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21 avril 2026Thales : Le Moyen-Orient pèsera sur les activités aéronautiques de Thales et la cybersécurité continue de décevoir, l’action plonge de 4,7%
Analyse : Un rapide aperçu des faits pour mieux suivre cette actualité.
Notre équipe analyse l'article « Thales : Le Moyen-Orient pèsera sur les activités aéronautiques de Thales et la cybersécurité continue de décevoir, l’action plonge de 4,7% » pour en tirer les points essentiels.
Résumé synthétique
(BFM Bourse) – Le groupe de technologies et de défense a publié ses revenus et ses prises de commandes au premier trimestre, marquées par une nouvelle contre-performance des activités de cybersécurité. Le directeur financier a par ailleurs indiqué que la guerre contre l’Iran aurait un conséquence négatif dans les activités d’après-vente dans l’aéronautique civil.
Thales reste une histoire boursière contrariée. Le groupe d’électronique et de défense évolue sur un secteur – les fournisseurs d’équipements militaires – qui a le vent en poupe, tant sur le plan boursier qu’en termes d’activités.
Le réarmement des pays européens, qui se sont engagés à atteindre une part de 5% de leur produit intérieur brut (dont 3,5% de dépenses militaires « pures » et 1,5% de dépenses connexes) dans les dépenses de défense, et la multiplication des fronts géopolitiques ont créé un environnement porteur pour le compartiment.
Pourtant, la société présidée et dirigée par Patrice Caine a sous-performé les autres groupes du secteur de la défense en Bourse. Son action a, certes, pris 65,7% en 2025, mais la société est restée à la traine de l’allemand Rheinmetall (+154%) ou de l’italien Leonardo (+97%).
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Vendre les activités « Cyber & Digital »
Thales a à la fois pâti des incertitudes sur le budget de la défense en France, elles-mêmes causées par l’instabilité politique chronique dans l’Hexagone. Selon Deutsche Bank, environ 20% des revenus de la société sont exposés aux dépenses françaises de défense.
L’autre grande source de contre-performance du groupe reste sa division « Cyber & Digital » (cybersécurité, cartes à puces pour les services bancaires, solutions de connectivité pour l’internet des objets, solutions biométriques), et plus exactement le segment cybersécurité. Ce segment a affiché un repli de 4% de ses revenus en données comparables en 2025 et de 1,1% sur le seul quatrième trimestre.
L’entreprise a justifié cette baisse du chiffre d’affaires en évoquant la faiblesse du marché en Australie ainsi que des « perturbations » liées à l’intégration d’Imperva, une société rachetée en décembre 2023 pour 3,6 milliards de dollars.
Pour cette année, « le marché pourrait ne pas se montrer indulgent si l’activité ‘cyber’ ne parvient pas à afficher une croissance organique solide », prévenait début mars JPMorgan
.
En raison des difficultés de cette activité, plusieurs intermédiaires financiers suggèrent à la société de vendre. « Est-il temps de céder la division ‘cyber & digital’ (en totalité ou en partie) ? », questionnait ainsi JP Morgan en mars.
« Bien que nous doutions que cela soit exploré cette année, nous pensons que Thales pourrait libérer une valeur significative s’il décidait de se débarrasser de son activité digital (paiement, documents d’identité et biométrie, cartes SIM), ou même éventuellement de sa division cyber & digital dans son ensemble », abondait récemment Jefferies.
« En effet, Thales a maintenant subi de manière significative un ‘derating’ (une baisse des multiples boursiers, NDLR) par rapport à ses pairs européens, et nous pensons que cela est en grande partie dû à la diversification du groupe, et au manque de croissance et de marge attractives au sein de la division Cyber & Digital qui a conduit à cela », développait encore la banque.
Objectifs confirmés
L’activité publiée par la société au titre de son premier trimestre risque encore de cristalliser ces pressions.
Sur les trois premiers de l’année 2026, l’ex-CSF Thomson a engrangé 4,62 milliards d’euros de commandes en hausse de 27% sur un an en données comparables. Les revenus ont, eux, progressé de 9,9% en données comparables pour atteindre 5,3 milliards d’euros.
