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30 juin 2026Trois semaines après le second tour, le résultat de la présidentielle au Pérou est enfin officiel
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Analyse rapide
C’est finalement la candidate de droite Keiko Fujimori qui a remporté l’élection présidentielle au Pérou. Le résultat n’a été annoncé officiellement que ce lundi 29 juin, trois semaines après le scrutin. Candidate malheureuse à trois élections présidentielles (2011, 2016 et 2021), elle a finalement été créditée de 50,13 % des voix, contre 49,86 % à son rival de gauche Roberto Sanchez. Ce second tour est l’un des scrutins les plus serrés de l’histoire récente en Amérique latine, l’écart final entre les deux rivaux étant de 50 000 voix sur plus de 18 millions de votants.
Sa victoire marque le retour du fujimorisme au pouvoir, plus de deux décennies après la fin de règne de son père Alberto Fujimori (1990-2000), qui a gouverné le pays d’une main de fer avant de tomber en disgrâce, condamné pour corruption et crimes contre l’humanité. Le camp Fujimori attendait l’officialisation de la victoire, la candidate de Fuerza Popular ayant depuis la semaine dernière une avance que son rival ne pouvait plus combler.
Mais Roberto Sanchez, 57 ans, héritier politique de l’ex-chef de l’État Pedro Castillo, a laissé entendre qu’il ne reconnaîtrait pas le résultat et réclame l’annulation des votes des Péruviens à l’étranger, dénonçant des irrégularités. Il a pris la tête samedi, pour le second week-end consécutif, d’une marche de centaines de sympathisants à Lima dénonçant « une grave atteinte au processus électoral ». « Nous allons saisir des instances internationales pour que la volonté du peuple soit reconnue », a-t-il lancé à la foule depuis un balcon avant le début de la mobilisation.
Elle hérite d’un pays « fragmenté »
Cette élection était censée mettre fin à la forte instabilité politique dans le pays andin, où huit présidents se sont succédé depuis 2016, sur fond de crises institutionnelles à répétition. La passation de pouvoir avec le président par intérim, José Maria Balcazar, est prévue le 28 juillet pour un mandat de cinq ans.
« Chaque jour plus près d’un chemin d’ordre et d’espoir pour tous les Péruviens », a publié Mme Fujimori sur X. « Attendons avec beaucoup d’humilité, de prudence et de responsabilité la proclamation du JNE », le Jury national électoral qui la désignera présidente élue, a-t-elle ajouté. Mme Fujimori a reconnu hériter d’un pays « fragmenté » par une campagne polarisée et le faible écart sorti des urnes au second tour. « Nous savons que le pays est divisé. Nous avons la grande responsabilité d’écouter les deux camps. Les portes du dialogue sont ouvertes » pour Roberto Sanchez et l’ensemble des forces politiques du pays, a-t-elle assuré.
Ses détracteurs lui reprochent justement d’avoir contribué à l’instabilité chronique du pays, qui a connu huit présidents en dix ans, du fait de l’influence exercée par son camp au Parlement.
Keiko Fujimori indissociable de l’image de son père
Figure incontournable de la vie politique du pays andin depuis plus de vingt ans, Keiko Fujimori est donc l’héritière d’un nom qui continue de diviser profondément les Péruviens. Diplômée en administration aux États-Unis, ancienne députée et dirigeante du parti Force populaire, elle a grandi dans les coulisses du pouvoir, avant de devenir à 19 ans Première dame sous la présidence de son père, en raison du divorce de ses parents. Elle a alors côtoyé chefs d’État et dirigeants du monde entier.
Issue d’une famille d’origine japonaise, elle est connue des Péruviens comme Keiko, mais aussi surnommée « la China », un sobriquet souvent utilisé au Pérou pour désigner les personnes d’origine asiatique. Pour ses partisans comme pour ses détracteurs, elle reste indissociable de la figure tutélaire de son père. Un héritage qui lui a garanti un électorat fidèle mais suscite également un profond rejet.
Elle a passé plus d’un an en détention provisoire dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent liée au scandale Odebrecht, une affaire de corruption dans le BTP qui a touché une grande partie de l’Amérique du Sud. « J’ai aussi commis des erreurs, notamment en ayant parfois une attitude très conflictuelle », reconnaît cette mère de deux filles, divorcée d’un Américain.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Nous restons attentifs aux développements futurs de cette actualité.

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