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26 avril 2026on a roulé à bord d’une Tesla à « conduite entièrement automatique supervisée » dans le centre ville cauchemardesque d’Amsterdam (et c’est impressionnant)
Analyse : Notre équipe propose une synthèse rapide et concise.
Notre équipe met en lumière les éléments clés de « on a roulé à bord d’une Tesla à « conduite entièrement automatique supervisée » dans le centre ville cauchemardesque d’Amsterdam (et c’est impressionnant) ».
Faits marquants
C’est une étape historique pour Tesla: jusqu’ici réservé à l’Amérique du Nord, le système « Full Self-Driving » (FSD), désormais officiellement appelé « conduite entièrement automatique supervisée », débarque sur les routes européennes. Nous avons pu prendre le volant à Amsterdam pour tester ce copilote boosté à l’intelligence artificielle, mais qui n’est pas encore de la conduite 100% autonome.
C’est une petite révolution technologique en cours sur les routes européennes. Aux Pays-Bas, Tesla vient d’obtenir le feu vert pour déployer sa technologie la plus avancée de conduite très assistée: le FSD (pour « Full Self Driving ») supervisé, proposé depuis plusieurs années aux Etats-Unis. Il y a quelques mois, nous avions pu tester ce système en tant que simple passager à Paris, avec une employée de Tesla derrière le volant dans l’attente de son homologation pour passer à un usage grand public.
L’autorisation accordée en ce mois d’avril 2026 par l’autorité de régulation néerlandaise RDW ouvre donc une brèche en Europe. L’occasion pour nous de tester sur le siège du conducteur, ou plutôt du « superviseur », ce qui s’impose comme le système de conduite semi-autonome (mais encore loin du 100% autonome) le plus abouti du marché actuel sur le Vieux continent. En résumé: ce n’est pas de la conduite autonome (le véhicule surveille votre attention sur la route en permanence, mais cela s’en approche beaucoup.
Le « permis » Tesla avant de démarrer
Avant de laisser l’IA prendre les commandes, le conducteur doit montrer patte blanche. Pour activer le profil de « conduite automatique supervisée », il faut impérativement visionner un tutoriel vidéo de 5 minutes environ. Le message est clair: la voiture gère tout (ville, voies rapides, intersections), mais l’humain doit surveiller la route en permanence, avec un regard épié par la caméra placée au-dessus du rétroviseur intérieur.
Un quiz rapide vient valider la compréhension du tutoriel pour débloquer cette fonction. Il est aussi possible de revoir cette vidéo après si on a un doute sur un détail précis par exemple.
Nous avons ainsi obtenu notre permis d’utiliser ce que Tesla appelle désormais en français « conduite entièrement automatique (supervisée) », raccourci en « CEA supervisée », ce qui remplace l’appellation « conduite entièrement autonome » qui s’affichait jusqu’ici et depuis quelques années sur le configurateur en ligne de la marque américaine.
Le bouton est désormais disponible. Une fois la destination entrée dans le GPS, un bouton « Démarrer le FSD (sous surveillance) » apparaît. On clique et le véhicule démarre ce trajet et peut en théorie gérer toutes les situations, en villes et sur autoroutes.
Une vision 360 degrés, une oreille attentive et un double-cerveaux
Côté coulisses technologiques: le système repose sur 8 caméras extérieures offrant une visibilité totale autour du véhicule. Contrairement aux systèmes traditionnels divisés en blocs de tâches séparés, le FSD utilise un réseau neuronal « de bout en bout ».
« Le réseau reçoit les flux vidéo et contrôle directement le véhicule », explique Aaron Born, chef de projet chez Tesla pour l’approbation de la conduite entièrement automatique en Europe.
Fait impressionnant: la voiture ne se contente pas de voir, elle « écoute ». Elle peut détecter les sirènes d’ambulance ou les klaxons. Lors de notre essai, notre Model Y en mode robot s’est décalé de lui-même sur une voie rapide bondée pour laisser passer un véhicile en approche, sans aucune intervention humaine. Bluffant.
« En gros, c’est un réseau neuronal qui pilote tout le système il est basé sur des approches d’intelligence artificielle, poursuit Aaron Born. Au lieu de nous appuyer sur des valeurs et des approches codées par l’humain, nous utilisons des approches d’IA et une approche axée sur les données. Concrètement, nous fournissons des entrées à un réseau neuronal, sous forme de flux vidéo provenant de caméras. Ce réseau neuronal reçoit ces flux et, dans ce que nous appelons un système de bout en bout, nous contrôlons directement le véhicule à partir de ces flux.
