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Lundi 9 mars au matin, le prix du baril de WTI (référence américaine) était de 115 dollars; le Brent de Mer du Nord (référence en Europe) est à 116 dollars. Dans les deux cas, c’est une hausse autour de 30%, du jamais vu depuis 2022 suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Pour Pascal Ausseur, directeur général de la Fondation méditerranéenne d’études stratégiques, aucun navire ne passe par le détroit d’Ormuz, parce il y a un risque physique. Les Iraniens « tirent sur tout ce qui bouge« , explique-t-il. De plus, les primes d’assurance sont devenues énormes. « Le rapport coût-efficacité est évidemment clé« .
La Chine, l’usine du monde
Pascal Ausseur rappelle que plus de 20% du trafic pétrolier passe par ce détroit, essentiellement vers la Chine. Quelque 40% de la consommation chinoise en hydrocarbures vient du golfe arabo-persique. « La Chine, c’est l’usine du monde« , expique-t-il. Quasiment 90% de ce qu’on consomme chez nous est fabriqué en Asie et notamment en Chine. Il y a aussi du GNL, du gaz liquéfié, qui, lui, vient également en Europe, même si la plupart de nos approvisionnements viennent des États-Unis.
Pour le directeur général de la Fondation méditerranéenne d’études stratégiques, une coalition pour protéger le trafic maritime peut voir le jour politiquement. Les Européens, notamment, veulent revenir « un peu sur la scène politique« , puisqu’actuellement, on est un peu spectateurs d’un événement qui nous concerne. Emmanuel Macron veut essayer de replacer les Européens sur la scène. Néanmoins sécuriser le détroit d’Ormuz est difficile car c’est un détroit tout petit, à proximité des côtes iraniennes. Il est très facile pour les Iraniens de tirer des missiles, des drones ou de mettre des mines flottantes. Il y a un risque physique important pour les bateaux qui passeraient. Si les assureurs considèrent que c’est trop dangereux, « cela reviendrait trop cher ».
Pour Pascal Ausseur, il est « techniquement possible d’escorter des bateaux« , mais le risque reste assez important. La situation n’est pas comparable à celle de la Mer Rouge. « Nous avons pu escorter et protéger certains de nos navires. Mais la moitié du trafic maritime a préféré contourner l’Afrique plutôt que de traverser cette zone jugée trop dangereuse. À Ormuz, la donne est différente, nous faisons face à un pays beaucoup plus puissant« . La zone est beaucoup plus étroite, ce qui augmente considérablement le risque. « Il est possible d’agir« , mais Pascal Ausseur, « doute que l’on tente de forcer le passage pour sécuriser le détroit d’Ormuz« . Cela impliquerait de frapper de manière massive les installations iraniennes le long de la côte, voire au-delà, afin de créer une sorte de zone tampon.
Emmanuel Macron a téléphoné à son homologue iranien. Pour l’ancien amiral, la voie diplomatique est évidemment la voie la plus efficace. C’est « une diplomatie de coercition« . La stratégie que Donald Trump a adoptée consiste à exercer une forte pression militaire et économique dans l’espoir de pousser les dirigeants iraniens à accepter de négocier un accord. Cette politique de « pression maximale« , qui combine sanctions intensifiées et posture militaire, vise précisément à amener l’Iran à revenir à la table des négociations pour conclure un compromis. Il y a un acteur dont on ne parle jamais, mais qui, est présent dans ces négociations, c’est la Chine. Elle est concernée en premier par les restrictions d’hydrocarbures. La Chine a un levier sur l’Iran puisqu’il y avait un partenariat très fort. Et visiblement, la Chine a préféré garder une posture très discrète, un peu « souterraine« .

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