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20 avril 2026Renault : L’automobile européenne (Stellantis, Renault) se dirige-t-elle vers une saison des résultats bien moins périlleuse que redouté?
Analyse : Nous mettons en lumière certains aspects de cette actualité.
Les journalistes partagent leur point de vue sur « Renault : L’automobile européenne (Stellantis, Renault) se dirige-t-elle vers une saison des résultats bien moins périlleuse que redouté? ».
Points essentiels
(BFM Bourse) – Alors qu’ils ont été malmenés en Bourse par le conflit en Iran, les groupes automobiles s’apprêtent à publier leurs comptes du premier trimestre ces prochains jours. Ces résultats devraient être soutenus par la robustesse de la demande en Europe avec une certaine résistance des groupes du Vieux Continent face à la concurrence chinoise.
Comme de nombreux autres secteurs, les groupes automobiles européens s’apprêtent à publier leurs résultats trimestriels dans les prochains jours.
Renault ouvrira le bal, jeudi 23 avril, en livrant ses revenus des trois premiers mois de 2026. Les autres constructeurs lui emboiteront le pas la semaine suivante avec les résultats de Porsche, Aston Martin et Mercedes-Benz (le 29 avril), puis Stellantis et Volkswagen (le 30 avril). Ferrari, le 5 mai, et BMW, le 6 mai, suivront dans un second temps.
Ces résultats surviendront alors que le compartiment souffre une nouvelle fois en Bourse, cette année. L’indice paneuropéen Stoxx Auto and Parts, qui rassemble constructeurs et équipementiers, abandonne 8,4% depuis le 1er janvier.
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Un contexte difficile
Nombreuses sont les voix à s’être élevées pour prévenir d’un millésime encore bien compliqué pour les groupes automobiles cette année.
Dès janvier, Citi estimait que les constructeurs du Vieux continent avaient de bonnes chances de voir leur part de marché être davantage grignotées par les rivaux chinois. La banque américaine estime que la part de marchés de ces derniers montera à près de 10% en 2026, contre 7% précédemment.
L’éclatement du conflit en Iran n’aide évidemment pas. Les craintes de « stagflation », qui décrit une situation économique où un ralentissement de la croissance se conjugue à une inflation galopante, elle-même déclenchée par la hausse des prix de l’énergie, ont pesé sur les groupes automobiles.
Dans une note publiée fin mars, Morgan Stanley jugeait que cette guerre et ses conséquences économiques plaçaient les groupes européens face à « une tempête parfaite ».
« Le conflit avec l’Iran entraîne une volatilité des coûts des intrants (pétrole, aluminium, électricité et nombreux autres prix des matières premières), ce qui accroît la complexité et les coûts logistiques, et fait baisser les ventes dans la région et à l’échelle mondiale (confiance des consommateurs, pouvoir d’achat) », développait la banque américaine.
Comme Citi, Morgan Stanley alertait également sur l’offensive des constructeurs chinois sur les marchés internationaux, dont l’Europe, car leur marché domestique est devenu saturé.
Vers des abaissements d’objectifs
La menace s’avère d’autant plus importante que les groupes chinois disposent d’atouts en termes de coûts et de technologies face aux européens.
« Les constructeurs chinois bénéficient d’un certain nombre d’avantages structurels (coûts, technologie, rapidité de mise sur le marché) et ont creusé des écarts de compétitivité qui seront difficiles à combler à l’avenir », soulignait encore Morgan Stanley.
La banque américaine craignait, en conséquence, que les groupes du secteur abaissent leurs objectifs pour 2026.
Par exemple, pour Renault, Morgan Stanley s’attend à ce que le groupe au losange sabre ses ambitions. Le constructeur anticipe un taux de marge opérationnelle autour de 5,5% et un flux de trésorerie autour de 1 milliard d’euros pour 2026. La banque pense que le constructeur abaissera ses perspectives, pour arriver à une fourchette de 5 à 5,5% pour la marge, et de 500 millions à 1 milliard d’euros pour la trésorerie.
Pour Stellantis, Morgan Stanley estime que le constructeur changera ses indications pour passer d’une progression de revenus « mid-single digit » (4 à 6%) en 2026, à un intervalle de 0 à 5%.
Mais le marché n’a-t-il pas versé dans un excès de pessimisme? UBS suggère que oui.
La banque suisse a écrit il y a deux semaines que la saison des résultats trimestriels pour le secteur s’annonce « probablement meilleur que redouté ».
L’établissement helvétique explique que le conflit au Moyen-Orient ne devrait pas avoir entraîné de répercussions significatives sur les comptes des groupes automobiles au premier trimestre.
