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Selon notre équipe, l'article intitulé « on vous résume l’affaire qui ébranle Keir Starmer » mérite un regard attentif.
À ne pas oublier
L’affaire Peter Mandelson aura-t-elle la peau de Keir Starmer ? Une nouvelle révélation embarrassante fragilise encore le Premier ministre britannique, embourbé dans l’affaire de la nomination en 2025 de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington malgré ses liens connus avec Jeffrey Epstein.
Jeudi 23 avril, le journal conservateur The Spectator a publié un texto envoyé par Keir Starmer à Peter Mandelson la veille de sa nomination : « Tu seras brillant dans des circonstances difficiles. Et après tant d’années à discuter avec toi, nous avons l’opportunité de travailler ensemble, côte à côte. J’ai vraiment hâte. » Un « rappel », estime Politico, « montrant à quel point Starmer voulait le nommer malgré tous les signaux d’alerte déjà publics ».
Alors que la cote de popularité du travailliste est au plus bas, malgré ses efforts pour peser à l’international et sur le conflit au Moyen-Orient, Le HuffPost vous résume cette affaire qui fragilise le gouvernement britannique.
• Qu’est-il reproché à Peter Mandelson ?
Peter Mandelson, 72 ans, est un travailliste très influent. Ministre à deux reprises sous Tony Blair, il a dû démissionner à chaque fois à cause de conflits d’intérêts. Il est nommé ambassadeur du Royaume-Uni à Washington en décembre 2024 par Keir Starmer et limogé neuf mois plus tard, à la faveur de la révélation des dossiers sur le pédocriminel Jeffrey Epstein.
Des mails et des photos (dont l’une où il apparaît en sous-vêtements aux côtés d’une femme dont le visage est caché) dévoilent la proximité entre les deux hommes. Peter Mandelson a notamment logé dans l’appartement new-yorkais de Jeffrey Epstein en 2009, alors que celui-ci était emprisonné pour recrutement de mineures à des fins de prostitution. Il a également touché 75 000 dollars (soit 64 000 euros) de la part du financier en 2003 et 2004, révèle le Financial Times, des versements dont il dit aujourd’hui n’avoir « ni trace ni souvenir ». Des mails suggèrent par ailleurs qu’il aurait transmis au pédocriminel des informations susceptibles d’influer sur les marchés lorsqu’il était ministre, ce qui lui vaut de faire l’objet d’une enquête judiciaire.
Qui savait quoi sur le profil de Peter Mandelson et les conditions de sa nomination ? C’est la question centrale qui agite le gouvernement de Keir Starmer et à laquelle une commission parlementaire tente de répondre.
• Pourquoi Keir Starmer est-il critiqué ?
Le Premier ministre britannique est d’abord accusé d’avoir nommé Peter Mandelson alors qu’il avait connaissance de ses liens avec Jeffrey Epstein. Dans un chronique publié jeudi, le Financial Times révèle qu’un activiste américain avait alerté dès 2024 la National Crime Agency (NCA), chargée notamment de la lutte contre le trafic d’êtres humains, sur les liens entre les deux hommes. Cela n’avait pas mené à une enquête mais l’agence avait informé Downing Street de ces faits.
En limogeant son ambassadeur, le Premier ministre britannique avait assuré qu’il n’était pas au courant de l’étendue des informations révélées par les dossiers Epstein. « Si j’avais su ce que je sais aujourd’hui, je ne l’aurais jamais nommé », avait-il argué en septembre. Mais plusieurs révélations ont bouleversé son narratif.
D’abord, la article par le gouvernement lui-même, sous pression du Parlement, de documents montrant que Keir Starmer avait été prévenu du « risque réputationnel » posé par la nomination de Peter Mandelson au vu de ses liens avec Jeffrey Epstein. Ensuite, une enquête du Guardian révélant, le 16 avril, que le ministère des Affaires étrangères a accordé une habilitation de sécurité à Peter Mandelson en janvier 2025 alors qu’il avait reçu un avis défavorable du service chargé de contrôler ses antécédents.
Cette habilitation, nécessaire pour tout fonctionnaire ayant affaire à des données sensibles, doit être validée après des questionnaires très poussés portant sur le casier judiciaire, les comptes en banque, l’historique médical ou encore la vie sexuelle des intéressés. Officiellement, ce sont d’anciens liens commerciaux de Mandelson en Chine et en Russie qui lui ont valu cet avis négatif.
Problème : Keir Starmer répétait jusqu’ici que la nomination de Peter Mandelson s’était faite dans le « respect complet » de la procédure. Il est aujourd’hui accusé d’avoir induit les parlementaires en erreur ce qui, selon le « code ministériel » britannique, doit mener à une démission. Le Premier ministre assure qu’il n’était pas au courant de cet avis défavorable et place la responsabilité sur le plus haut fonctionnaire des services diplomatiques, Olly Robbins. Démis de ses fonctions le 16 avril, ce dernier a confirmé devant la commission parlementaire qu’il n’avait pas informé Downing Street de l’avis défavorable attribué à Mandelson.
• L’affaire peut-elle coûter sa place au Premier ministre ?
Affaire réglée ? Pas vraiment. À en croire le Times, journal de centre droit, les jours de Keir Starmer sont comptés. Le Premier ministre, très fragilisé par cette affaire et décrit dans un éditorial comme un « mort-vivant » à la tête d’une « administration zombie », doit désormais composer avec une journalistes spécialisés gouvernementale et un parti fortement divisés. Plusieurs ministres ont pris leurs distances, et Keir Starmer est accusé d’avoir utilisé Olly Robbins comme fusible.
« Le soutien du cabinet semble faiblir. Et donc son autorité politique est en train de se déliter », estime auprès de l’AFP Patrick Diamond, ancien conseiller de Downing Street sous de précédents gouvernements travaillistes.
Pour l’heure, Keir Starmer possède un atout : l’absence de successeur évident alors que son ancienne vice-Première ministre Angela Rayner, figure appréciée par la base de gauche du Labour, est encore sous le coup d’une enquête sur sa situation fiscale. Tous les regards sont tournés vers les élections locales du 7 mai, qui s’annoncent très compliquées pour le parti travailliste et pourraient obliger Keir Starmer à endosser la responsabilité d’un échec dans les urnes.
Interrogé sur ses intentions, le Premier ministre a assuré mercredi qu’il ne comptait pas démissionner. « Rien ne va me détourner de ma mission au service de notre pays », a-t-il répété à la chambre des Communes.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Notre équipe gardera un œil sur l’évolution de la situation.

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