
Un droit de réponse d’Elsa Pharaon
21 avril 2026
faut-il faire comme l’Espagne avec l’immigration pour sauver l’économie?
21 avril 2026Guerre en Ukraine : « La suite échappe à notre contrôle »… Malgré les sanctions, des centaines de milliers de composants allemands se retrouvent dans des drones et des véhicules militaires russes
Analyse : Cette actualité a retenu notre attention et mérite quelques remarques.
Notre équipe propose un aperçu rapide des éléments de « Guerre en Ukraine : « La suite échappe à notre contrôle »… Malgré les sanctions, des centaines de milliers de composants allemands se retrouvent dans des drones et des véhicules militaires russes ».
À ne pas oublier
Des composants allemands se retrouvent au cœur des drones russes malgré les sanctions. Transistors, capteurs et autres pièces alimentent l’arsenal de Moscou via des circuits parallèles.
Le service de renseignement ukrainien (HUR) a publié une liste de composants qui entrent dans la fabrication des drones russes. Parmi eux, figurent des centaines de milliers de composants allemands.
Le portail War and Sanctions recense 137 composants d’origine allemande, dont 59 sont intégrés à des drones. Parmi les éléments les plus fréquemment utilisés, on retrouve des transistors provenant d’Allemagne. Comme dans le drone « Geran-5 », une version perfectionnée, propulsée par un moteur à réaction, de la série Geran.
Par ailleurs, War & Sanctions cite sept pièces du groupe allemand Bosch, intégrées dans plusieurs drones comme les modèles Geran-3 et Shahed-136 (utilisé sous l’appellation « Geran-2 » dans la guerre contre l’Ukraine).
Outre les drones, d’autres composants se retrouvent dans des missiles, des systèmes radar, des véhicules militaires et des hélicoptères.
La Russie utilise ainsi des inductances, des générateurs, des condensateurs, des transformateurs et des batteries du groupe Bosch, installés dans des véhicules militaires russes : le KamAZ-63968 et le ZSA-T « Linza » notamment.
D’autres éléments sont attribués à des fabricants allemands, parmi lesquels Infineon Technologies, TDK Electronics, Würth Elektronik ou encore Pierburg, filiale de Rheinmetall.
Interdiction de réexporter vers la Russie et le Bélarus
Comment se retrouvent-ils dans le matériel militaire conçu par Moscou, malgré les sanctions imposées à la Russie par l’UE ? En effet, les entreprises ne sont plus autorisées à livrer des composants ni des armes à destination de la Russie.
Des investigations partant d’un drone russe Shahed qui n’avait pas explosé en Ukraine en 2025, ont permis au HUR de remonter la trace d’un codeur rotatif provenant du groupe autrichien ams-OSRAM.
Consultée par le Kyiv Independent, l’entreprise a indiqué que ce composant a été livré en juillet 2024 à une entreprise de Hong Kong, puis réexpédié à une société chinoise. De là, ils en perdent la trace, jusqu’à ce qu’il se retrouve en Russie.
« L’hypothèse est la suivante : soit l’entreprise chinoise a revendu le capteur à la Russie, soit elle l’a intégré dans un composant plus complexe avant de vendre le produit fini à la Russie », relève Euronews.
La chaîne de télévision a contacté plusieurs entreprises allemandes, dont deux lui ont répondu.
Infineon Technologies assure qu’elle n’a plus livré de composants à la Russie depuis le début de la guerre contre l’Ukraine, et qu’elle bloque les systèmes de livraison impliquant des fournitures directes ou indirectes vers la Russie.
Ainsi figure sur chaque bon de livraison une interdiction de réexporter vers la Russie et le Bélarus, a précisé l’entreprise. Avant de reconnaître : « Ce qui est fait ensuite avec les produits échappe à notre contrôle direct. »
Des importations parallèles
De son côté, Bosch évoque des produits contrefaits ou dans d’autres cas des « produits de commodité Bosch – en l’occurrence des composants électroniques – distribués en grandes quantités pour une multitude d’applications, par exemple dans les smartphones ».
L’entreprise affirme avoir interrompu toutes les livraisons directes et indirectes vers la Russie ainsi que la fourniture de services à des clients russes.
Puis de concéder aussi : « Nous ne disposons d’aucune donnée fiable sur l’ampleur de possibles importations parallèles, et il n’est pas possible d’en mesurer l’ampleur sur le marché russe. »
Ces déclarations confirment l’hypothèse selon laquelle des composants allemands sont revendus vers la Russie via des pays tiers comme la Chine, la Turquie, les Émirats arabes unis ou des États d’Asie centrale. Ils y sont manifestement prélevés, notamment sur des moteurs complets ou des smartphones avant d’être intégrés à des drones.
L’expert des sanctions, le professeur de droit Viktor Winkler, évoque une autre hypothèse auprès de la Deutsche Welle : des livraisons passeraient de plus en plus par de fausses sociétés écrans criminelles établies en Allemagne. Celles-ci achèteraient des biens directement auprès des fabricants puis les exporteraient illégalement vers la Russie, en contournant les sanctions.
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : Notre rédaction reste attentive à l'évolution de cette actualité.

9999999
