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20 mai 2026Si l’idée de la prime Macron revient pour faire face à l’inflation, c’est qu’elle coche toutes les cases du gouvernement
Analyse : Notre rédaction met en lumière les points essentiels de cette information.
L'équipe propose un aperçu synthétique de « Si l’idée de la prime Macron revient pour faire face à l’inflation, c’est qu’elle coche toutes les cases du gouvernement ».
À ne pas oublier
• Parmi les pistes étudiées, le retour de la prime Macron dans sa version « post-gilets jaunes » est bien vu par Sébastien Lecornu.
• Cette prime versée par les employeurs et qui serait défiscalisée a un coût limité pour les finances publiques et permet de cibler les travailleurs.
Les vieilles recettes. Pressés d’améliorer les mécanismes de soutien au pouvoir d’achat, alors que l’inflation provoquée par la guerre au Moyen-Orient s’installe dans la durée, Sébastien Lecornu et ses ministres s’apprêtent à passer la seconde. Objectif : « aider davantage de Français », a confirmé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, ce lundi 11 mai, en promettant des mesures « dans la semaine. »
Pour l’instant, l’exécutif consent des aides au compte-goutte pour les secteurs ou les ménages les plus affectés par la hausse des prix du carburant. Après les pêcheurs, les routiers ou les agriculteurs, quelque 3 millions de « travailleurs grands rouleurs » peuvent ainsi réclamer une ristourne de 50 euros à la pompe depuis fin avril. Qu’en sera-t-il dans les prochaines heures ?
Rares sont les hypothèses à fuiter de Bercy ou Matignon, en attendant les annonces du Premier ministre. La seule piste, évoquée par franceinfo, laisse toutefois entrevoir une logique de soutien plus large. Pour cause, l’idée d’un retour en grâce de la prime Macron est bien avancée. Elle semble, en tout cas, cocher toutes les cases dessinées par le gouvernement.
Retour en 2019 ?
Le but de cette prime « exceptionnelle pour le pouvoir d’achat », selon son nom original, est d’inciter les employeurs à aider directement leurs salariés. Totem macroniste par excellence, elle a été mise en place en 2019, en réponse à la fronde sociale des gilets jaunes, et permettait à l’époque à chaque entreprise de verser jusqu’à 1000 euros, totalement exonérés d’impôts et de cotisations.
Reconduit au moment de la crise du Covid, le dispositif a ensuite évolué, et ses conditions ont été durcies. Désormais, les exonérations fiscales sont réduites pour les employeurs, et les exonérations totales d’impôt sur le revenu sont en vigueur uniquement dans les entreprises de moins de 50 personnes, pour les salariés qui gagnent moins de trois smic. Résultat, 2,9 milliards d’euros ont été versés par ce biais en 2025, contre 5,3 en 2023.
Pour le gouvernement, l’idée serait donc de donner une nouvelle vie à cette « prime », en revenant à des règles plus simples et avantageuses, comme à son lancement. Selon franceinfo, Sébastien Lecornu pourrait ainsi reprendre le principe d’une exonération totale, sans le seuil des 50 employés. Une façon, aussi, de remettre la lumière sur ce dispositif identifié, et très prisé dans sa première version.
Nombreux avantages pour le gouvernement
Il faut dire que le mécanisme à tout pour plaire à l’exécutif, à l’heure où le porte-monnaie des Français se comprime sous l’effet de l’inflation. Dans un sondage réalisé par YouGov début mai, 63 % d’entre eux expliquent que la crise à un « impact important » sur leur budget.
Ainsi, l’élargissement de la « prime Macron » permettrait à Sébastien Lecornu de répondre aux deux principes qu’il s’est lui-même fixés, et que Maud Bregeon résumait encore ainsi, lundi, sur BFMTV : « aider ceux qui en ont le plus besoin, et le faire de la manière la plus efficace et la plus respectueuse possible des finances publiques. » Comprendre, sans dépenser trop d’argent, ni ressortir la logique dispendieuse du « quoi qu’il en coûte. »
Ici, le gros de l’effort serait donc fourni par les entreprises volontaires, sans denier public. Certes, le dispositif des primes, s’il est finalement choisi par le gouvernement, et s’il reprend du vent dans les voiles, provoquerait une forme de manque à gagner (en cotisation et en impôts) pour l’État. Mais ce n’est rien par rapport aux autres propositions actuellement dans le débat, comme le plafonnement des prix à la pompe ou la baisse de la TVA sur le carburant. Cette dernière idée, chère au Rassemblement national, provoquerait par exemple un trou de plus de 10 milliards d’euros dans les finances publiques.
Enfin, pour l’exécutif, le mécanisme présente l’avantage de répondre à sa logique de « soutien ciblé », puisqu’il ne s’adresserait par essence qu’aux actifs. Carton plein. Sauf pour les salariés ? Derrière ses aspects positifs, nombreux concernant le pouvoir d’achat, notons que la prime Macron se substitue parfois aux augmentations de rémunération, et contribue ainsi au tassement des salaires. Son effet pervers. Ou l’arrière-goût inévitable des vieilles recettes.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : L’équipe éditoriale restera vigilante et partagera ses observations.

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