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Un regard de nos journalistes sur l'article « Le livre d’occasion est en plein boom, et ça n’est pas qu’une question d’argent ».
Ce qu'il faut connaître
Michael Jacobs/Art in All of Us / Corbis via Getty Images
Le monde du livre d’occasion ne se réduit pas aux bouquinistes des berges de Seine, à Paris.
Fracas dans le monde du livre : le réseau Gibert Joseph va-t-il baisser le rideau de fer ? En cette fin du mois d’avril, l’illustre chaîne de librairies, dont l’histoire a commencé en 1884 sur la rive gauche parisienne, a demandé à être placée en redressement judiciaire, chose que le tribunal de Paris a acceptée, mardi 28 avril.
Les raisons invoquées sont claires. Dans un contexte de baisse des ventes accrue en 2025, l’institution, qui exploite 16 magasins dans 12 villes et emploie 500 collaborateurs, croule sous le poids des coûts fixes, à savoir le prix des loyers et de l’énergie. Son objectif désormais ? Miser sur le secteur du livre d’occasion.
Une démarche stratégique, au regard du marché en plein boom. Celui-ci connaît 10 % de croissance par an, assure un communiqué de la chaîne. Comment l’expliquer ? Le HuffPost a interrogé Victor Guérin, responsable d’une des dix antennes du Bibliovore, un circuit de librairies d’occasion implanté en France depuis 2012.
Le HuffPost : De quel œil avez-vous vu cette actualité concernant Gibert ?
Victor Guérin : C’est toujours une mauvaise nouvelle. Mais pour moi, l’occasion est quelque chose de vertueux, il n’y a pas de concurrence. Plus on est de fous, mieux c’est.
Le communiqué parle d’une croissance exponentielle dans la vente des livres d’occasion. Vous avez ouvert il y a un an. Qu’avez-vous observé ?
Chaque mois est meilleur que celui d’avant. Nous, on essaye de communiquer sur les réseaux sociaux, en partageant en story tous les nouveaux achats qu’on fait, par exemple. Ça rajeunit la clientèle. C’est une grande fête intergénérationnelle, entre les jeunes qui viennent chercher des mangas, et des personnes plus âgées des polars.
Outre le potentiel souci de lutter contre la surconsommation, pourquoi un tel intérêt pour l’occasion ?
Le prix est le premier facteur. Par exemple, si on achète quatre exemplaires neufs du dernier prix Goncourt, ça monte presque à 100 euros à la caisse. Forcément, ça fait cher dans la conjoncture actuelle.
Les usages ont changé aussi, n’est-ce pas ?
Je dirais que le livre d’occasion a rajeuni en termes d’image. Ce n’est plus péjoratif. Ce n’est plus synonyme de livre taché, jauni ou usagé. Ce n’est plus un fond de cale. Il arrive qu’à Noël en famille ou à l’occasion d’un secret Santa, les gens s’en offrent. Il n’y a plus de honte. Nous, on fait moins peur, aussi. Les boutiques de livres d’occasion, comme la nôtre, ne sont pas des capharnaüms. On n’est plus dans une grotte. On est plus des passeurs que des gardiens.
Loin de l’indéboulonnable classique de la littérature française qu’on pouvait trouver en vide-grenier, les propositions ont-elles aussi évolué ?
Il y a des petits (comprendre ici, des poches, ndlr) et des grands formats. On peut trouver de tout, même des BD ou des mangas, en partie parce que les usages changent. On n’arrête pas de nous rabattre avec le incident que les jeunes ne lisent plus, mais en vérité ils lisent d’autres choses et différemment, d’après ce qu’on vend ou achète.
Au Bibliovore, le livre à l’unité est à 3 euros, les quatre pour 10. Quels sont vos critères de sélection ?
Je suis assez zélé sur l’état, pour que ce soit des livres qu’on ait envie de s’offrir. Il faut aussi que ce ne soient pas des livres obsolètes par leur contenu, comme les guides de voyage. L’épidémie de covid étant passée par là, on sait que certains ne sont plus pertinents. Pareil pour les essais sur l’écologie. Il ne faut pas qu’ils aient 15 ans d’ancienneté. L’idée, c’est vraiment que les livres ne prennent pas la poussière.
Qu’est-ce que les gens viennent acheter ?
Pas mal de clients viennent découvrir des auteurs. C’est souvent en lien avec l’actualité. Par exemple, si un documentaire sur Jack London a été diffusé à la télévision, on va me demander ça pendant une semaine, au même titre les deniers invités de La Grande Librairie sur France 5. Les gens essayent de voir si ça peut leur plaire. Auquel cas, ils se rendront ensuite dans des librairies qui vendent du neuf pour acheter la dernière nouveauté de cet écrivain ou cette écrivain. Le marché du livre est vertueux. On est complémentaire.
À quel rythme viennent-ils ?
Déjà, ça part vite. Il y a une forme de gourmandise avec l’offre que l’on a créée. Les clients en achètent deux pour eux, et un pour offrir. Le quatrième est souvent une prise de risque, chose qu’ils ne peuvent pas forcément se permettre dans le neuf, vu les prix. De notre côté, ça nous pousse à avoir tout le temps du réassort, de sorte qu’un client ne retombe pas sur le même livre dans la boutique s’il revient six mois plus tard.
En ligne, les plateformes s’y mettent aussi davantage, comme Vinted, qui a récemment communiqué pour faciliter les ventes de livre entre particuliers. Votre formule « plus on est, mieux c’est » fonctionne-t-elle également face à cette autre concurrence ?
Dans l’absolu, c’est génial que ça existe. Le problème, c’est que ce sont des plateformes qui grignotent les sous des gens alors que ces livres existent dans le monde réel avec des humains qui peuvent en parler. Sur Vinted, on peut vendre n’importe quoi : des slips comme des livres. Moi, je ne sais pas vendre autre chose. Il y a de la passion.
Ces plateformes déshumanisent, alors que des gens viennent en boutique pour passer un moment ensemble. Cette gourmandise du social est hyperimportante. Il y a toujours des choses à apprendre de ces moments. Et ces trois clics ne peuvent pas les changer.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : La rédaction gardera un œil attentif sur cette information.

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