« Les résultats du premier trimestre devraient être conformes aux attentes, voire meilleurs, grâce à une demande européenne étonnamment solide et à un volume et un ‘mix’ (la répartition des ventes vers des véhicules avec des tarifs et des marges plus élevés, NDLR) robustes sur le marché américain », écrit la banque suisse.
« Bien que le conflit comporte des risques pour la demande et les coûts des intrants plus tard dans l’année, nous prévoyons que toutes les entreprises réaffirmeront leurs prévisions pour l’exercice 2026 », ajoute l’établissement.
Retour à une marge positive chez Stellantis ?
UBS estime notamment que Porsche, BMW et Volkswagen publieront des marges opérationnelles qui seront aisément en ligne avec leur objectif 2026. Ce qui devrait accroître la confiance des investisseurs dans leur trajectoire boursière.
Pour Stellantis, qui publiera pour la première fois de son existence des résultats complets pour un premier trimestre, la banque suisse pense que le groupe retrouvera la rentabilité. L’établissement table sur une marge opérationnelle courante globale de 1,1% sur le trimestre, et de 1,5% pour la région Amérique du Nord, la plus importante. La banque suisse considère que le groupe est en bonne voie pour redresser ses opérations dans la région. Stellantis est d’ailleurs le constructeur automobile européen préféré d’UBS.
Pour Renault, la banque s’attend à ce que le groupe au losange dégage des revenus sur son activité automobile en hausse de 2,7%, mais avec une contribution négative des volumes de 5 points de pourcentage. L’établissement note au passage que les immatriculations de la société, en berne sur les deux premiers mois de 2026, semblent s’être fortement redressées en mars avec un retour à la croissance.
Dans une note publiée vendredi dernier et centrée sur les groupes allemands, Deutsche Bank corrobore le constat d’UBS, évoquant un début d’année « meilleur que redouté ».
« Compte tenu du contexte mondial difficile, la performance est soutenue par deux facteurs clés : un marché européen étonnamment robuste (Renault anticipant également une hausse des prix au premier trimestre) et la mise en œuvre rigoureuse des programmes de réduction des coûts », a fait valoir l’établissement d’outre-Rhin.
» La vigueur du marché européen est particulièrement remarquable. De manière encourageante, nous n’observons toujours aucun signe de progression significative des constructeurs automobiles chinois en Europe au détriment des constructeurs allemands. Cette résilience est par ailleurs confortée par un volume de commandes important, non seulement pour les modèles thermiques traditionnels, mais surtout pour la nouvelle génération de véhicules électriques à batterie », ajoute la banque allemande.
Deutsche Bank estime qu’en cette saison des résultats, les investisseurs seront particulièrement attentifs à la maîtrise des coûts, et regarderont ainsi les taux de marges opérationnelles.
Des problèmes logistiques chez Dacia
À noter qu’en amont de cette saison des résultats, les constructeurs ont donné des signaux encourageants.
À titre d’exemple, la semaine dernière, Stellantis a publié des expéditions (un indicateur proche des volumes) en hausse de 12% sur le premier trimestre (+12% en Europe et +17% en Amérique du Nord) à 1,36 millions d’unités, soit 6% de plus que les attentes des analystes, selon Citi.
« Bien que la qualité de la croissance puisse être mise en doute, la croissance des expéditions devrait soutenir les prévisions de résultat opérationnel courant pour le premier trimestre 2026 », écrit la banque américaine.
Renault pour sa part a tenu, début avril, une conférence téléphonique préliminaire à sa publication, jugée rassurante par les analystes.
La société a par exemple expliqué que la forte baisse de ses volumes était due à des difficultés logistiques chez Dacia.
« Renault explique cette situation par des conditions météorologiques extrêmes qui ont perturbé la facturation de janvier et février », rapporte Bernstein.
« Le trafic maritime a été fortement perturbé par la fermeture effective du détroit de Gibraltar pendant dix jours, ce qui a impacté plusieurs milliers d’unités. En conséquence, les ventes de voitures particulières en Europe ont chuté de 15% (sur janvier-mars, NDLR) par rapport à l’année précédente au cours des deux premiers mois de l’année 2026 », explique encore l’intermédiaire financier.
Ces impacts devraient se « renverser » au deuxième trimestre, juge de son côté Deutsche Bank.
Plus largement, « Renault a délivré un message confiant lors de sa conférence téléphonique sur les résultats du premier trimestre 2026, soulignant le dynamisme de ses prises de commandes en Europe, qui ont enregistré une croissance à deux chiffres en glissement annuel pour sa division Dacia », écrit Bernstein.
Julien Marion – ©2026 BFM Bourse
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Source : www.tradingsat.com
Conclusion : Nous continuerons à partager nos observations sur cette actualité.

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