
ÉDITO. 6 milliards d’euros le coût de la crise? En réalité ça va coûter beaucoup plus cher quand on va augmenter les retraites et les prestations indexées sur l’inflation
22 avril 2026Reuters.com
22 avril 2026Analyse : Une équipe d'experts a étudié cette information et partage son avis général.
Nos rédacteurs mettent en avant les points clés de « les intentions de recrutement en berne, alerte rouge dans le BTP ».
Ce qu'il faut retenir
Les embauches vont être bien plus faibles cette année. Selon une enquête de France Travail, il y a une baisse des intentions d’embauche de 6,5% par rapport à l’année dernière. La faute à la situation économique. Et ce qui est préoccupant, c’est que cette étude a été réalisée… avant la guerre au Moyen-Orient, qui pourrait amplifier le phénomène.
Les entreprises prévoient de moins recruter cette année. C’est le résultat d’une enquête de France Travail, parue mardi 21 avril. Elle fait état d’une baisse de 6,5% des intentions d’embauche par rapport à l’an dernier. Une chute de 150.000 projets de recrutement en moins, pour atteindre les 2,27 millions d’embauches soit le plus bas niveau depuis 2018.
Des chiffres d’autant plus préoccupants que l’étude a été réalisée avant le conflit au Moyen-Orient et ne prend donc pas en compte la situation économique actuelle. Pour Eric Heyer, économiste, directeur du département “analyse et prévision″ à l’OFCE, cette destruction de l’emploi était inévitable.
“Même sans le conflit iranien, il y aurait eu des destructions d’emploi en 2026 comme il y en a eu en 2025. Donc, globalement, le marché du travail s’est très bien porté pendant la crise sanitaire, et les années 2022-2023 parce qu’il y avait énormément d’aides de l’Etat à la fois pour l’apprentissage, mais aussi pour les entreprises. Donc on a sauvé des entreprises qui devaient faire faillite, c’est ce que Bercy appelle la ‘Zombification de l’économie’. Et donc on a sauvé de l’emploi en sauvant ces entreprises, mais petit à petit ça a creusé les déficits”, explique-t-il.
En revanche, il prévient, le conflit au Moyen-Orient va aggraver ce phénomène. « La guerre va aggraver la situation par deux conséquences. La première, c’est l’augmentation des prix de l’énergie, et donc lorsqu’ils augmentent l’inflation revient, et le pouvoir d’achat baisse, et donc les carnets de commandes vont être encore plus faibles. Et le deuxième canal, c’est l’incertitude. Aujourd’hui, nous sommes dans un monde très incertain et ça va se traduire par des intentions d’embauche qui vont être un peu moins dynamiques », appuie-t-il.
Le secteur du bâtiment très touché
Et parmi les secteurs les plus touchés celui de la construction, avec une chute de 16%. Une situation qui touche notamment cette entreprise de ravalement, à Versailles. Au rythme des coups de marteaux, trois ouvriers, casques blancs sur la tête, s’activent à démonter la toiture d’un bâtiment.
“On pourrait rajouter une personne sur ce chantier facilement. Mais malheureusement, on ne peut pas. Il est impossible d’embaucher”, explique Nelson, le patron de cette petite entreprise spécialisée dans le ravalement de façade.
La faute selon lui à une main d’œuvre qualifiée devenue trop chère et des coûts qui ont fortement augmenté en un an. “Rien que sur la fourniture, vous pouvez compter entre 15 et 30% suivant le type de matériaux”, indique-t-il.
« C’est comptable, si vous faites moins de chiffre, vous ne pouvez pas embaucher »
Et dans le même temps, le patron de 49 ans a vu son carnet de commandes être divisé par trois. “Les gens sont très prudents. Et les conséquences, c’est clairement que nous ne pourrons pas répercuter toutes ces hausses, c’est impossible. Le client lui-même n’aura pas les moyens de payer. C’est comptable, si vous faites moins de chiffre, vous ne pouvez pas embaucher”, souffle-t-il. Alors plutôt que d’embaucher, Nelson serre les dents et tente de maintenir sa dizaine de salariés coûte que coûte. Une situation qui l’affecte. “Entreprendre, c’est créer quelque chose, donc ne pas pouvoir développer son entreprise, créer de la richesse pour son pays, c’est très frustrant”, souligne-t-il.
Et la situation n’est pas près de s’arranger. Le patron vient de recevoir un courrier d’un fournisseur lui annonçant une future hausse de 16% sur certains produits issus de la pétrochimie à cause de la guerre au Moyen-Orient.
Source : rmc.bfmtv.com
Conclusion : Cette situation mérite une attention continue de notre équipe éditoriale.

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