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21 avril 2026À Lézignan-Corbières, le domaine Mas Osmose mise sur la biodynamie pour soigner la vigne autrement
Analyse : Cette nouvelle a été passée en revue par notre équipe.
Notre rédaction analyse les faits saillants de « À Lézignan-Corbières, le domaine Mas Osmose mise sur la biodynamie pour soigner la vigne autrement ».
À savoir
Le domaine Mas Osmose a fait de la biodynamie bien plus qu’une méthode culturale : une philosophie de travail. Tisanes de prêle, purins d’ortie, haies replantées et sols revitalisés, Damien Prat défend une viticulture qui puise dans le vivant pour protéger la vigne et restaurer l’équilibre naturel des terres.
C’est une évidence : après un hiver très pluvieux et de fortes chaleurs pré-printénaières, la végétation a pris une bonne longueur d’avance. Un constat qui, bien entendu, s’est imposé dans les vignes. Avec un corollaire : le nécessaire recours aux traitements pour protéger le végétal notamment des attaques cryptogamiques.
Au domaine Mas Osmose, à Lézignan, ces traitements ont commencé avant Pâques : le 2 avril précisément, jour de pleine lune. On l’a bien compris, ici, on ne parle pas de produits phytosanitaires chimiques mais bien de décoctions, d’extractions ou de purins de plantes… Bref : de biodynamie. « Pour prévenir le mildiou, je pulvérise de la prêle des champs, commente Damien Prat, à la tête du domaine avec sa compagne, Aline Poisson, depuis 2021. L’extraction de silice qu’elle contient est un asséchant et un antigerminatif. On la passe avant Pâques car, à la fin de l’hiver, c’est le moment où la maladie est la plus prompte à se développer ».
Si le domaine devrait être certifié en bio et biodynamie cette année, le viticulteur qui a fait ses gammes à Tain-l’Hermitage, à la Maison Ferraton père et fils rachetée par Chapoutier, le viticulteur n’exclut pas d’apporter du cuivre ou du souffre si nécessaire : « Mais en petites quantités. L’idée, ici, est de recréer tout un écosystème et de favoriser la phytothérapie ». Le traitement pas les plantes : du thym, de l’origan, de la sarriette pour lutter contre des petites gelées ; de la consoude pour apporter du bore et de la potasse, évitant la coulure ; des orties pour fertiliser en azote et en fer… Liste non exhaustive : « À chaque situation, on va choisir une plante plutôt qu’une autre, il suffit d’avoir acquis quelques connaissances sur le sujet », commente Damien Prat. Une manière de dissiper les commentaires sarcastiques autour de pratiques agricoles somme toute imprégnées de bon sens : « On peut synthétiser des molécules mais pour quelles soient directement assimilables d’une plante à l’autre rien ne vaut de les garder à l’état primaire, sans les dénaturer : elles en garderont leur pleine et entière efficacité immédiate ».
L’agriculture moderne a abîmé, lessivé, détérioré la terre
De fait, à chaque image d’Épinal que l’on peut avoir de la biodynamie, Damien Prat apporte une réponse à la fois scientifique et éprouvée. Comme sur la fameuse corne de vache, remplie de bouse et de plantes, qu’on enterre en période hivernale. Si certains y voient un rituel ésotérique, lui développe un raisonnement complètement différent : « Il s’agit, ni plus ni moins, que de réaliser un concentré de biologie que l’on fait fermenter dans un élément et un terrain naturel. Ce concentré, on le dilue ensuite et on le pulvérise pour revitaliser les sols ».
Car c’est de là que tout part : « Pendant des années, l’agriculture moderne a abîmé, lessivé, détérioré la terre. De fait, les sols ne sont plus vivants et ne sont plus capables de se défendre face à certaines pathologies. La biodynamie permet un rééquilibrage, de remettre du vivant qui dégrade la matière organique et enrichit la terre »; insiste-t-il.
Cette pratique qu’il applique au quotidien, le viticulteur a souhaité l’inclure dans un processus en droite ligne de ce qui se faisait avant la mainmise de la chimie : « On réfléchit vivement à créer tout un écosystème. Nous avons 42 hectares de terres d’un seul tenant dont 28 en vignes et des grandes friches sur lesquelles on replante des haies : en 5-6 ans, nous en sommes à 4 km de haies. De même, on commence à arracher des rangs de vignes sur les parcelles pour y planter des arbres. Le premier effet que l’on cherche, c’est d’avoir une belle biodiversité, avec des oiseaux qui mangent les insectes ravageurs de la vigne : par exemple les cicadelles responsables de la flavescence dorée. Les arbres, avec un système racinaire plus développé permettront de remonter de la fraîcheur, de l’eau, mais aussi, en surface, de créer de l’ombre. C’est un tout ! Après, je ne fais pas de prosélytisme : je le fais parce que nous avons deux enfants, nous vivons au milieu de nos terres et que je ne veux pas apporter de pesticides ». C’est aussi le moyen d’opérer un retour aux sources : bien nécessaire parfois…
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : Notre rédaction suivra les développements à venir et partagera des analyses.

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