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20 mai 2026Analyse : Notre rédaction met en avant les points essentiels à retenir.
Un regard de nos journalistes sur l'article « à bout malgré sa « passion », les larmes de cette soignante poussée à la retraite ».
Résumé des éléments principaux
La situation à l’hôpital public ne s’est pas améliorée comme le révèle le livre « Urgences vitales: pourquoi l’hôpital public craque« , fruit d’une enquête de deux ans d’un spécialiste du Parisien, Nicolas Berrod. Cette crise, Sabrina, soignante à l’hôpital de Vichy, la vit en direct. Après 20 ans passée comme soignante, elle va être mise en retraite anticipée à seulement 41 ans et témoigne de son désarroi sur RMC.
Plus d’un million d’employés répartis dans 1.300 établissements avec 100 milliards d’euros de budget: ce sont les chiffres de l’hôpital public et pourtant, il est en crise. C’est ce que conclut une enquête de deux ans révélée dans un livre, « Urgences vitales: pourquoi l’hôpital public craque » (Flammarion).
Son auteur Nicolas Berrod, journaliste au Parisien et spécialiste des questions de santé, a rencontré des centaines de personnes et visité des dizaines d’hôpitaux. Il décrit le bricolage permanent, un épuisement des soignants, un système à bout, des infirmières qui achètent leurs gants en latex elles-mêmes et des médecins qui doivent gérer des dizaines de patients à la fois.
« J’ai rencontré une femme souffrant de démence qui occupait un lit d’hôpital à Paris et n’avait rien à faire aux urgences parce que le système dysfonctionne bien au-delà de l’hôpital », raconte ce mercredi 20 mai sur le plateau d’Apolline Matin, Nicolas Berrod. « À l’hôpital public, on réalise des opérations dingues et des prouesses médicales dans des bâtiments décrépis avec parfois des fils qui pendent du plafond », détaille-t-il.
« Beaucoup de facteurs entrent en ligne de compte mais les conséquences sont bien visibles pour les soignants en bout de chaîne », alerte Nicolas Berrod sur RMC.
« On maltraite les patients »
Cet hôpital et ces patients qui craquent, c’est exactement ce qui arrive à Sabrina, ASH (agente des services hospitaliers qualifiée) dans l’Allier: « On est le petit personnel, on remplace tout le monde et je vais être mise en retraite anticipée après un gros accident du travail », raconte-t-elle à RMC Story. « Cela fait 20 ans que je travaille à l’hôpital de Vichy et on ne veut plus me prendre. Je suis écœurée parce qu’on est maltraité ».
« En 20 ans de carrière, je suis passée par tous les services de l’hôpital. Cela craque de partout, on maltraite les patients, on a fait passer les aides-soignants et les infirmiers en 12h, pas les ASH. On nous a réduit les heures à 7h (par jour, ndlr), on a moins de temps et on doit faire plus », déplore Sabrina.
Et si elle est placée en retraite anticipée, c’est parce que selon elle, elle coûte trop cher et sa direction ne veut pas la requalifier. Sabrina quitte l’hôpital avec des regrets: « C’était ma passion et j’ai vu le système le plus inhumain du monde. Au bout de 20 ans, on vous jette, par contre des cadres et des cadres supérieurs, on en a. Et diviser pour mieux régner, c’est la politique de l’hôpital ».
Comment la situation s’est dégradée?
Mais comment en est-on arrivé là? Les points de bascule sont multiples. D’abord, l’instauration du numerus clausus, la limitation du nombre de médecins formés chaque année pour des raisons économiques: « Les médecins considéraient qu’en étant moins nombreux, ils gagneraient plus d’argent en ayant plus de patientèle. On s’est rendu compte qu’on avait trop réduit le nombre de médecins formés donc on a changé la donne à la fin du 20e siècle mais le mal était fait », poursuit Nicolas Berrod.
Le mode de financement des hôpitaux aussi a changé: « À une époque, il y avait une dotation globale, on donnait une somme à chaque hôpital, quelque soit son activité. Ce n’était pas forcément bien, les hôpitaux qui voulaient faire plus n’était pas avantagé. Ça a été remplacé par la tarification à l’activité. L’hôpital est rémunéré en fonction des patients qu’il reçoit. Cela peut inciter à des dérives en faisant sortir vite des patients qui rapportent au moins pour en accueillir d’autres », explique le rédacteur du Parisien.
Une situation qui peut s’améliorer
Alors comment inverser la tendance et rendre au système de santé français et à l’hôpital public leur grandeur d’antan? « Il y a plusieurs pistes » confie Nicolas Berrod. La première, « redonner l’envie aux soignants et médecins de rester à l’hôpital public avec une revalorisation salariale et un aménagement des temps de travail alors qu’une nouvelle génération de médecins n’a plus les mêmes attentes qu’il y 30-40 ans: on peut imaginer des semaines avec moins de jours travaillés et des journées plus longues ».
« Il faut aussi mettre fin à certaines pratiques comme ces chefs de services dont le comportement est mal perçu par de jeunes soignants », ajoute-t-il.
Enfin, Nicolas Berrod plaide pour un accès au soin renforcé en ville avec des maisons de santé et de la prévention: « La meilleure façon de ne pas aller à l’hôpital, c’est de ne pas tomber malade. Et en matière de sport, de vaccination, d’alimentation, la France peut mieux faire. On peut sauver l’hôpital public mais il faut agir et ne plus attendre ».
Source : rmc.bfmtv.com
Conclusion : L’analyse sera enrichie dès que de nouvelles données seront disponibles.

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