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1 mai 2026dans une lettre adressée à Sébastien Lecornu, Sophie Binet réclame une hausse de 5% du Smic et le blocage des prix du carburant
Analyse : Voici un aperçu des faits selon nos journalistes.
Notre équipe propose un aperçu rapide des éléments de « dans une lettre adressée à Sébastien Lecornu, Sophie Binet réclame une hausse de 5% du Smic et le blocage des prix du carburant ».
Points essentiels
Dans une lettre envoyée ce mercredi 1er mai, la Secrétaire générale de CGT Sophie Binet appelle le Premier ministre Sébastien Lecornu à « répondre sans attendre à la détérioration de la situation des salariés et des retraités en France », face aux conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient.
Sophie Binet sonne l’alerte. En ce vendredi 1er mai, journée internationale des travailleurs qui a crispé les débats en France ces dernières semaines, la secrétaire générale de la CGT a adressé une lettre au Premier ministre Sébastien Lecornu, pour réclamer plusieurs mesures d’urgence face aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient.
Si la première urgence « est bien évidemment diplomatique pour qu’un réél cessez le feu ainsi qu’un processus de paix durable soient mis en place », la syndicaliste presse aussi le locataire de Matignon de « répondre sans attendre à la détérioration de la situation des salariés et des retraités en France ».
« L’Agence Internationale de l’Energie prévoit un choc au moins aussi violent que le choc pétrolier de 1973. Alors que des millions de travailleuses et de travailleurs sont déjà contraints de choisir entre remplir leur frigo ou faire leur plein, l’augmentation des prix du gaz et du carburant risque de s’installer dans la durée et de se répercuter sur l’ensemble des biens de consommation, à commencer par les produits alimentaires », signale-t-elle dans son courrier.
Hausse de 5% du Smic
C’est pourquoi Sophie Binet réclame d' »arrêter de faire l’autruche et prendre des mesures d’ampleur car cette crise va s’inscrire dans la durée », a-t-elle plaidé ce vendredi au micro de France Inter.
« Il faut augmenter le Smic immédiatement de 5% et indexer tous les salaires sur les prix pour mettre fin à ce tassement salarial, a-t-elle soutenu. Le patronat refuse de jouer le jeu des négociations et on a de plus en plus de salariés qui sont enfermés dans des emplois au SMIC malgré des qualifications élevées et des années d’expérience. »
Soit bien au-dessus de l’inflation, que l’Insee vient d’évaluer à 2,2% sur un an en avril, largement tirée par les prix de l’énergie qui ont bondi de 14%. Jeudi soir, le ministre de l’Économie et des Finances Roland Lescure a déjà annoncé au micro de RTL « une augmentation du Smic le 1er juin d’au moins 2% » si les chiffres de l’inflation se confirment au 13 mai.
En effet, en plus de la revalorisation annuelle chaque 1er janvier, le Smic peut-être amené à augmenter ultérieurement dans l’année selon l’évolution de l’indice national des prix à la consommation, qui sert à la mesure de l’inflation en France.
« C’est le modèle social qui fonctionne. Il n’y a pas un pays dans le monde dans lequel ça arrive. Les faibles rémunérations sont protégées contre l’inflation, il faut le saluer », a alors souligné Roland Lescure.
Mais cette revalorisation probable du Smic en début d’été risque de ne pas suffire pour Sophie Binet, qui appelle aussi à revaloriser les fonctionnaires français, « qui sont parmi les moins bien payés des pays de l’OCDE » et dont le salaire « a décroché de 12% » depuis six ans.
« Nos salaires n’ont toujours pas retrouvé leurs niveaux de 2020. On ne s’est toujours pas remis de la crise inflationniste et aucune leçon n’a été tirée de ce qu’il s’est passé en 2022 », a argumenté la numéro 1 de la CGT au micro de France Inter ce vendredi.
« En 2022, le gouvernement a refusé d’agir sur les profits et sur les salaires. Le résultat est un déclassement généralisé du monde du travail avec un tassement salarial très important qui a un retombée négatif pour l’économie derrière car moins de salaire, c’est moins de consommation et aussi des difficultés pour les entreprises », a-t-elle ajouté.
Dans sa lettre, Sophie Binet regrette par ailleurs que la transparence salariale ne soit « toujours pas à l’agenda parlementaire », alors que cette directive européenne doit être transposée en juin 2026. Celle-ci devrait permettre selon elle de « faire reculer les inégalités salariales en France qui s’élèvent toujours à 22% ».
Revaloriser les pensions et les minima sociaux
Outre les salaires, la Secrétaire générale de la CGT presse aussi le Premier ministre de revaloriser les pensions et les minima sociaux.
« Les prestations sociales et les minima sociaux n’ont été qu’insuffisamment revalorisées au 1er avril (0,8%), en deçà des prévisions d’inflation actuelles », considère-t-elle.
S’appuyant sur les travaux du Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA), Sophie Binet suggère au gouvernement « un mécanisme de revalorisation des prestations calqué sur le Smic, dès lors que l’inflation dépasse les 2% ».
S’agissant des retraites complémentaires et des allocations chômage, « la CGT prend bien entendu sa part de responsabilité en revendiquant l’ouverture immédiate de négociations avec les autres organisations représentatives mais se heurte malheureusement au refus des organisations patronales », pointe la lettre de la CGT à Sébastien Lecornu.
Bloquer les prix des carburants
Alors que les prix des carburants continuent de flamber, Sophie Binet appelle également à bloquer les prix des carburants, « à l’image de ce qui s’est fait durant la guerre du Golfe en 1990, et rétablir les prix régulés du gaz et de l’électricité ».
« Cette mesure, neutre pour les finances publiques, permettrait de bloquer les marges des pétroliers et de la grande distribution », assure-t-elle dans sa lettre.
La numéro 1 de la CGT cible sans surprise Totalenergies, dont le bénéfice net frôle les 6 milliards d’euros sur le premier trimestre 2026, soit une augmentation de 51% sur un an. « Une situation totalement indécente. Pas question, encore une fois, de s’en remettre au bon vouloir du groupe ou d’annoncer une mesure de taxation des bénéfices en trompe l’oeil ! Il faut bloquer les marges ! », urge-t-elle dans le courrier adressé à Sébastien Lecornu.
« C’est quand même une honte et il faut bloquer ces prix pour mettre fin à ce phénomène de profiteurs de guerre qui profitent de la crise pour faire la culbute financière », a renchéri Sophie Binet sur France Inter qui exige une nationalisation de Totalenergies.
« Nous pensons qu’il faut nationaliser Totalenergies car l’énergie est un bien essentiel et ce n’est pas possible que ce soit renvoyé à la loi du marché. Total était un groupe nationalisé et la France allait très bien quand Total l’était », a-t-elle argumenté.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Les prochaines informations compléteront notre analyse.

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