Pour ne pas bloquer face à une situation complexe à analyser pour prendre une décision, le cerveau du véhicule est en réalité dédoublé:
« Cet ordinateur possède, en fait, deux ‘SoC’ (‘System on a chip », systèmes complets sur une puce). Cela signifie qu’il y a une certaine redondance. Si l’un tombe en panne, on peut compter sur l’autre, et inversement. Les deux peuvent aussi fonctionner en tandem pour créer un système fiable, notamment lorsqu’on n’a pas besoin d’une carte très étendue », souligne Aaron Born.
Le système repose aussi sur l’expérience accumulée par les Tesla en circulation, grâce aux vidéos collectées par la marque pour « éduquer » son système de conduite « automatique ». Des exemples montrent des situations qu’on ne vivrait probablement qu’une seule fois dans la vie d’un automobiliste, mais qui sont bien enregistrés dans cet historique d’expérience numérisée et qui permet au véhicule de faire face à (quasiment) toutes les situations.
« À ce jour, le FSD totalise 14 milliards de kilomètres parcourus sur l’ensemble de notre flotte. Nous sommes donc très enthousiastes quant à la rapidité de son déploiement et de son adoption par les clients. Lors de son lancement en Europe, nous avons également parcouru des millions de kilomètres d’essais afin de nous assurer d’être prêts pour ce lancement. »
Amsterdam: le test ultime entre vélos et trams
Le centre-ville d’Amsterdam est un cauchemar pour n’importe quel conducteur. Entre les nuées de cyclistes, les piétons aux déplacements aléatoires et la cohabitation avec les tramways, la Tesla a rendu une copie quasi parfaite.
Sur les premiers kilomètres, la copie est déjà parfaite, ce qui contribue à rassurer le « conducteur » relégué à ce rôle de superviseur. Attention toutefois, au moindre regard détourné.
Dans une rue étroite avec une priorité floue, la voiture a pris l’initiative de s’engager dès qu’elle a compris que le conducteur d’en face attendait.
Un conducteur automatique qui sait donc s’imposer mais qui reste assez prudent. Face à un piéton traversant au vert, la voiture a freiné en douceur sans broncher, laissant au conducteur le soin d’utiliser le klaxon si nécessaire. Tout se fait sans à-coup, en douceur, même en réaction relativement soudaine face à l’imprévu.
Le conducteur peut aussi agir indirectement sur la vitesse, en fixant une marge positive ou négative par rapport à la limitation en vigueur. On peut aussi accélérer avec la pédale pendant une phase automatique sans le désactiver: cela nous est arrivé par exemple dans une zone où le véhicule pouvait rouler à 50 km/h mais avait mal lu un panneau 30.
Nous avons dû reprendre le volant dans deux situations, sur plus de 3 heures de conduite en FSD à Amasterdam. La première sur voie rapide, sans trop comprendre pourquoi, le véhicule a détecté un manque de vigilance et a demandé de reprendre le contrôle. Pas d’urgence a priori car il maintenait encore le véhicule dans sa voie sans baisse de vitesse, pas vraiment inquiétant mais un rappel que le conducteur doit toujours être en mesure de réagir. La deuxième fois, dans le centre-ville d’Amsterdam, avec une situation complexe où des piétons traversaient à un feu vert pour les voitures et que le véhicule n’était plus vraiment certains que d’autres n’allaient pas s’engager. Deux faits mineurs qui contribuent à rassurer sur la fiabilité de ce pilotage automatique.
Une surveillance de la route sans laxisme
Attention toutefois: la caméra intérieure veille au grain. Elle s’assure que votre regard reste sur la route et que vous gardez au moins une main prête à intervenir. Pas question donc de regarder son téléphone, ce qui est formellement interdit, mais n’est pas autant « fliqué » par les véhicules équipés d’un simple « système de niveau 2 », régulateur adaptatif (le véhicule freinera jusqu’à l’arrêt si besoin) et suivi des lignes de la route qui assure les mouvements du volant.
Dans ce mode de conduite très assistée, le véhicule peut même vous sanctionner si vous ne respectez pas les conditions, avec une suspension de l’option qui peut durer 7 jours (même si la durée varie ces derniers temps avec une mise à jour qui peut faire redescendre cette limitation à 3 jours). Si Tesla a mis en place ce type de sanctions depuis un certain temps, avec son lot de critiques même si une certaine pédagogie assez stricte semble légitime pour prévenir tout abus aux conséquences potentiellement dramatiques. BMW en fait de même désormais avec son système « sans les mains » sur autoroute sur son dernier iX3 et un régime de sanctions prévus si des comportements inapropriés sont détectés.
