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5 mai 2026Contamination, transmission d’une personne à une autre… Cinq questions pour comprendre comment fonctionnent les hantavirus
Analyse : Cette nouvelle fait l'objet d'une attention particulière de notre équipe éditoriale.
Les journalistes partagent leur point de vue sur « Contamination, transmission d’une personne à une autre… Cinq questions pour comprendre comment fonctionnent les hantavirus ».
À savoir
Trois décès ont été recensés à bord d’un bateau de croisière, suspecté d’être un foyer d’hantavirus. Virginie Sauvage, responsable du Centre national de référence des hantavirus à l’Institut Pasteur, fait le aspect sur ce type de virus
Le navire de croisière abritant un foyer présumé d’hantavirus est toujours bloqué au large des côtes du Cap-Vert, dans l’Atlantique.
Le bateau, à bord duquel trois passagers sont morts, pourrait prochainement accoster dans les îles espagnoles des Canaries, mais une « inspection du navire » va d’abord être menée « par une nos experts d’épidémiologistes », a assuré le ministère de la Santé ibérique alors que l’Organisation mondiale de la santé soupçonne une « transmission interhumaine » du virus. L’OMS assure toutefois que le « risque » pour la population mondiale est « faible ».
Éclairage avec Virginie Sauvage, responsable du Centre national de référence des hantavirus à l’Institut Pasteur.
Pour commencer, les hantavirus, qu’est-ce que c’est?
Ce sont des virus qui appartiennent à la famille des Hantaviridae. On ne les retrouve pas simplement à un seul endroit de la planète, mais quasiment sur l’entièreté du globe. Toutefois, ces hantavirus ont différents réservoirs, différents hôtes, dont notamment les rongeurs, que sont les mulots, les rats, les souris, les campagnols, mais également les insectivores, tels que les taupes et les musaraignes, ou encore les chauves-souris, et également de façon plus anecdotique les poissons et les reptiles.
Mais à l’heure actuelle, les seuls hantavirus qui soient transmissibles à l’homme sont les hantavirus associés à certaines espèces de rongeurs.
Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire? Il faut être en contact avec les rongeurs pour contracter la maladie?
La transmission s’effectue principalement par inhalation d’aérosols contaminés par de la salive du rongeur infecté ou contaminés par des déjections que sont ses crottes ou son urine. C’est le mode de contamination principal, mais cela peut aussi passer par un contact direct avec les excréments du rongeur dans lesquels le virus est viable, avec des mains mal lavées par exemple. Et puis il existe des modes de contamination plus à la marge, tels que les griffures ou la morsure par un rongeur, puisque le virus peut se trouver dans sa salive.
En France, vous avez trois hantavirus zoonotiques, dont le virus Puumala qui est le virus à l’origine de la majorité des cas d’infection d’hantavirus en France. Il y a à peu près une centaine de cas par an. C’est une moyenne, puisqu’on a des années plus élevées, mais des années aussi beaucoup plus faibles. Car comme vous l’aurez compris, la transmission à l’homme dépend complètement de la dynamique du virus au sein de son réservoir. Et les populations qui sont particulièrement à risque de cette infection, ce sont les forestiers, ce sont les agriculteurs, ce sont les chasseurs…
Quels sont les symptômes? Comment peut-on se rendre compte que nous avons contracté la maladie?
On peut distinguer les hantavirus qui appartiennent à ce qu’on appelle l’Ancien Monde, qui va contenir l’Europe, l’Asie et puis l’Afrique, des hantavirus dits du Nouveau Monde, retrouvés en Amérique du Nord, en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Il existe ces deux catégories car on est devant deux types de symptômes assez distincts.
Pour tout ce qui est des hantavirus dits de l’Ancien Monde, comme on peut retrouver en Europe et en France, on va être sur ce qu’on appelle une fièvre hémorragique à syndrome rénal. Cela va aller d’une simple fièvre à des courbatures, à des embarras gastriques ou à une toux. Mais des formes plus sévères avec une atteinte rénale peuvent entraîner une insuffisance rénale aiguë. Pour les hantavirus dits du Nouveau Monde, on va être sur un syndrome cardio-pulmonaire dont les cas peuvent être très sévères.
Existe-t-il un risque de contagiosité entre les êtres humains?
Il n’y a pas, à ce jour, de contagiosité entre les êtres humains pour les hantavirus, à l’exception d’un, qui est le virus « Andes », pour lequel quelques cas de contamination interhumaine sont confirmés. Ce virus Andes est un virus du Nouveau Monde que l’on retrouve notamment au Chili et en Argentine. Mais là encore, c’est une transmission dans un contexte très particulier, très précis. Les cas qui ont été confirmés l’ont été dans un contexte de relations très proches et très prolongées. Ce sont des cas familiaux ou des cas qui se sont déclarés en milieu hospitalier de patients à soignants. Donc c’est vraiment un contact très étroit et prolongé.
C’est le seul hantavirus actuel pour lequel quelques cas ont été confirmés de transmission inter-humaine. Donc en dehors de celui-ci, il n’y a pas de risque d’épidémie, puisqu’il n’y a pas ce risque de contamination inter-humaine. Mais il y a tout de même des recherches qui sont effectuées pour essayer de trouver des molécules qui permettraient de combattre les hantavirus, plus spécifiquement certaines espèces. Puisque, comme vous l’avez compris, il y a de nombreux hantavirus pathogènes pour l’homme.
Doit-on s’en inquiéter?
La létalité pour les hantavirus de l’Ancien Monde peut aller jusqu’à 14%, alors que la létalité pour les hantavirus du Nouveau Monde peut aller jusqu’à 45%. Et le virus Andes fait partie des hantavirus qui ont le taux de létalité le plus important. Comme il n’y a pas de thérapeutique et que ce sont des atteintes pulmonaires qui peuvent évoluer en atteintes cardiaques, les soins doivent être extrêmement rapides.
Vous avez une létalité de 40 à 45%, donc si vous faites le calcul, si on arrondit à 50, ça fait une personne sur deux qui décède.
Je ne suis pas inquiète à ce stade, parce qu’on parle de six personnes, dont effectivement trois qui sont décédées. Mais des informations que j’ai, sur ces six cas, il y a un seul cas confirmé d’une infection d’hantavirus (deux à l’heure où paraît cet article, NDLR).
Nous ne savons pas quelle est l’espèce de cet hantavirus à l’origine de cette infection, et comme dans la très grande majorité, il n’y a pas de contamination inter-humaine. Pour le moment, il n’y a pas à s’affoler.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Notre équipe continuera à fournir une analyse régulière.

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