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20 mai 2026Emmanuel Moulin à la Banque de France ? Le deal qui pourrait sauver ce proche d’Emmanuel Macron
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À ne pas oublier
Petits arrangements entre amis ? L’ex-secrétaire général de l’Élysée Emmanuel Moulin passe ce mercredi 20 mai sur le gril des deux commissions des finances de l’Assemblée nationale et du Sénat pour voir valider sa nomination à la tête de la Banque de France. Le vote des parlementaires n’est pas forcément acquis à ce très proche d’Emmanuel Macron. Mais un deal évoqué entre la Macronie et Les Républicains pourrait bien lui permettre de passer l’obstacle.
La nomination du gouverneur de la Banque de France se fait sur décision du chef de l’État. Une fois le nom soumis, l’intéressé ne doit pas être bloqué par au moins (60 %) des élus qui composent les deux ComFi du Parlement. Le vote des 121 sénateurs et des députés a lieu ensuite à bulletin secret.
Mis à jour à 14h : avec 58 voix contre et 52 pour, une majorité de parlementaires s’est prononcée contre la nomination d’Emmanuel Moulin. Mais en vertu des règles il aurait fallu que les trois cinquièmes des suffrages exprimés soient défavorables, pour entraver la nomination. L’arrivée d’Emmanuel Moulin à la Banque de France n’a donc pas été bloquée.
Du côté de la chambre basse, les réticences sont fortes. France insoumise et Rassemblement national ont annoncé qu’ils voteraient contre et dénoncent une volonté d’Emmanuel Macron de verrouiller les institutions avant son départ en nommant des proches à des postes haut placés. Avant Emmanuel Moulin, le chef de l’État a nommé Amélie de Montchalin à la Cour des Comptes et Richard Ferrand à la tête du Conseil constitutionnel ; cette dernière nomination a été validée de justesse au Parlement.
Moulin à la Banque de France contre Buffet en défenseur des Droits ?
Les socialistes ont fait monter la pression d’un cran mardi, en annonçant leur intention de ne pas donner leur feu vert. Ils ont estimé qu’Emmanuel Moulin « ne présente pas les garanties d’indépendance politique indispensables à la fonction de banquier central », selon un communiqué du député PS Philippe Brun. Les sénateurs PS, de leur côté, n’ont pas officialisé de position commune mais « une très grande majorité (d’entre eux) s’est exprimée pour un vote contre », selon le groupe socialiste au Sénat.
Mais cette opposition ne suffira pas pour faire basculer le vote, une trentaine de voix manquant à l’appel. Les élus Les Républicains se retrouvent donc faiseurs de roi – de gouverneur en l’occurrence. Pourraient-ils s’opposer à cette nomination ? Les relations entre le chef de l’État et le président du parti de Bruno Retailleau fluctuent depuis son départ bruyant du gouvernement Lecornu. Pour autant, les sénateurs LR et centristes « devraient voter très majoritairement pour », a glissé mardi soir un cadre de l’alliance qui domine le Sénat, après avoir sondé de nombreux élus dans la journée.
La raison de cette mansuétude ? Un supposé accord entre le Sénat et l’Élysée, en échange d’une nomination comme Défenseur des droits du sénateur LR et ancien ministre François-Noël Buffet. Lors de l’audition d’Emmanuel Moulin à l’Assemblée, le député RN Jean-Philippe Tanguy a publiquement évoqué ce présumé deal, fustigeant « les LR qui vont se laisser acheter pour la nomination du pauvre Buffet qui était ministre sans portefeuille, (et qui) peut bien devenir Défenseur des droits, sans droits à défendre ».
Emmanuel Moulin est resté de marbre. « Je remercie monsieur Tanguy pour son intervention bienveillante », a-t-il sobrement répondu. L’entourage du président LR du Sénat Gérard Larcher avait lui démenti cette rumeur, qualifiée de « ridicule » auprès de l’AFP. Il faudra attendre juillet 2026 et la fin du mandat de la défenseure des Droits Claire Hédon pour connaître le nom du successeur qui sera proposé par Emmanuel Macron.
Emmanuel Moulin est passé dans de nombreux cabinets sous les présidences Sarkozy et Macron. Il avait commencé dès 2007 à travailler dans les cercles de l’exécutif sous la droite, comme directeur adjoint du cabinet de l’ex-ministre de l’Économie Christine Lagarde. Il avait rejoint l’Élysée en 2009 comme conseiller économique du président Nicolas Sarkozy jusqu’en 2012. Après un passage dans le privé (Eurotunnel puis Mediobanca), il était revenu en 2017 au ministère des Finances comme directeur de cabinet de Bruno Le Maire. Il avait ensuite été nommé directeur du Trésor fin 2020, directeur de cabinet de l’ex-Premier ministre Gabriel Attal en 2024 et enfin secrétaire général de l’Élysée en 2025.
Source : www.huffingtonpost.fr
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