L’entreprise a livré des prises de commandes inférieures au consensus (la prévision moyenne des analystes), qui était calé à 4,85 milliards d’euros. Les revenus sont eux ressortis au-dessus des attentes, logées à 5,2 milliards d’euros.
Dans le détail, la division « Cyber Digital » a encore déçu, affichant une croissance de ses revenus de seulement 2% en données comparables à 857 millions d’euros, contre un consensus à 897 millions d’euros.
« La cybersécurité demeure le talon d’Achille. Malgré les attentes d’un retour à la croissance, le premier trimestre a enregistré une baisse organique de -,3 %, marquant le quatrième trimestre consécutif de croissance négative », observe Barclays . « La direction a réitéré sa confiance dans une ‘reprise graduelle et progressive jusqu’en 2026’, mais la visibilité reste limitée à ce stade », poursuit la banque britannique.
A contrario, la défense reste la locomotive de l’activité de Thales, avec des prises de commandes en hausse de 75% et une croissance des revenus de 14,3% en données comparables.
À l’issue de ce trimestre, Thales a confirmé l’ensemble de ses objectifs pour l’exercice 2026, à savoir des prises de commandes supérieures au chiffre d’affaires, une croissance en données comparables comprise entre 6 et 7% ainsi qu’une marge opérationnelle ajustée située entre 12,6 et 12,8%.
Craintes sur les répercussions du conflit au Moyen-Orient
Lors d’une conférence téléphonique avec les analystes, le directeur général finances et système d’information du groupe, Pascal Bouchiat, a été interrogé sur les répercussions du conflit au Moyen-Orient.
En termes de perspectives commerciales, le dirigeant a expliqué que la société avait reçu des « urgent operational requirement » (UOR), c’est-à-dire des requêtes utilisant des procédures simplifiées pour commander du matériel urgent pour les opérations, de la part de plusieurs pays du Golfe.
Si, du point de vue commercial, cela est positif pour le changement de l’activité, Pascal Bouchiat a prévenue qu’il faudra voir si ces demandes se traduiront réellement dans le chiffre d’affaires cette année. Dans cette région en particulier, la transcription de marques d’intérêt en contrats puis en revenus peut prendre « un peu de temps », a-t-il expliqué.
Le conflit au Moyen-Orient a, a contrario, des impacts négatifs sur les activités d’après-vente dans l’avionique (l’ensemble des systèmes électroniques présents dans un avion) chez Thales.
En raison de l’éclatement de la guerre en Iran, le trafic aérien a baissé et les compagnies aériennes font face à des prix du kérosène bien plus élevés.
Ce qui risque de se traduire par de moindres cycles de vols des avions, et par ricochet moins d’activité d’après-ventes pour Thales.
Sur ce point, Pascal Bouchiat a expliqué que le premier trimestre n’avait pas été affecté par ces tendances en raison d’effets de latence. Mais « nous devrions voir des impacts dès le deuxième trimestre », a ajouté le dirigeant.
Pascal Bouchiat a indiqué que plusieurs compagnies aériennes avaient décidé de stopper des vols qui n’étaient plus rentables en raison de la hausse des prix du kérosène. Plus largement, la société est « vigilante » sur ses activités d’après-vente dans l’avionique car le trafic aérien sera moins important que prévu.
Mais pour l’heure, il est trop tôt pour quantifier cet impact, a ajouté le directeur financier.
Selon un analyste, ces commentaires sur le conflit au Moyen-Orient expliquent l’accélération à la baisse du cours de Bourse du jour.
« Comme toujours il y a un biais de prudence du marché. Les commentaires prudents du directeur financier sur les répercussions du conflit sur la chaîne logistique de la défense, sur l’avionique et sur la partie biométrique masquent clairement le côté plus positif sur la partie prise de commandes dans la défense », explique cet analyste.
À la Bourse de Paris, l’action Thales chute de 4,7% en fin de matinée, accusant la plus forte baisse du CAC 40, à la suite de l’ensemble de ces annonces.
Julien Marion – ©2026 BFM Bourse
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Source : www.tradingsat.com
Conclusion : Notre rédaction reste attentive à l'évolution de cette actualité.

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