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29 avril 2026Analyse : Voici les points saillants relevés par nos journalistes.
L'équipe met en lumière les points essentiels de « le testament trahi de David Ben Gourion ».
Points saillants
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Du champagne. Quel niveau d’obscénité et de haine faut-il atteindre pour déboucher du champagne à la Knesset, le jour du vote d’une loi aussi grave et sordide que le rétablissement de la peine capitale en Israël. C’est ce qu’a fait le ministre d’extrême droite Itamar Ben Gvir, le 30 mars, pour se réjouir haut et fort d’un texte qui promet la pendaison aux Palestiniens jugés coupables de « meurtre terroriste » – mais pas aux terroristes juifs. Du champagne, donc, pour « une loi barbare, raciste et inefficace », a résumé l’historienne Frédérique Schillo sur notre site internet. Son adoption en dit long sur ce qui gangrène l’Etat de droit dans un pays qui, longtemps, a pu se prévaloir d’être « la seule démocratie du Moyen-Orient ».
Comme il paraît loin, ce 14 mai 1948 où le premier Premier ministre israélien, David Ben Gourion (1886-1973), proclamait la naissance de l’Etat hébreu en revendiquant l’attachement de son peuple à des « valeurs tant nationales qu’universelles ». Comme elle paraît différente, l’époque où, au lendemain de la guerre des Six-Jours, ce père fondateur, qui avait aussi été un nationaliste autoritaire et un chef de guerre, concédait que son pays avait encore beaucoup à faire pour devenir « une lumière pour les nations » et confiait : « A choisir entre la paix et tous les territoires que nous avons conquis l’an dernier, je préférerais la paix. » Comme il paraît oublié, ce vieux sioniste travailliste auquel un film de 2016 (« Ben Gourion, testament politique », réalisé par Yariv Mozer, 2016) prête ce « testament politique » : « Notre position dans le monde sera déterminée non pas par nos soi-disant richesses matérielles, et non pas par la bravoure de nos militaires, mais par la vertu morale de notre entreprise. »
Aujourd’hui, des mots comme ceux-là résonnent plus tragiquement que jamais. Car deux ans et demi après les attaques terroristes du 7-Octobre commises par le Hamas, c’est un tout autre Israël que Benyamin Netanyahou façonne, sur le modèle d’une « super Sparte » dont la guerre serait l’alpha et l’oméga. Une guerre désormais menée sur tous les fronts, avec des souffrances et des crimes en tous genres. Netanyahou a ravagé Gaza, dont les deux millions d’habitants survivent tassés dans des gravats sur moins de la moitié de leur territoire. Il a entraîné son sinistre compère américain Donald Trump dans un conflit inconséquent contre l’Iran, qui reste aux mains des féroces gardiens de la révolution deux mois après ses débuts. Il a lancé contre leurs alliés du Hezbollah une nouvelle offensive d’ampleur au Liban, dont le peuple une fois de plus martyrisé subit la brutalité sans nom.
A quoi peut mener cette « hybris » militaire, qui sert aussi à ce Premier ministre à s’accrocher au pouvoir en attendant les élections prévues à l’automne ? Depuis le 7-Octobre, Netanyahou dit vouloir « changer la carte du Moyen-Orient » pour y établir une pax israeliana à coups de canons. On voit mal comment cette fuite en avant pourrait aboutir à une pacification durable face à des voisins qui, déjà, voyaient trop souvent dans l’Etat hébreu un ennemi mortel. En revanche, la spirale de la guerre est en train de changer Israël même, dont l’ethos patriotique mute chaque jour un peu plus vers un dangereux « ethno-nationalisme », comme le dit l’historien israélo-américain Omer Bartov, qui partage dans nos pages ses inquiétudes avec son homologue français Vincent Lemire.
Au moment où, en Cisjordanie, des colons juifs galvanisés par des fous de Dieu redoublent de violence contre des Palestiniens pour prendre leurs terres, Bartov cite dans son livre « Israël. Une course vers l’abîme » (Seuil, 2026) le fameux « Discours sur le colonialisme » d’Aimé Césaire pour éclairer ce qu’il se passe au Proche-Orient : « La colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral… » Un diagnostic affreusement dur. Mais la réalité qu’il dénonce est devenue si épouvantable… Il faut espérer qu’il aidera la société civile israélienne à ouvrir les yeux sur la machine infernale dans laquelle elle se trouve entraînée, comme elle les avait ouverts en 1982 après le massacre de Sabra et Chatila. On peut gagner certaines guerres et y perdre son identité, voire son humanité.
Source : www.nouvelobs.com
Conclusion : Cette situation sera observée de près par nos journalistes.

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