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20 mai 2026
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20 mai 2026Analyse : Voici quelques points à considérer selon notre équipe éditoriale.
Notre équipe propose un aperçu rapide des éléments de « l’UE a-t-elle eu la peau du projet de méga-usine de panneaux solaires? ».
Points importants
C’est un projet ambitieux qui n’aura finalement pas lieu: à Fos-sur-Mer, la méga-usine de panneaux photovoltaïques, qui promettait près de 3.000 emplois durables, ne verra jamais le jour. La faute à une « protection européenne » et d’un « Made in Europe » défectueux selon Carbon, l’entreprise à l’origine du projet.
Un méga-projet qui fait pschit… La méga-usine de panneaux photovoltaïques qui devait sortir de terre, ne verra finalement jamais le jour, a annoncé ce mardi la société française Carbon, placée la semaine dernière en liquidation judiciaire.
Lancé il y a 4 ans, le projet industriel était ambitieux: une méga usine 100% électrique prévue sur 45 hectares près de Marseille. 1,5 milliard d’euros d’investissements pour plus de 10 millions de panneaux solaires produits par an, avec 3.000 emplois durables à la clé.
Cette usine devait être le fer de lance de l’électrification et de la réindustrialisation de la France. Mais patatras : faute d’une « protection européenne » suffisante pour le photovoltaïque made in Europe, selon les mots de son communiqué, Carbon se voit contraint de jeter l’éponge. Une catastrophe pour les Bouches-du-Rhône, et un bien mauvais symbole pour l’industrie française.
Du « Made in Vietnam » considéré comme du « Made in Europe »?
Mais comment en est-on arrivé là? Première cause, la concurrence écrasante des panneaux photovoltaïques chinois, et l’incapacité de l’Europe à protéger sa filière naissante. Par exemple si le « Made in Europe » est dorénavant obligatoire pour accéder aux marchés publics, les panneaux solaires fabriqués dans les pays qui ont un accord commercial comme le Vietnam restent autorisés.
« La France a essayé de soutenir l’idée de réindustrialiser les filières avec le Made in Europe mais la proposition européenne inclus des pays qui ont un accord avec l’UE comme le Vietnam donc », déplore ce mercredi 20 mai 2026 sur le plateau d’Apolline Matin, Jules Nyssen, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER).
Le manque de stabilité politique a joué aussi (5 ministres de l’Energie différents en 4 ans), tout comme l’absence de soutien fort du gouvernement, persifle un bon connaisseur du dossier.
Autant d’incertitudes qui auront fini par dissuader les investisseurs. Amertume du fondateur du projet, qui dit avoir tout tenté jusqu’au bout et en veut au manque de consensus entre pays européens. Il y a à peine plus d’un an, encore plein d’espoirs, il obtenait le permis de construire , la mise en service de cette méga-usine était prévue dès l’année prochaine. Mais les plans resteront finalement dans les cartons.
« La vocation des forts est de dévorer les faibles »
Pour permettre de futurs projets, il faut du protectionnisme plaide Jules Nyssen: « On vit dans un monde ou la vocation des forts est de dévorer les faibles. L’UE, un des plus grands marchés économiques du monde, n’a pas la vocation d’être faible. Mais sa difficulté c’est qu’elle est composée d’une mosaïque d’états avec des intérêts divergents. Et il y a une grande difficulté à assumer une politique industrielle qui vient à l’intérieur des frontières même si ça progresse », estime-t-il sur RMC Story.
« Pour que des entreprises qui n’ont pas aujourd’hui le savoir-faire puissent se développer, il faut les protéger un certain temps et ensuite la concurrence fonctionnera. C’est ce qu’il faut assumer de vouloir faire. Ce sont les réflexions en cours sur les batteries, l’automobile et les panneaux solaires mais j’ai l’impression qu’on ne considère pas à Bruxelles que ce soit stratégique de ‘ré-européaniser’ la filière », déplore Jules Nyssen.
Aujourd’hui, il estime que la France se bat pour la souveraineté mais se heurte à l’UE: « Le gouvernement français depuis longtemps est porteur de cette politique mais c’est compliqué de faire une politique industrielle à l’échelle de la seule France quand les règlements liés à la concurrence sont établis à l’échelle européenne. Il faut qu’on gagne cette bataille mais je regrette qu’on en arrive-là, c’est vraiment dommage ».
« Comment voulez-vous avoir une politique énergétique structurée et une politique industrielle qui est la conséquence de cette politique énergétique? », interroge-t-il.
Joints par RMC, ni le président de l’entreprise Carbon, ni le maire de Fos-sur-Mer et le président de la région PACA Renaud Muselier n’ont souhaité répondre.
Source : rmc.bfmtv.com
Conclusion : L'équipe suit cette actualité de près pour mieux vous informer.

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