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7 mai 2026Romans, manuels, articles scientifiques… Hachette et quatre autres éditeurs attaquent Meta et l’accusent d’avoir pillé des millions d’oeuvres
Analyse : Notre rédaction met en lumière les points essentiels à retenir.
L'article « Romans, manuels, articles scientifiques… Hachette et quatre autres éditeurs attaquent Meta et l’accusent d’avoir pillé des millions d’oeuvres » a retenu l'attention de notre équipe.
Ce qu’il faut observer
De grands éditeurs accusent Meta d’avoir téléchargé et exploité illégalement des millions d’ouvrages protégés afin d’entraîner son modèle d’intelligence artificielle Llama. Les plaignants estiment qu’il s’agit d’une « des violations les plus massives d’œuvres protégées par le droit d’auteur de l’histoire ».
Et encore un. Après OpenAI, Anthropic et Microsoft, c’est désormais Meta qui se retrouve accusé d’avoir puisé massivement dans des œuvres protégées pour nourrir son intelligence artificielle. Mardi 5 mai, Elsevier, Cengage, Hachette, Macmillan et McGraw Hill ont déposé plainte devant un tribunal fédéral de Manhattan contre Meta.
Les cinq grands groupes d’édition accusent la maison mère de Facebook et Instagram d’avoir téléchargé sans autorisation des millions d’œuvres protégées pour entraîner son modèle d’IA Llama, note The Guardian. L’écrivain américain Scott Turow, qui s’est joint à l’action, représentera les intérêts des auteurs dans ce procès.
Des manuels scolaires, des articles scientifiques, des essais et des romans seraient concernés. Parmi les œuvres citées figurent notamment The Fifth Season, le roman de fantasy de N. K. Jemisin récompensé par le prix Hugo, ainsi que The Wild Robot, de Peter Brown, devenu une référence de la littérature jeunesse contemporaine. Les plaignants estiment qu’il s’agit d’une « des violations les plus massives d’œuvres protégées par le droit d’auteur de l’histoire », rapporte le New York Times.
Un danger pour le marché littéraire
« La violation massive des oeuvres par Meta n’est pas un progrès de société », rappelle Maria Pallante, présidente de l’Association des éditeurs américains. « L’IA ne pourra jamais tenir ses promesses si les entreprises technologiques privilégient les sites pirates à la recherche et à la créativité. »
Les éditeurs assurent que les ingénieurs de Meta se sont appuyés sur des livres piratés et des articles de journaux pour entraîner l’IA en téléchargeant des copies sans licence via des sites Web comme Anna’s Archive, un moteur de recherche open source pour les sites de piratage. Ils vont encore plus loin et accusent Mark Zuckerberg d’avoir « personnellement autorisé » ces pratiques. Il aurait notamment ordonné à ses équipes d’écarter toute idée d’accord de licences avec les ayants droit.
La plainte s’appuie sur plusieurs réponses de Llama. L’IA a été par exemple capable de donner un résumé de Presumed Innocent (Scott Turow). L’outil a ensuite confirmé avoir été « formé sur une version numérique du livre, ce qui (lui) permet d’accéder et d’analyser son contenu ».
« Je trouve pénible et exaspérant que l’une des 10 entreprises les plus riches du monde ait sciemment utilisé des copies piratées de mes livres, et des milliers d’autres auteurs, pour former Llama », note le principal intéressé.
En produisant des « imitations » des œuvres des auteurs, le programme d’IA de Meta pourrait « diluer le marché global des œuvres littéraires », concluent les plaignants.
Sans surprise, Meta rejette catégoriquement ces accusations. Dans un communiqué, un porte-parole du groupe affirme que « la formation des systèmes d’IA à partir de contenus protégés peut être considérée comme une utilisation équitable », une notion centrale du droit américain du copyright. « Nous combattrons cette plainte avec vigueur », assure l’entreprise.
« Fair use » ou violation du droit d’auteur?
Cette procédure ouvre un nouveau chapitre dans le conflit grandissant entre les industries culturelles et les acteurs de l’IA générative. Depuis deux ans, auteurs, artistes visuels, médias et maisons d’édition multiplient les recours contre OpenAI, Anthropic ou encore Meta. Ces géants de l’IA sont accusés d’avoir bâti leurs modèles sur des montagnes de contenus aspirés en ligne sans consentement ni rémunération.
En mars 2025, Meta avait déjà été assigné en justice, cette fois-ci en France. Le Syndicat national des auteurs et des compositeurs l’accusait de parasitisme économique ainsi que de contrefaçon de droit d’auteur. De son côté, le New York Times poursuit toujours OpenAI et Microsoft pour exploitation présumée de ses contenus journalistiques.
Dans cette affaire, l’enjeu dépasse largement le cas de Meta. Il s’agit désormais de déterminer si l’entraînement d’une intelligence artificielle à partir d’œuvres protégées constitue une transformation légitime, donc un « fair use », ou une violation du droit d’auteur à grande échelle.
La justice reste divisée sur la question. Deux décisions rendues l’an dernier par des juges fédéraux ont abouti à des conclusions opposées, révélant l’absence de doctrine claire face à une technologie qui bouleverse les cadres juridiques traditionnels. Certaines entreprises ont déjà choisi la voie du compromis. Anthropic, soutenue notamment par Amazon et Google, a accepté en 2025 de verser 1,5 milliard de dollars à un groupe d’auteurs pour solder une action collective similaire.
Rien n’est toutefois encore joué. Les multiples procédures en cours pourraient encore faire évoluer la jurisprudence américaine sur l’utilisation d’œuvres protégées pour entraîner les modèles d’intelligence artificielle.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Notre rédaction reste attentive à l'évolution de cette actualité.

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