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2 mai 2026Mali: le Jnim et le FLA progressent, les jihadistes formulent une offre politique, le régime ne cède pas
Analyse : Notre équipe propose une synthèse des points importants.
Voici ce que notre équipe pense de l'article « Mali: le Jnim et le FLA progressent, les jihadistes formulent une offre politique, le régime ne cède pas ».
Résumé synthétique
Au Mali, après avoir conquis Kidal le week-end dernier, les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont pris vendredi 1er mai le contrôle des camps militaires de Tessalit et d’Aguelhoc. Leur progression inquiète les habitants des grandes villes du nord du Mali. Dans un communiqué diffusé dans la nuit du 30 avril au 1er mai, le Jnim tente plus que jamais de se positionner en acteur politique, appelant « toutes les forces vives de la nation malienne » à faire chuter le régime en place. Les autorités de transition demeurent déterminées à combattre et à se maintenir au pouvoir, avec le soutien de la Russie. Les opérations militaires se poursuivent et des citernes sont entrées à Bamako, en dépit du blocus jihadiste.
Seidane Ag Hitta, l’un des principaux dirigeants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), pose fièrement dans le camp militaire de Tessalit aux côtés d’Abdallah Ag Albaka, un autre chef militaire jihadiste. Dans sa main, la clef du camp symboliquement remise il y a cinq ans aux forces maliennes par la force française Barkhane, alors chassée du Mali. La photo a été authentifiée pour RFI par plusieurs sources directement impliquées. Après le retrait des soldats maliens et de leurs partenaires russes de l’Africa Corps, les combattants du Jnim et du Front de libération de l’Azawad (FLA) sont entrés ce 1ᵉʳ mai sans combattre dans ce camp et dans celui d’Aguelhoc.
Depuis la reprise de Kidal, le 25 avril dernier, les groupes armés étaient déjà revenus à Ber, Tessit -reddition négociée des soldats maliens -, Hombori ou encore Gourma Rharous, visée ce vendredi par une seconde attaque en deux jours.
Prochain objectif
Le Jnim et le FLA n’entendent évidemment pas arrêter là leur progression. « Le scénario de 2012 se met en place », redoute un notable de Tombouctou. À l’époque, les principales villes du Nord étaient tombées en quelques jours. « On sent les militaires nerveux », poursuit cette source. À Gao également la population retient son souffle : « les commerces sont presque tous fermés, rien ne bouge, on est là et on observe », décrit un habitant, le cœur serré. Les populations des régions du Nord s’interrogent sur le prochain objectif des groupes armées et se préparent à assister à de futurs combats.
Mais les autorités de transition et leurs partenaires russes sont loin de déposer les armes. La ville de Kidal et ses alentours font l’objet de bombardements réguliers. L’armée malienne indique dans un communiqué avoir notamment ciblé ce 29 avril le gouvernorat et le camp militaire de la ville, ainsi qu’une cache d’armes et de moyens logistiques. « Les frappes sont plus dangeruses hors de la ville que dans la ville », témoigne un combattant rebelle présent à Kidal, qui explique que les cibles sont plus difficiles à distinguer dans la ville que dans le désert, « où chaque véhicule sous un arbre reste menacé. » L’armée revendique « plusieurs terroristes neutralisés » et du matériel détruit, ce que contestent plusieurs sources au sein du FLA. Aucun bilan indépendant de ces frappes n’a pu être vérifié.
L’armée malienne et ses partenaires russes sont repliés à Anefis, dernière position militaire de la région de Kidal à ne pas être passée aux mains des groupes armés.
Opérations de l’Africa Corps et arrivée de camions-citernes
L’Africa Corps, qui multiplie désormais les communiqués sur les réseaux sociaux, affirme également avoir mené ces derniers jours des opérations dans les régions de Gao, Ménaka, Sikasso ou encore Koulikouro, martelant sa détermination à poursuivre le combat aux côtés de l’armée malienne.
