Analyse : Un résumé des points clés mis en avant par notre rédaction.
Nos rédacteurs mettent en avant les points clés de « « Ce que les consommateurs attendent, c’est de vivre une expérience » : les vignerons indépendants de l’Aude veulent tourner la page sans perdre leur âme ».
Points essentiels
Entre arrachage, mutation des marchés et nouvelles attentes des consommateurs, la viticulture audoise amorce un tournant décisif. Face aux incertitudes, les Vignerons Indépendants de l’Aude s’organisent pour accompagner la transition et repenser leur modèle, entre adaptation économique, incarnation de leur terroir et quête de sens.
Une page se tourne pour la viticulture audoise. Les paysages, les exploitations ne seront plus les mêmes demain. Mais quid des femmes et des hommes qui en vivent ? Pour répondre aux interrogations fortes qui animent les vignerons, le syndicat audois des Vignerons Indépendants prolonge aujourd’hui la réflexion. Il y a quelques semaines, ils avaient adressé aux candidats aux élections municipales un manifeste intitulé « Pour des communes vivantes et des territoires qui rayonnent », appelant à un travail collectif au service d’une économie locale, durable et indélocalisable.
Accompagner et anticiper
Face aux difficultés le syndicat des vignerons indépendants a accompagné l’arrachage et la distillation, et, de manière générale, tous les dispositifs mis en place par l’État. « On pense à la consolidation et à tous les outils indispensables face aux difficultés conjoncturelles auxquelles on est confrontés. On est largement impliqués dans cette dynamique-là aux côtés de l’ensemble des acteurs, que ce soit les fonds d’urgence, les conséquences des feux, les phases de reconstruction, ça peut même aller jusqu’à la mission interministérielle et les démarches liées » explique Christophe Gualco.
Le président départemental a tracé un chemin à suivre face à l’évolution comportementale et sociétale du monde du vin. « Comment on anticipe et on prépare l’avenir ? Par l’anticipation des aléas : afin de ne plus subir en permanence ! Pour avoir une vision moderne et constructive de l’avenir. Ce qui implique de travailler le volet assurantiel, sur le volet prévention des feux, sur le volet climatique, et bien sûr sur l’accès à l’eau ».
Et parmi les enjeux à prendre à bras-le-corps : l’évolution de la consommation de vin. À côté de l’élimination des volumes, qui passe notamment par les plans d’arrachage et de distillation, rebondir et produire demain des vins correspondant aux attentes des consommateurs est une nécessité. « Aujourd’hui, on n’attend plus uniquement une fiche technique sur un vin mais une histoire autour, la version incarnée d’un vigneron, ce qui implique de travailler la personnalisation autour de la bouteille ».
Le changement de paradigme traduit cette évolution : « Il y a 20 ans, plus les entreprises étaient grosses, plus elles étaient puissantes, et plus on avait des parts de marché. Aujourd’hui, on est sur une fragmentation de la globalisation ; on va vers un marché beaucoup plus atomisé, dans lequel les valeurs des vignerons indépendants s’inscrivent et se retrouvent, dans leur notion historique, patrimoniale et familiale ».
Innover dans l’accueil au caveau
Face à ce virage, le syndicat encourage la professionalisation des prestations. « Ce que les consommateurs attendent, c’est de vivre une expérience, bien au-delà de la fiche technique de la dégustation. Et c’est tout ça que la jeune génération peut nous amener en termes d’innovations, en créant de l’événementiel, des soirées à thème sur les domaines ». Gastronomie, tables d’hôte et chambres d’hôte sont autant d’incitations à déguster autrement le vin, « ça fait partie en tout cas des questionnements et des stratégies à mettre en place, en lien avec le territoire. Le manifeste des Vignerons Indépendants porte cette vision qui s’articule dans une cohérence globale, avec une logistique et un accueil qui fonctionnent ».
Au niveau national, en 2023, 7 millions de visiteurs français et étrangers ont été accueillis dans des domaines vignerons indépendants. Christophe Gualco et Roland Coustal, en sont convaincus : « La jeune génération attend une expérience émotionnelle, un vécu, une histoire ».
Les chiffres évoquent certes une baisse de la consommation, mais on parle peu d’une meilleure consommation et les vignerons indépendants, très présents sur les salons, sont en prise directe avec les jeunes consommateurs. Et ils l’assurent, ils font tout pour être prêts à aborder le tournant de la viticulture française. Une page est tournée, mais tout n’est pas écrit.
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Source : www.lindependant.fr
Conclusion : Nous vous tiendrons informés des prochaines évolutions.