
Le journal de 8h du mercredi 6 mai 2026
6 mai 2026
Les élections locales pourraient accélérer le départ du Premier ministre britannique en difficulté
6 mai 2026Vrai ou faux. Le déclin du réseau ferré français est-il dû au « capitalisme » ? – franceinfo
Analyse : Nous mettons en lumière certains aspects de cette actualité.
L'équipe met en lumière les points essentiels de « Vrai ou faux. Le déclin du réseau ferré français est-il dû au « capitalisme » ? – franceinfo ».
Récap des faits principaux
Une carte qui circule sur X, vue plus de 200 000 fois, oppose le réseau ferré français de 1930 à celui de 2014 pour dénoncer un déclin imputable au « capitalisme ». Si les chiffres bruts sont exacts, c’est la façon dont ils sont interprétés sur les réseaux sociaux qui pose problèmes.
Publié
Mis à jour
Temps de lecture : 2min
Deux cartes de France circulent en boucle sur les réseaux sociaux, en ce printemps 2026. Sur la première, le réseau ferré de 1930 apparaît extrêmement dense, maillant l’ensemble du territoire. Sur la seconde, le réseau de 2014, beaucoup plus clairsemé. La légende est sans ambiguïté : « 16 000 km de voies en moins », symbole, selon l’auteur du post, du déclin du système ferroviaire français. Un déclin qu’il attribue au « capitalisme ».
Ce montage n’est pas nouveau. Il a été partagé en 2022 par le communiste Fabien Roussel, ou encore en 2018 par le député insoumis Thomas Portes.
Ces deux cartes correspondent bien à la réalité. La carte de 1930, en noir et blanc à l’origine, puis colorisée en orange, reflète le réseau ferré tel qu’il existait à son apogée à la fin des années 1920 et au début des années 1930. À cette époque, la France comptait environ 63 000 km de voies au total, dont 42 000 km de lignes principales et 21 000 km de petites lignes secondaires, selon les données compilées par la revue Géoconfluences de l’ENS de Lyon.
La carte de 2014 est elle aussi conforme à la réalité. Le réseau exploité aujourd’hui par SNCF Réseau compte environ 28 000 km de voies. La rétractation, en chiffres bruts, est donc bien réelle.
C’est la lecture politique de ces cartes qui est trompeuse. En 1930, le rail français n’était pas public, mais privé. Six grandes compagnies se partageaient le territoire : la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM), la Compagnie du Nord, la Compagnie de l’Est, la Compagnie du Paris-Orléans (PO), la Compagnie du Midi, et l’Administration des chemins de fer de l’État. C’est à cette époque que le réseau ferroviaire français atteint son extension maximale.
Ce n’est qu’en 1938 que l’État nationalise ces compagnies pour créer la SNCF. Autrement dit, le maillage ferroviaire le plus dense que la France ait connu correspond à une période de gestion privée et la SNCF, dès ses deux premières années d’existence, a elle-même fermé 10 000 km de lignes.
Si le déclin du réseau est bien réel, ses causes sont essentiellement liées à la concurrence de l’automobile. Dès les années 1930, les 21 000 km de petites lignes secondaires, souvent à voie étroite, exploitées par des compagnies privées ou des régies départementales, commencent à fermer face à la montée en puissance de la voiture et des autocars. Les décrets dits de « coordination rail-route », pris en 1934, autorisent même le transfert sur route de services ferroviaires. Bien avant la création de la SNCF, donc.
Puis, pendant les Trente Glorieuses, c’est le grand réseau qui se rétracte. La voiture individuelle se généralise, l’exode rural vide les campagnes, et des milliers de kilomètres de lignes ferment à leur tour. Selon Géoconfluences, le réseau ferroviaire français est aujourd’hui revenu à son niveau de maillage de 1890.
Dernier facteur à prendre en compte, qui est plus récent, le choix du TGV. Mis en service le 22 septembre 1981 avec la première LGV Sud-Est, il a permis d’étendre le réseau à grande vitesse. Mais cet investissement massif s’est souvent fait au détriment des petites lignes vieillissantes, jugées trop coûteuses à entretenir, dans un contexte de finances publiques contraintes.
Pour 2026, SNCF Réseau a programmé 1 700 chantiers majeurs, avec un objectif de régénération du réseau existant.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : L’équipe éditoriale restera vigilante et partagera ses observations.

9999999/2026/05/06/69fae023ddb7b052011711.jpg?w=1200&resize=1200,480&ssl=1)
