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20 mai 2026un mort lors de manifestations contre l’inflation, La Paz bloquée, rôle de Morales… Le point sur la situation
Analyse : Cette nouvelle a été étudiée par nos journalistes pour une synthèse rapide.
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Les éléments principaux
Des manifestations à La Paz, en Bolivie, le 18 mai 2026. ALEXIS GOMEZ / NURPHOTO VIA AFP
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Lorsqu’ils ont commencé à manifester début mai, les Boliviens demandaient des augmentations salariales, des mesures contre l’inflation et le retrait d’une loi controversée sur la propriété agraire. Aujourd’hui, les paysans, ouvriers, mineurs et enseignants mobilisés, dont les plus radicaux sont surnommés les « ponchos rouges », exigent le départ du président de centre droit Rodrigo Paz, au pouvoir depuis à peine six mois.
Peu après son arrivée au pouvoir, Rodrigo Paz a supprimé les subventions sur les carburants, pointées du doigt pour avoir vidé les réserves en dollars du pays, ce qui a déclenché la crise actuelle. La mesure a fait grimper les prix et des stations-service ont commencé à vendre une essence de mauvaise qualité, endommageant des milliers de moteurs et alimentant la colère des transporteurs.
• Un mort parmi les manifestants, la crise s’intensifie
Dans le pays, plongé dans sa pire crise économique depuis quarante ans, les mobilisations provoquent pénuries alimentaires, ruptures de carburant et manque de médicaments dans les hôpitaux. La Paz, capitale administrative du pays, est asphyxiée par des barrages routiers érigés contre le gouvernement. Aucune issue ne se dessine pour l’instant. Mardi 19 mai, les autorités recensaient 44 points de blocage dans tout le pays, douze de plus que la veille.
Dans une nouvelle escalade des tensions, des affrontements ont opposé lundi manifestants et police antiémeutes à La Paz. Pierres, bâtons et explosifs artisanaux ont été lancés contre les forces de l’ordre, qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes. Selon l’Assemblée permanente des droits humains, une organisation civile, la journée s’est soldée par plus de 120 interpellations. Le gouvernement a fait état de bâtiments publics pillés, de stations du téléphérique urbain endommagées et d’un véhicule de police incendié.
Le parquet a annoncé avoir ordonné l’arrestation du chef du principal syndicat ouvrier du pays, Mario Argollo, l’un des leaders des manifestations, accusé notamment d’« incitation publique à commettre des délits » et de « terrorisme ».
Deux jours plus tôt, le vice-ministre de l’Intérieur et de la police, Hernan Paredes, a fait savoir qu’un manifestant était mort lors d’affrontements avec les forces de l’ordre après être tombé dans un fossé.
• Un pont aérien pour ravitailler La Paz
La police a annoncé mardi le déploiement « dans les prochaines heures » d’une opération pour débloquer les routes autour de La Paz et permettre l’acheminement de nourriture, médicaments et carburant.
Samedi dernier, policiers et militaires avaient réussi à faire entrer quelques convois après douze heures d’affrontements avec les manifestants, avant que les barrages ne soient de nouveau renforcés. Le gouvernement a mis en place un « pont aérien » depuis Santa Cruz (est) et Cochabamba (centre) pour ravitailler la ville, sans parvenir à répondre à la demande.
• Une situation bloquée ?
Face à la pression de l’extrême droite, qui réclame l’instauration de l’état d’urgence et une plus forte répression des manifestants, le président Rodrigo Paz continue de prôner le dialogue. Selon le journal local « Correo del Sur », il a exprimé son intention de reprendre la réforme agraire mais en proposant plus de concertations avec les organisations syndicales. Le site d’informations locales Vision 360 a indiqué qu’en attendant, il a approuvé une rémunération extraordinaire pour les agents chargés du maintien de l’ordre.
• L’ex-président Morales accusé d’être à l’origine du mouvement
Le gouvernement accuse l’ancien président socialiste Evo Morales (2006-2019) – sous le coup d’un mandat d’arrêt dans une affaire de traite présumée de mineure – d’être derrière les troubles. Les manifestants sont des « opérateurs politiques » utilisés par Evo Morales pour tenter de revenir « au pouvoir », a déclaré le 18 mai à la chaîne Red Uno le ministre de l’Economie, José Gabriel Espinoza.
Déjà le 14 mai, lors d’une conférence de presse rapportée par le quotidien local « Opinión », le porte-parole de la présidence, José Luis Gálvez, avait dénoncé l’existence d’un « plan macabre » prétendument financé par le trafic de drogue, et accusé l’ancien président Evo Morales et ses alliés de promouvoir des mobilisations et des blocus pour déstabiliser le pays et « briser la démocratie ». Morales « n’a jamais accepté pour de bon que la Bolivie n’appartient ni à une seule personne ni à un seul projet politique », avait également assuré l’ancienne présidente Jeanine Áñez, selon Vision 360.
Le quotidien conservateur « El Deber » se fait l’écho de cette accusation. Titrant sur le « coup d’État de secteurs ultra-radicaux » à propos des mobilisations, il assure que « le pays fait face à un mouvement radical dangereux de déstabilisation politique, sociale et économique » mené par des « secteurs syndicalisés d’ultragauche » proches de l’ancien président Evo Morales.
• Les Etats-Unis soutiennent le président Paz
Les récentes manifestations contre le pouvoir en Bolivie constituent un « coup d’Etat », a estimé mardi le numéro deux de la diplomatie américaine en marquant son soutien au président de centre droit Rodrigo Paz. « C’est un coup d’Etat financé par cette alliance contre-nature entre la politique et le crime organisé dans toute la région », a déclaré Christopher Landau, ajoutant qu’il avait échangé au téléphone avec le chef d’Etat bolivien, allié de Donald Trump.
« Il n’est pas possible qu’on ait un processus démocratique au cours duquel (Rodrigo Paz) a été élu massivement par le peuple bolivien il y a moins d’un an, et qu’on se retrouve aujourd’hui avec des manifestants violents qui bloquent les rues », a assuré Christopher Landau. « Nous devrions tous être très inquiets de cela. »
Source : www.nouvelobs.com
Conclusion : Les prochains développements permettront de compléter cette analyse.

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