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Points essentiels
« Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires est un texte inadapté au contexte sécuritaire international marqué par la résurgence des menaces d’emploi de la force, le réarmement nucléaire russe, les tensions régionales et les crises de prolifération. » Ministère des Affaires étrangères au moment de l’entrée en application du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, 2020.
Un traité porté par les ONG et les États non dotés
Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) n’est pas le fruit d’une diplomatie classique entre grandes puissances, explique l’historien Renaud Meltz. Il résulte de la convergence de plus de 400 ONG, parmi lesquelles l’historique Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire, prix Nobel de la paix en 1985. Ces organisations se sont alliées à des États qui se spécialisent dans ce que l’historien appelle une « diplomatie de niche », axée sur le désarmement.
Cette dynamique tranche avec l’esprit du TNP de 1968, qui institutionnalise une distinction durable entre États dotés – États-Unis, URSS, Royaume-Uni, France, Chine – et États non dotés. « C’est un traité qui fait une partition évidemment injuste », souligne Renaud Meltz, qui souligne un postulat implicite hérité de la guerre froide : « Il y a toujours ce soupçon d’une rationalité asymétrique », où seules certaines puissances seraient jugées capables d’une gestion responsable de l’arme nucléaire. La France, elle, défend une autre approche du désarmement, fondée notamment sur le traité d’interdiction des essais nucléaires qu’elle a signé en 1996, après son dernier tir en Polynésie.
L’Afrique du Sud, le Kazakhstan : ces États qui ont renoncé
L’histoire du désarmement n’est pas linéaire. Plusieurs pays ont approché du seuil nucléaire, voire l’ont franchi, avant de revenir en arrière. La Suède y a renoncé pour des raisons mêlant opinion publique et arbitrages budgétaires au sein de l’armée. L’Afrique du Sud constitue, elle, un cas unique : elle s’était dotée d’un arsenal avant de l’abandonner à la fin du régime d’apartheid. « C’est comme par hasard, au moment où le régime d’apartheid va tomber, que le régime va renoncer », observe Renaud Meltz, qui évoque sans la trancher l’hypothèse d’une motivation racialiste : ne pas laisser l’arme aux dirigeants noirs à venir.
L’effondrement de l’URSS a déclenché une autre vague de dénucléarisation. L’Ukraine, mais surtout le Kazakhstan, sur le territoire duquel l’URSS avait conduit l’essentiel de ses essais, sont devenus des acteurs militants du désarmement. À ces renoncements s’ajoutent les zones dénucléarisées par traité : Amérique latine et Caraïbes (Tlatelolco, 1967), Pacifique Sud (Rarotonga, 1985), Asie du Sud-Est (Bangkok, 1997). Des dispositifs dont la portée reste parfois ambiguë, comme le rappelle l’accord AUKUS, qui ouvre à l’Australie l’accès à des sous-marins à propulsion nucléaire.
Les limites de la non-prolifération à l’ère de la mondialisation
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) joue un rôle central de surveillance, mais son action se heurte aux logiques de la mondialisation contemporaine. Réseaux financiers opaques, sociétés-écrans dans les paradis fiscaux, plateformes logistiques comme Dubaï : autant de canaux par lesquels certains États – Pakistan, Inde, Israël, Corée du Nord – ont pu se doter ou transférer des technologies sensibles. « Il y a une limite à ce que peut l’AIEA », reconnaît Renaud Meltz, qui souligne néanmoins l’efficacité de l’agence pour informer et contrôler dans la durée, comme l’a longtemps illustré le dossier iranien.
Les accidents du nucléaire civil – Three Mile Island en 1979, Tchernobyl en 1986, Fukushima en 2011 – ont également alimenté des cycles de peur dans l’opinion mondiale. « Il y a des flux et reflux dans l’opinion publique mondiale autour des peurs nucléaires », note l’historien. Il montre comment ces inquiétudes irriguent jusqu’à la culture populaire : Godzilla, né de la réinterprétation japonaise de la catastrophe de Castle Bravo, ou à l’inverse le « bikini », ce maillot de bain baptisé d’après l’atoll où a eu lieu un essai atomique en 1946, symbole d’une modernité atomique pacifiée par le marketing.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : La rédaction reste attentive et continuera à observer les faits.

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