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2 mai 2026REPORTAGE. Dans l’Oise, le chantier du canal Seine-Nord entre dérive budgétaire et contestation environnementale – franceinfo
Analyse : L’équipe éditoriale a relevé les éléments importants à connaître.
Selon notre équipe, l'article intitulé « REPORTAGE. Dans l’Oise, le chantier du canal Seine-Nord entre dérive budgétaire et contestation environnementale – franceinfo » mérite un regard attentif.
Ce qu’il faut observer
C’est le chantier du siècle ! Dans le nord de la France, un nouveau canal voit le jour : le canal Seine-Nord Europe. La Cour des comptes dénonce une dérive des coûts et des délais de ce chantier démarré en 2021, près de Compiègne.
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Temps de lecture : 3min
La Cour des comptes alerte sur la « dérive importante » des coûts du canal Seine-Nord Europe, un ouvrage colossal en cours de construction, qui fait peser, selon elle, un « risque fort pour l’État« . Le coût de ce futur canal de 107 km de long, visant à créer une autoroute fluviale, pour permettre aux péniches à grand gabarit de circuler entre les Pays-Bas, la Belgique, et le bassin Parisien a connu un quasi-doublement, supérieur à l’inflation, pour atteindre 7,3 milliards d’euros à prix courants, selon la dernière estimation en date.
À Montmacq, à 11 km de Compiègne, le lit de l’Oise a été dévié pour permettre aux grues et aux tractopelles de creuser le futur canal. Vingt mètres plus bas, les ouvriers s’activent pour placer les ferrailles et couler le béton. L’une des six écluses prend forme, sous les yeux de Lyna Pobeda, la directrice de territoire Compiégnois-Noyonnais pour la Société du Canal Seine-Nord Europe, dans l’Oise. « Lorsque tout cela sera construit, précise-t-elle, il faudra réaliser tous les équipements et notamment les portes de l’écluse, qui sont actuellement en cours de fabrication en Belgique.«
La mise en eau aura lieu dans quelques années, une fois que tous les tronçons du canal auront été connectés et testés. « On ne fait pas un canal tous les jours, donc ce sont des terrassements, de la construction d’écluses, de ponts. Ce sont 62 franchissements qui sont construits par le canal.«
« C’est un chantier d’envergure. »
Lyna Pobeda, la directrice de territoire Compiégnois – Noyonnais pour la Société du Canal Seine-Nord Europeà franceinfo
Ce canal, c’est 107 kilomètres de long, 54 mètres de large, 64 communes traversées. Cette voie navigable sera, selon Lyna Pobeda, un maillon essentiel pour relier le bassin de la Seine et le nord de l’Europe. « Le canal vient résoudre ou lever un goulet d’étranglement qui se situe au niveau du canal du Nord, latéral à l’Oise, qui empêche le passage des bateaux à grands gabarits puisqu’ils sont limités à 750 tonnes, là où le grand gabarit peut s’étendre jusqu’à 4 400 tonnes.«
Cette construction entraînera la réduction du nombre de poids lourds sur les autoroutes, une baisse des émissions de CO2 et des échanges commerciaux stimulés, selon les promoteurs du projet.
Dans un revue, publié le 10 avril 2026, la Cour des comptes rappelle que la mise en service du canal, initialement prévue en 2013, a été repoussée à 2032. Quant aux besoins de financement, répartis entre l’Union européenne, l’État et les collectivités territoriales, ils ont quasiment doublé pour atteindre plus de sept milliards d’euros.
Un coût démesuré, estiment les opposants comme Yves Courtaux, agriculteur dans le Pas-de-Calais, à Ytres, un village bientôt coupé en deux par le canal : « On est à une trentaine de mètres » de sa ferme et « on est au pied de la tranchée qui va couper le village en deux et qui va faire pas loin de 200 mètres de large et pas loin de 50 mètres de profondeur. » Un véritable canyon avec le canal en contrebas.
Un quart de ses champs de colza, de blé ou de betterave va disparaître dans ce projet qu’il juge d’un autre temps. « Il a été conçu en 2000, à l’époque où la demande de transport ne faisait qu’augmenter. On se rend compte, depuis 2008, qu’il n’y a plus du tout de croissance du trafic terrestre« , explique l’agriculteur.
« Est-ce qu’on a vraiment autant d’argent à mettre dans une infrastructure qui de toute façon sera sous-utilisée ? »
Yves Courtaux, agriculteurà franceinfo
Comme Yves Courtaux, les opposants réunis dans le collectif Mégacanal non merci appellent à suspendre des travaux qui portent atteinte à l’environnement. Une option inenvisageable pour Éric de Valroger, conseiller départemental de l’Oise et membre du conseil de surveillance de la société du canal. « Nous venons de voter le pont-canal de la Somme, qui coûtera quand même 430 millions d’euros, ce sera le plus grand pont-canal du monde. Le chantier est largement engagé, donc il ne s’agit pas de revenir en arrière ou de s’arrêter. C’est impossible.«
De son côté, la Cour des comptes appelle à clarifier la répartition des financements et à assurer un suivi rigoureux des mesures de compensations environnementales.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : L'équipe suit cette actualité de près pour mieux vous informer.

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