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22 avril 2026Avec ce déplacement XXL, Macron veut faire taire les critiques en « immobilisme » à un an de son départ
Analyse : L’équipe de rédaction a sélectionné les éléments clés à retenir.
Un résumé concis de « Avec ce déplacement XXL, Macron veut faire taire les critiques en « immobilisme » à un an de son départ » selon notre équipe.
Ce qu’il faut garder en tête
LUDOVIC MARIN / AFP
Emmanuel, ici lors de son déplacement en Pologne le 20 avril 2026.
Le programme est chargé. Ce mercredi 22 avril, le président de la République se rend dans l’Allier pour une visite avec pas moins de trois thèmes au menu : réindustrialisation, simplification et agriculture. Emmanuel Macron tiendra en parallèle depuis Montluçon un Conseil des ministres délocalisé, un évènement « rare » dixit l’Élysée et qui en dit long sur le sous-texte de ce déplacement XXL.
La journée est prévue en trois temps. Dans la matinée, deux tables rondes animées par des ministres sont prévues, sur la simplification industrielle et environnementale pour l’une et sur la simplification agricole et souveraineté alimentaire pour l’autre. En fin de matinée, le chef de l’État présidera un Conseil des ministres, en présence d’une dizaine d’entre eux.
L’après-midi sera consacrée à la visite du site Imerys, entreprise spécialisée dans les minerais et qui développe dans l’Allier un projet (EMILI) d’exploitation minière de lithium. En février dernier, l’État a annoncé son entrée au capital, avec une participation minoritaire. Le site fait partie du dispositif des « Grands projets stratégiques », lancé mi-janvier pour soutenir des initiatives mêlant réindustrialisation et souveraineté et que le chef de l’État doit détailler sur place.
Auprès de la presse, l’Élysée insiste pourtant : ce déplacement n’est « ni exclusivement consacré à Imerys (..) ni au Conseil des ministres ». Sa portée se veut plus large, l’« incarnation de la méthode d’accélération des projets stratégiques. » Le mot-clé est lâché : accélérer, au moment où son Premier ministre Sébastien Lecornu est ouvertement accusé d’immobilisme et d’incapacité à mener à bien ses projets.
Renaissance en terrain miné, Lecornu en difficulté
Le projet de loi sur la simplification de la vie économique en témoigne. Deux ans après son dépôt et des débats parlementaires chaotiques, le texte a été voté mi-avril par le Parlement. Mais la victoire est mitigée pour l’exécutif qui a dû avaler en même temps la suppression des Zones à Faibles Émissions (ZFE) et celle du dispositif ZAN, deux marqueurs des quinquennats. L’examen du projet de loi d’urgence agricole pourrait lui aussi tourner au pugilat. Le texte inquiète associations et élus écologistes qui craignent des reculs sur la politique environnementale. Son examen à l’Assemblée nationale est prévu pour le mois de mai. Or, dans ce même hémicycle, le Premier ministre doit composer avec un groupe présidentiel de plus en plus dissipé et rebelle.
Il y a d’abord eu le crash de la proposition de loi sur le 1er mai qui s’est fini par un désaveu pour Gabriel Attal. Puis la proposition de loi Yadan est venue s’ajouter à la cacophonie. Alors qu’après le retrait du texte, le groupe Ensemble pour la République se réjouissait de le voir repris « dans son intégralité » dans un projet de loi, la ministre Aurore Bergé a fait savoir que ce ne serait pas forcément le cas. Enfin, le 16 avril, les députés ont rejeté en première lecture un projet de loi pour réduire la durée d’indemnisation de l’assurance chômage en cas de rupture conventionnelle, une mesure dont le gouvernement attend un milliard d’euros. Auprès de l’AFP, l’entourage du Premier ministre a estimé que cet échec était dû à « problème de mobilisation qui a placé LFI en situation majoritaire ». Façon polie de pointer l’absence des élus macronistes.
Bref, les temps sont rudes pour un Premier ministre sans majorité, contesté dans son propre parti et qui doit en plus s’atteler à la tâche himalayesque des textes financiers 2027. Sans oublier le risque d’une colère sociale, liée à l’envolée des prix du carburant. La méthode Lecornu – temporiser le plus possible pour survivre jusqu’à 2027 – fait grincer jusque chez ses alliés. Auprès de l’AFP, le chef de l’UDI Hervé Marseille, par ailleurs initiateur de la loi sur le 1er-Mai, a craint à de nombreuses reprises ces derniers jours que le gouvernement soit « inutile jusqu’en 2027 ». C’est dans ce contexte que le président de la République a décidé de réinvestir le terrain national.
Entre deux crises internationales, Macron reprend la main
Ce déplacement intervient au milieu d’une séquence géopolitique surchargée. La veille de sa venue dans l’Allier, Emmanuel Macron a reçu le Premier ministre libanais, dont le pays est actuellement sous le feu des attaques israéliennes et où un soldat français a été tué. Le lendemain, il doit s’envoler pour une réunion informelle du Conseil européen à Chypre avant de se rendre en Grèce dans la foulée pour une visite officielle. Dans cet agenda international, sa venue dans l’Allier a des airs de cheveu sur la soupe.
Les grands thèmes du déplacement – réindustrialisation, simplification et souveraineté – ont toujours été chers à Emmanuel Macron, l’Élysée allant jusqu’à parler « d’obsessions présidentielles ». Le gouvernement reste aussi étroitement associé, la journée étant pensée pour « démontrer cette chaîne complète de l’action publique, de l’action du Gouvernement, dans la réalisation des projets ».
Mais la précision sonne comme une réponse aux accusations d’immobilisme contre son Premier ministre et plus largement, le chef de l’État. Difficile également de ne pas y voir une volonté d’Emmanuel Macron de montrer qu’à un an de son départ de l’Élysée, il peut encore répondre aux attentes des Français. C’est lui qui officialisera une série d’annonces, sur le projet de loi d’urgence agricole et sur la simplification et l’accélération industrielle. L’Élysée insiste aussi sur la concrétisation des « Grands projets stratégiques » que le chef de l’État veut voir menés sur « le mode Jeux Olympiques ou Notre-Dame ». Les deux projets, supervisés personnellement par le président de la République, ont été des succès. Que le locataire de l’Élysée entend dupliquer, autant pour faire taire les critiques que pour soigner son bilan.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : L’équipe continuera à analyser les points saillants.

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