
LE BRIEF DU GÉNÉRAL – Le blocus américain du détroit d’Ormuz se joue aussi dans les airs
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le baril de Brent s’installe au-delà de 120 euros après que Donald Trump a évoqué un blocus de « plusieurs mois » – franceinfo
30 avril 2026Analyse : Voici l'avis général de notre rédaction sur les faits présentés.
Notre rédaction partage son avis sur les points importants de « Dominique de Villepin peut-il vraiment jouer un rôle en 2027 ? ».
Points saillants
DANIEL PERRON / Hans Lucas via AFP
Dominique de Villepin au Salon de l’agriculture en février 2026.
Une campagne qui ne dit pas encore son nom. Par petites touches, Dominique de Villepin tente d’imposer l’idée d’une candidature à l’élection présidentielle. Il commence à arpenter les routes du pays, de Caen à Marseille, en passant par Damazan (Lot-et-Garonne) ou Mantes-la-Ville (Yvelines), se fait applaudir par des amphis remplis d’étudiants et déroule de premières propositions. À un an de l’élection présidentielle, l’ancien Premier ministre ne cache plus ses ambitions.
Ce jeudi 30 avril, il est au cœur du magazine Complément d’enquête diffusé sur France 2. S’il ne faut pas attendre de révélations fracassantes, le portrait brossé est celui d’un homme politique retiré de la scène nationale depuis dix-huit ans, qui entend « casser son image de grand bourgeois parisien » pour se soumettre aux suffrages des Français. Ce serait une première pour celui qui, contrairement à ce qu’on peut parfois penser, n’a jamais été élu.
Resté célèbre pour son opposition à la guerre d’Irak en 2003, Dominique de Villepin est très à l’aise sur les dossiers internationaux. Il dénonce le « génocide » perpétré selon lui par Israël à Gaza, attaque férocement Donald Trump, déplore l’impuissance de la France et se maintient au-dessus de la mêlée. Il reste bien souvent à distance des polémiques franco-françaises, refusant de se mêler au jeu des petites phrases et des combats de coq.
Érudit, littéraire, passionné d’art africain, Dominique de Villepin sera-t-il aussi à l’aise en campagne ? Le magazine Society, qui lui consacre sa une cette semaine, s’amuse de voir « l’homme du monde serrer la main des grands-mères sur les marchés ». Pour parler à une jeunesse qui ne l’a pas connu aux responsabilités, et qui voit en lui un modèle de tempérance et d’indignations bienvenues, l’ancien ministre des Affaires étrangères soigne sa présence sur les réseaux sociaux. Il parle art et littérature sur X, évoque Aimé Césaire et Rosa Parks sur Instagram et se retrouve suivi par 221 000 personnes sur TikTok, devant Marine Tondelier, François Ruffin ou Valérie Pécresse.
Fin août, pour sa rentrée politique, il avait choisi la Cité universitaire de Paris. À la clé : un discours sur l’écologie, préoccupation majeure des 18-24 ans. Dominique de Villepin n’oublie pas que ceux qui voteront pour la première fois en 2027 sont nés entre 2004 et 2008… et n’ont donc aucun souvenir de son passage au gouvernement. L’un de ses anciens ministres de l’époque, Azouz Begag, confie à Society : « Quand les jeunes prenaient la parole, il ne comprenait pas tout ce qu’ils disaient. Et inversement : c’était difficile pour eux de comprendre ce langage si châtié. C’est un intello. Pour caricaturer : il ne parle pas verlan ».
Que pense-t-il des retraites ?
Le magazine relève que « Villepin a passé 72 ans le nez dans les livres ». Dès lors, « il a le sens du romanesque, des héros et des histoires délirantes ». Est-ce à dire qu’il n’a pas les deux pieds sur Terre ? Auprès du HuffPost, un ministre tente de décrypter : « Villepin, c’est beaucoup de hauteur. C’est un peu la politique vue de l’avion. Mais à un moment il faut atterrir ». Sympa. « Attendez qu’il parle d’économie et de social. Vous verrez qu’il reste un homme de droite », persifle Manuel Bompard, le coordinateur de La France insoumise, auprès du HuffPost.
Un reproche auquel Dominique de Villepin est habitué. Car au-delà de ses plaidoiries pour le cessez-le-feu à Gaza et la fin du « génocide », que pense-t-il du chômage des jeunes, de la rémunération des agriculteurs, des déserts médicaux et de bien d’autres choses encore ? Fin mars, il a commencé à briser la carapace en annonçant devant un amphithéâtre de la Sorbonne plein à craquer vouloir abroger l’âge légal de départ à la retraite et mettre en place « un revenu citoyen ». Sans aller beaucoup plus loin. Il rappelle qu’il n’est pas encore candidat, et que le temps du projet viendra.
Des rapprochements avec la gauche
D’ailleurs, reste-t-il un homme de droite ? « J’ai du mal à faire la différence avec des propos tenus par l’extrême gauche », dit de lui le président du Sénat Gérard Larcher, qui fut son ministre du Travail de 2005 à 2007. « Dominique de Villepin est devenu un Mélenchon des beaux quartiers », attaque aussi le patron du Crif Yonathan Arfi. Le principal intéressé assure être resté fidèle à ses convictions et ne pas suivre la dérive d’une partie de la droite vers l’extrême droite. Il assure être toujours « gaulliste » et reconnaît sa « part d’erreurs » dans les choix d’hier.
Sur le contrat première embauche (CPE) notamment, qui avait jeté la jeunesse dans la rue en 2006, il concède avoir péché sur le fond comme sur la forme. Et promet, dans la perspective de 2027, « des ingrédients nouveaux ». Il rigole : « C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures cuisines ». Au lendemain des législatives de 2024, il avait surpris une partie de son camp en exhortant Emmanuel Macron à nommer la gauche à Matignon. Au cours de l’été, il avait même eu des contacts avec Lucie Castets, qui imaginait le nommer ministre des Affaires étrangères. La même année, le chiraquien s’était offert le luxe d’être reçu triomphalement à la Fête de l’Huma.
« Pas d’appui »
« Qu’un homme de droite comme lui rappelle des fondamentaux, oui c’est du courage », loue le sénateur PCF Fabien Gay dans Complément d’enquête, qui met toutefois en garde : « C’est un homme de droite très apprécié de la gauche, mais il n’a pas d’appui dans son camp. Les gens qui l’aiment bien ne voteront jamais pour lui ». Qui sont ses soutiens ? Et ses militants ?
Les difficultés qu’il a connues par le passé, et son incapacité à se présenter en 2012 faute de parrainages suffisants, sont toujours là. Dominique de Villepin n’a ni député, ni sénateur identifié à ses côtés. Échaudées par les scores calamiteux de Valérie Pécresse et d’Anne Hidalgo en 2022, les banques sont désormais frileuses à l’idée de prêter plusieurs millions d’euros à un candidat qui stagne sous les 5 % d’intentions de vote.
S’il veut aller jusqu’au bout, il sait aussi qu’il devra passer par la case Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, qui épluche toutes les activités professionnelles et autres déclarations de patrimoine. Dominique de Villepin est-il prêt à voir tous ses anciens contrats passer dans le domaine public ? Il est régulièrement accusé d’entretenir des liens financiers avec le Qatar ou l’Arabie saoudite, ce dont il se défend. Il est aussi très proche du Parti communiste chinois, qui l’a rémunéré à hauteur de plusieurs dizaines de milliers d’euros pour des conférences.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Notre équipe restera attentive aux prochains développements.

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