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30 avril 2026offensive jihadiste, attaques coordonnées, revers pour la Russie… Faut-il s’attendre au pire dans le pays?
Analyse : Voici un aperçu des faits selon nos journalistes.
Notre rédaction partage quelques remarques sur « offensive jihadiste, attaques coordonnées, revers pour la Russie… Faut-il s’attendre au pire dans le pays? ».
Ce qu’il est utile de savoir
Depuis le 25 avril 2026, le Mali est secoué par des attaques coordonnées de groupes jihadistes et rebelles, qui fragilisent l’armée et ses alliés russes. La prise de Kidal par les rebelles démontre l’enlisement du conflit et met sous pression la junte au pouvoir à Bamako. Jusqu’où ce conflit peut-il s’enliser? On en parle dans le nouvel épisode du « Titre à la une ».
Depuis le 25 avril 2026, le Mali est confronté à une série d’attaques coordonnées menées par des groupes jihadistes et rebelles, visant simultanément plusieurs villes du pays. Ces offensives fragilisent la junte militaire au pouvoir de 2020 et ses alliés russes, notamment l’Africa Corps, déployés après le retrait des forces françaises.
Pour Moscou, ces revers traduisent une perte de contrôle relative sur le terrain, malgré un engagement militaire renforcé. Ils confirment surtout l’enlisement d’un conflit où les groupes armés gagnent en coordination et en capacité de nuisance. Dans ce contexte, la junte au pouvoir à Bamako « va tomber, tôt ou tard » et la Russie qui la soutient devra quitter « définitivement » le pays, a affirmé mercredi 29 avril, dans un entretien à l’AFP, le porte-parole du Front de libération de l’Azawad (FLA).
Ce mouvement, composé notamment de communautés touaregs, peules et arabes, revendique la prise de la ville stratégique de Kidal le week-end dernier, contraignant les paramilitaires russes à s’en retirer. Jusqu’où ce conflit peut-il s’enliser? Le Mali est-il menacé de fragmentation? Pour en parler, le podcast du Titre à la une reçoit Michel Galy, politologue et sociologue, chercheur au Centre d’études sur les conflits, liberté et sécurité (CECLS), et auteur de La guerre au Mali: comprendre la crise au Sahel et au Sahara (La Découverte, 2013).
Ce mardi 28 avril, 72 heures après les attaques, le chef de la junte assurait que la situation était maîtrisée. Le même jour, le ministère russe de la Défense, allié à cette junte, parlait d’une situation qui restait difficile. Quel est l’état des forces dans le pays?
C’est difficile à dire sans être sur place. Il y a une sorte de guerre réelle doublée d’une guerre de propagande et d’information. Ce que l’on peut dire, c’est qu’il y a quatre jours, une coalition de plusieurs milliers de combattants on parle de jusqu’à dix mille, à la fois jihadistes et indépendantistes touaregs a attaqué simultanément la capitale Bamako et une demi-douzaine de villes du pays. En face, l’armée malienne réorganisée s’appuie sur l’Africa Corps, qui a succédé à Wagner côté russe. La situation est très mouvante, instable, et il est difficile de se faire une idée précise du rapport de force en ce moment.
L’un des principaux revers pour cette junte et son allié russe est la prise de Kidal par les rebelles touaregs, cette ville-garnison, avec le départ des hommes de l’Africa Corps. C’est une défaite militaire incontestable, mais c’est aussi l’effondrement d’un modèle, celui d’une junte soutenue par Moscou?
Oui, effectivement. Le discours du gouvernement militaire et des généraux autour d’Assimi Goïta reposait sur deux points: d’abord, avoir chassé la France et tous les corps expéditionnaires étrangers, notamment la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali, NDLR) et ses 12.000 personnes; ensuite, avoir repris la cité-État Touareg de Kidal, au nord-est du pays, reconstituant ainsi le territoire national. La perte de Kidal a été un coup très dur, à la fois militaire et symbolique. Ceci dit, il est question de contre-attaques en ce moment de la part de l’armée malienne et d’Africa Corps, mais cela reste difficile à recouper.
Quel était le rôle de cette milice russe, le groupe Wagner, dans le pays?
Auparavant, Wagner agissait comme des mercenaires qui « se payaient sur la bête »: ils passaient des contrats léonins pour l’exploitation des mines d’or et percevaient des royalties mensuelles importantes. Depuis la fin de Evgueni Prigojine (l’ancien patron de la milice Wagner, mort en 2023, NDLR), ils sont devenus, par la force des choses, une composante officielle du ministère de la Défense russe. Leur rôle était technique: ils maîtrisaient l’aviation, comme les avions de combat et les hélicoptères d’assaut, ainsi que les blindés. Ils servaient de force d’intervention pour le gouvernement malien contre les jihadistes, qui étaient jusqu’à récemment sous-équipés.
Cette organisation russe soutient la junte face aux jihadistes et aux rebelles touaregs, mais ces opérations militaires se sont aussi doublées d’exactions contre la population?
Absolument. Des rapports concordants d’Human Rights Watch et d’Amnesty International font état de massacres de civils. Le problème est que certains peuples, notamment les Touaregs et les Peuls, sont considérés comme des sympathisants, voire des membres actifs des diverses rébellions. Il existe un conflit ethnique et historique de longue durée opposant les Touaregs du Nord, qui revendiquent le territoire de l’Azawad, aux populations du Sud, notamment les Malinkés, depuis des dizaines d’années.
Est-ce que les Russes bénéficient d’un soutien populaire au Mali? Comment la population perçoit-elle cette présence russe?
C’est difficile à dire. Ils sont très actifs sur les réseaux sociaux et l’on y trouve des trolls russes, mais aussi des sympathisants maliens c’est encore plus vrai au Burkina ainsi que des cyberactivistes rétribués qui attaquent systématiquement les Occidentaux et les spécialistes. Il est difficile de distinguer ces acteurs de la population réelle. Au début, il y a sans doute eu une certaine sympathie d’une frange activiste et urbaine défavorisée. Désormais, surtout depuis l’échec de Kidal, les sympathisants eux-mêmes semblent s’être refroidis.
Quelle est la stratégie de la Russie maintenant? Les forces d’Africa Corps se sont retirées de Kidal pour aller où?
Ils redescendent vers le sud. Ils ont conclu un accord avec les autonomistes touaregs pour repartir avec une partie de leur armement vers Gao et Bamako. Ils veulent sécuriser les centres du pouvoir malien autour du général Assimi Goïta, mais aussi reconquérir le nord. Ils font face à un double problème. D’une part, ils n’ont pas combattu, montrant que l’Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina, Niger) est relativement peu fiable. D’autre part, il y a les mines d’or qui font partie de leur fief financier et qui ont été conquises par la rébellion. C’est un problème financier pour ces mercenaires qui sont rétribués par les États africains.
En s’imposant au Mali, la Russie cherche à concurrencer les Occidentaux. Les Français ont-ils encore des leviers d’influence ou des forces militaires qui pourraient intervenir?
Certains suspectent une aide française aux jihadistes ou aux rebelles touaregs, mais ce n’est pas confirmé. Une aide venant de pays limitrophes comme l’Algérie ou la Libye est beaucoup plus probable. En science politique, on ne peut faire que des hypothèses. On ne peut pas dire si la France reviendra un jour, mais pour le moment, avec les gouvernements actuels de l’Alliance des États du Sahel, un retour militaire est extrêmement peu probable.
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Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Quelques points à garder à l'esprit selon notre rédaction.

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