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20 mai 2026Analyse : Nous mettons en lumière certains aspects de cette actualité.
Notre équipe analyse l'article « Les pays du Sud face à l’exode des soignants » pour en tirer les points essentiels.
Résumé pour le lecteur
Pour remédier au manque croissant de soignants, la plupart des pays dits du Nord font appel à des médecins diplômés à l’étranger. Selon un rapport de l’OCDE publié en novembre 2025, leur nombre a considérablement progressé au cours des deux dernières décennies, devançant la croissance totale de l’emploi dans ces professions de santé.
En France, ces médecins diplômés hors Union européenne sont appelés padhue et leur statut précaire est d’une grande complexité législative. Ils seraient environ 10 000 à travailler dans nos hôpitaux. Lundi 27 avril 2026, lors d’un déplacement en Ariège, Emmanuel Macron a fait part de son agacement en parlant de “bordel” : « C’est un truc qui me rend dingue ! C’est la folie du système français ». Le gouvernement a annoncé une simplification de la procédure de titularisation afin de remédier à la précarité de leurs conditions de travail et réduire les écarts de salaire par rapport à leurs confrères français.
La France n’est pas le seul pays du Nord à tenter d’attirer des médecins étrangers sur son territoire, pour remédier au manque de main d’œuvre. Originaires du Maghreb, du Liban, du Mexique, de l’Inde ou du Nigéria, les professionnels de santé sont nombreux à quitter leur pays d’origine pour poursuivre leur carrière dans des pays plus riches. Ainsi au Nigéria, en 2021, près de neuf médecins sur dix rêvaient de partir.
C’est un paradoxe. Pendant que les pays du Nord remédient à une pénurie de soignants en attirant les médecins des pays du Sud, ces mêmes pays envoient aussi leurs propres praticiens dans les déserts médicaux des pays du Sud par le biais d’agences onusiennes et d’ONG. Mais ces ONG ne remplacent pas des systèmes de santé défaillants, affaiblis par l’exode des blouses blanches.
Dans ce contexte de pénurie mondiale des soignants, comment analyser et comprendre les migrations des médecins et des infirmières ? Quel est le rôle des politiques publiques ? Quelles stratégies développent les pays du Nord pour attirer les professionnels de santé et quelles conséquences pour leur pays d’origine ? Comment les pays du Sud tentent-ils de retenir leurs professionnels de santé ? Quelles conséquences sur la géographie des déserts médicaux ? En quoi ces dynamiques migratoires obéissent-elles à des logiques de capitalisme sanitaire ? Et surtout, quels enjeux éthiques se posent face à ces dynamiques migratoires ?
Julie Gacon s’entretient avec Virginie Chasles, professeure de géographie à l’université Jean Monnet de St Etienne, membre du laboratoire Environnement, ville, société, et Victoire Cottereau, maîtresse de conférence à l’Université de Mayotte, géographe de la santé et des migrations internationales et des mobilités thérapeutiques au sens large, rattachée au laboratoire Espaces DEV.
Focus – Les médecins cubains : des missionnaires de la santé pour tous ?
Avec Nils Graber, anthropologue de la santé, spécialiste de Cuba et des questions de santé mondiale en lien avec le cancer et les soins primaires, basé à l’université Humboldt de Berlin.
La “santé pour tous” fait partie des idéaux défendus par Cuba. Depuis les années 1960 il s’agit même d’une “valeur constitutionnelle” du régime de Fidel Castro. Le dirigeant a voulu rendre la santé gratuite et accessible sur l’île et même au-delà de ses frontières en envoyant des “brigades blanches” : des médecins et des infirmiers en mission à l’étranger. Cette politique existe encore aujourd’hui mais elle est fortement remise en question par des réformes internes et la pression politique des États-Unis. Cuba traverse une profonde crise économique alimentée par le blocus pétrolier de son voisin américain depuis janvier dernier. Faut-il parler de mission humanitaire, d’internationalisme médical ou d’une exportation pragmatique de ses services médicaux ? Comment qualifier cet envoi de médecins cubains à l’étranger ? En quoi est-il différent des autres mobilités du personnel soignant dans le monde ?
Pour aller plus loin
- Virginie Chasles, Marina Rougeon, Leny Tad, Ce que les injustices font à la santé, Éditions des archives contemporaines, 2024.
Références sonores
- Le Secrétaire de la santé des Philippines, Teodoro Herbosa dans un reportage de Laurence Taschereau pour Radio CanadaOuverture dans un nouvel onglet, 8 juin 2025
- Le Ministre de la santé du Maroc, Khalid Ait Taleb, Le360Ouverture dans un nouvel onglet, janvier 2023
- Docteur Sana Ouali, cardiologue à l’hôpital la Rabta à Tunis, ARTEOuverture dans un nouvel onglet, août 2025
- Belkacem, médecin praticien en pédopsychiatrie à l’hôpital de Gonesse, dans le Val-d’Oise dans un reportage de Rémi Dybowski-Douat et réalisé par Louise André pour Les Pieds sur Terre, Médecins étrangers et indispensables, 8 janvier 2025
- BM, médecin à l’hôpital de Gonesse, dans le Val-d’Oise dans un reportage de Rémi Dybowski-Douat et réalisé par Louise André pour Les Pieds sur Terre, Médecins étrangers et indispensables, 8 janvier 2025
- Jocelyne Andamo, militante des droits des travailleurs de la santé aux Philippines dans un reportage de Laurence Taschereau pour Radio CanadaOuverture dans un nouvel onglet, 8 juin 2025
- Discours de Fidel Castro, l’ancien président du Conseil d’État de la République de Cuba prononcé en 2003, NOFIOuverture dans un nouvel onglet
Référence musicale
Cold war kids – « Hospital bedsOuverture dans un nouvel onglet » (2007)
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : L’équipe éditoriale continuera à analyser les faits.

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