En cas d’accident, c’est aussi un rappel d’un détail essentiel: ce sera toujours le conducteur, en FSD ou non, qui sera responsable (sauf si bien sûr un bug majeur serait démontré comme à l’origine de cet accident), d’où cette supervision exigée à chaque instant.
Conclusion: cette « conduite entièrement automatique (supervisée) de Tesla reste un progrès et vient relâcher le conducteur du stress de la conduite, d’autant plus en milieu (relativement) hostile. Mais il ne faut pas le prendre comme un système de conduite autonome permettant de faire autre chose, le fameux « niveau 3 » qui pose lui la question de la reprise en main tout de même nécessaire pas le conducteur potentiellement. Sous quel délai si on peut faire « autre chose »: le système le plus avancé de Mercedes permet ainsi de lire, mais pas de dormir par exemple. Une complexité qui a d’ailleurs poussé la marque allemande, ainsi que son compatriote BMW, à revenir un peu en arrière récemment. Stellantis avait fait une annonce similaire quelques mois plus tôt.
Quel intérêt?
Avec de telles conditions d’utilisation, on peut légitimement se demande à quoi donc peut bien servir ce FSD/CEA supervisé? Ou plutôt quel service rend-il si on doit en permanence surveiller la route sans pouvoir faire autre chose?
Déjà, cela permet de soulager le conducteur de situations pénibles: qui a vraiment envie de conduire dans les bouchons? Comme avec les assistants sur autoroute, on ressent bien moins de fatigue avec ce rôle de tour de contrôle humaine, mais cette fois dans toutes les situations rencontrées sur un trajet.
Moins de stress pour le conducteur et donc moins de comportements agressifs sur la route: aux Etats-Unis sur les véhicules avec un FSD activé, l’usage du klaxon (qui reste à l’initiative du conducteur) est par exemple réduit de 80%.
Mais c’est surtout la réduction des accidents qui est attendue: les données de Tesla montrent une forte baisse des collisions hors et sur autoroute avec le système activé par rapport à la moyenne américaine. A la clé donc potentiellement une forte baisse du nombre de blessés et de morts.
Le système vient prévenir en effet certains comportements dangereux: il n’est pas possible de démarrer un trajet en FSD sans avoir attaché sa ceinture, un facteur qui reste à l’origine de plus de 40% des décès aux Etats-Unis. De quoi aussi réduire les accidents liés aux excès de vitesse, aux distractions ou encore à la conduite en état d’ivresse.
Ces systèmes de conduite automatique pourraient aussi permettre de remettre au volant des personnes qui n’ont plus assez confiance pour conduire. Attention, il faut bien être en mesure de conduire à tout moment, mais cela peut tout de même rassurer des conducteurs qui n’osent plus par exemple conduire de nuit ou dans des milieux ubrains complexes et stressants.
Quel prix pour le futur de la conduite?
Cette technologie n’est pas gratuite. Aux Pays-Bas, elle est proposée à l’achat pour 7.500 euros (le prix actuel de la « conduite automatique (supervisée) » actuellement proposée sur le configurateur Tesla en France).
Tesla innove également avec une formule d’abonnement à 100 euros par mois proposée aux Pays-Bas depuis ce déblocage du FSD, comme aux Etats-Unis. Pour les clients possédant déjà « l’Autopilot amélioré » (le 2e niveau d’assistance aprrès l’Autopilot de série), la mise à niveau tombe à 3.700 euros ou 49 euros par mois.
À quand la France?
Après ce laboratoire néerlandais, l’Europe pourrait suivre rapidement. Une approbation au niveau de l’Union européenne est anticipée durant l’été 2026. Tesla présent aussi ce système le chaînon manquant vers les futurs Robotaxis et le robot humanoïde Optimus, qui partagent les mêmes bases d’intelligence artificielle.
Mais les conducteurs seront-ils prêts à passer au statut de « superviseurs »? La technologie semble prête, ne reste plus qu’au cadre législatif français à s’adapter. De quoi aussi poser les bases avant la prochaine étape et un « FSD non supervisé », avec la perspective pour le conducteur de faire autre chose (lire, regarder une vidéo, dormir…) ou même au véhicule de se déplacer sans personne à bord.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Cette situation mérite une attention continue de notre équipe éditoriale.

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