Après l’accord qui avait permis aux combattants russes de quitter Kidal sains et saufs après leur défaite le week-end dernier, des doutes avaient émergé quant à la poursuite de leur implication au Mali. Ce 30 avril, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, l’a clairement assuré : la Russie « continuera d’apporter son aide aux autorités en exercice » et poursuivra sa « lutte contre l’extrémisme, le terrorisme et autres manifestations négatives. »
À Bamako, le Jnim met progressivement en œuvre le blocus annoncé mardi dernier : des points de contrôle ont été installés sur plusieurs axes reliant la capitale au reste du pays, où les jihadistes bloquent les véhicules dans les deux sens. Pour autant, selon des communiqués officiels du gouvernement malien et de l’Africa Corps russe, un convoi de plus de 800 camions-citernes a pu entrer dans la capitale ce vendredi, grâce à l’escorte militaire terrestre et aérienne assurée par l’armée malienne et ses partenaires russes.
Ce vendredi, par communiqué, le procureur de la République près le Tribunal de Bamako a annoncé l’arrestation de plusieurs militaires maliens accusés de complicité dans les attaques de samedi dernier.
Offre politique du Jnim
Dans ce contexte, le Jnim politise encore davantage son discours, cherchant à se présenter en interlocuteur incontournable et légitime. Dans un communiqué de propagande diffusé dans la nuit de jeudi à vendredi, les jihadistes s’adressent à « toutes les forces vives de la nation malienne », une formule traditionnelle chez les acteurs politiques nationaux mais inédite pour le groupe jihadiste, qui assure de manière tout aussi inédite combattre « pour que le Mali retrouve sa véritable souveraineté et sa dignité. » Des termes directement empruntés aux autorités maliennes de Transition, dont le discours se voit ainsi détourné.
Le Jnim précise son offre politique et appelle « tous les patriotes sincères, (…), les partis politiques, les forces armées nationales, les autorités religieuses, les chefs traditionnels et toutes les composantes de la société malienne » à « s’unir dans un front commun » pour « mettre fin, par tous les moyens légitimes, à la dictature » de la « junte terroriste » avant de mettre en place « une transition pacifique » pour « bâtir un nouveau Mali avec, comme l’une des priorités essentielles, l’établissement de la charia. »
« Moindre mal »
« Un nouveau pouvoir s’organise », veut croire un ancien ministre, farouche opposant de la Transition. Si le Jnim tente désormais de vernir son discours pour gagner en respectabilité, l’imposition de la charia demeure un objectif clairement affiché, à rebours des valeurs laïques et républicaines inscrites dans la Constitution malienne. « Du pire on recherchera le moindre mal, poursuit la même source, ensuite on travaillera pour revenir au bien. »
« Le Jnim appelle au dialogue, c’est notre objectif depuis le lancement de la CFR », réagit un cadre de la Coalition des forces pour la République, composée d’opposants maliens en exil et portée par l’imam Mahmoud Dicko. Cette source affirme que la CFR n’échange pas directement avec les jihadistes du Jnim mais uniquement avec les rebelles indépendantistes du FLA, jugés plus respectables -du moins pour le moment- aux yeux de l’opinion malienne et de la communauté internationale.
« Sursaut national »
Mardi dernier, dans son unique prise de parole depuis le début de cette nouvelle séquence, le général Assimi Goïta appelait pour sa part les Maliens au « sursaut national » : « nous devons tous, comme un seul homme, nous ériger contre la division et la fracture sociale ». Le président malien de Transition estime « qu’aucune violence », ni « aucune intimidation ne saur[aient] inverser la marche » du pays. Un appel qui pourrait être entendu au-delà des habituels soutiens du régime en place, par crainte de l’idéologie jihadiste et par solidarité avec les militaires sur le front.
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Source : www.rfi.fr
Conclusion : Notre rédaction vous tiendra informés des changements importants.

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