen-Orient », explique Wouter Dewulf, professeur d’affaires du transport aérien, directeur académique du C-MAT, un centre d’expertise en transport maritime et aérien en Belgique.
Les pays du Golfe ne se contentent pas d’exporter du pétrole brut, ils exportent aussi du Jet A-1, le kérosène le plus utilisé dans l’aviation, déjà raffiné. Avec le blocage du détroit d’Ormuz, le problème est donc double : l’Europe se retrouve privée du pétrole brut mais aussi des produits raffinés. Selon les données du ministère de l’Énergie, avant la guerre au Moyen-Orient, 50 % du kérosène était raffiné en France et 20 % provenait du Moyen-Orient. Le reste était acheminé d’Europe, des États-Unis ou d’Asie.
Le constat est le même à l’échelle de l’Europe. « Le continent produit très peu de pétrole et il a réduit ces dernières années ses capacités de raffinage », abonde Thierry Bros, professeur à Sciences-Po et spécialiste des questions énergétiques. « Il dépend donc de plus en plus de l’importation de produits déjà raffinés venus de l’étranger ce qui le rend particulièrement vulnérable aux crises internationales. »
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La France en meilleure posture que certains voisins
« La France se trouve cependant en meilleure posture que certains de ses voisins », poursuit Thierry Bros. D’abord, parce qu’elle est moins dépendante que d’autres des importations du Moyen-Orient. « Le Royaume-Uni importe les deux tiers de ses besoins en kérosène, par exemple », note le spécialiste.
Les deux grands aéroports parisiens de Roissy et d’Orly devraient ainsi pouvoir éviter toute pénurie, a assuré mercredi le gestionnaire du groupe aéroportuaire. « Paris Aéroport est approvisionné via un réseau d’oléoducs directement reliés aux raffineries et à un terminal au Havre », a rappelé la directrice de la stratégie du groupe, Christelle de Robillard, lors d’une conférence téléphonique sur l’activité au premier trimestre. « La majorité du pétrole brut qui alimente ces infrastructures vient d’Amérique du Nord. Donc nous sommes, par rapport à d’autres, plutôt dans une meilleure situation », a-t-elle ajouté. Si pénurie il devait y avoir, elle concernerait ainsi plutôt des aéroports secondaires de l’Hexagone.
L’Europe s’organise
Et avant de voir ses réserves à sec, le pays dispose encore de deux mois de stocks stratégiques de carburant et de kérosène, rappelait Maud Brégeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée chargée de l’Énergie sur France info mardi matin. Le même jour, le ministre de l’Économie Roland Lescure évoquait environ deux millions de barils.
À cela s’ajoutent des stocks commerciaux installés dans les aéroports et qui représentent l’équivalent d’une dizaine de jours d’exploitation ou encore le pétrole brut contenu dans les stocks stratégiques qui pourrait être transformé en kérosène.
« Il n’y a, à l’heure où l’on se parle (…) aucun risque de pénurie sur le kérosène pour les semaines à venir », rassure ainsi à tout-va le gouvernement. « Avec l’ensemble de ces facteurs, l’été devrait en effet être sauvé », confirme Wouter Dewulf. « Reste à savoir jusqu’à quand cela peut durer. Si le conflit continue de s’enliser, la question se posera peut-être à l’automne, en octobre ou novembre ».
Face à la menace, en France comme en Europe, on s’organise. Pour parer à toute éventualité, Roland Lescure a convié les compagnies aériennes le 6 mai pour échanger sur la saison estivale, la plus chargée du transport aérien.
L’UE a également dévoilé, le 22 avril, un arsenal pour affronter la crise : surveillance renforcée de son approvisionnement en kérosène, « maximisation » de la production de ses raffineries… L’Europe se prépare à « mener une action collective » qui « pourrait s’avérer nécessaire pour préserver le fonctionnement du marché unique et garantir la continuité de l’approvisionnement », pointe-t-on du côté de la Commission européenne.
Pas de pénurie mais un boom des prix
« Mais il faut différencier disponibilité et prix », note Thierry Bros. « Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de pénurie que les prix des billets d’avion ne vont pas flamber. »
« Avec le conflit au Moyen-Orient, le prix du kérosène a plus que doublé. Or, dans un billet, jusqu’à 40 % du prix peut correspondre au carburant », rappelle le spécialiste. Pour certaines compagnies, notamment low cost, qui fonctionnent sur un modèle de remplissage maximal des appareils et de faibles marges, cela peut donc avoir un répercussion significatif et une incidence directe sur leur équilibre économique.
Dans ce contexte, les compagnies low cost, telles que Transavia, se retrouvent obligées d’ajuster leur offre en augmentant les tarifs ou en réduisant les rotations les moins rentables.
« Ce n’est donc pas tant une question de pénurie que de rentabilité économique », résume Thierry Bros. « Avec l’augmentation du prix du kérosène, une compagnie comme Transavia n’a pas d’autre choix que de monter le prix du billet. Si le tarif devient rédhibitoire pour les voyageurs, et qu’ils ne paient plus, alors maintenir les avions au sol devient finalement plus rentable. »
« Les compagnies aériennes qui pratiquent des annulations de vols le font pour des raisons économiques », martèle ainsi le cabinet de Maud Brégeon. « Ce sont des vols non rentables du fait de la hausse des prix du carburant. «
Quels droits en cas d’annulation ?
Pour les voyageurs inquiets : que faire si vous êtes concernés par l’annulation de votre billet d’avion ? Malheureusement, pas grand-chose. Les compagnies aériennes sont en droit d’annuler un vol dès lors qu’elles préviennent les passagers plus de 14 jours avant le départ. Dans tous les cas, elles doivent proposer soit un remboursement du billet, soit un réacheminement sans frais. En revanche, aucune indemnisation n’est obligatoire en cas de « circonstances extraordinaires », comme la conjoncture actuelle liée à la guerre au Moyen-Orient.
Source : www.france24.com
Conclusion : Nous restons attentifs aux développements futurs de cette actualité.

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