Les responsables américains sont de plus en plus préoccupés par l’escalade de la guerre en Iran sur fond d’attaques contre des installations énergétiques
19 mars 2026
semaine de 4 jours, télétravail…Comment les pays asiatiques s’adaptent à la pénurie de carburant liée à la fermeture du détroit d’Ormuz ?
19 mars 2026
France’s Prime Minister Sebastien Lecornu talks as he leaves the weekly cabinet meeting at the presidential Elysee Palace in Paris on March 18, 2026. (Photo by Ludovic MARIN / AFP) LUDOVIC MARIN / AFP
Astreint à la discipline budgétaire, le gouvernement de Sébastien Lecornu renonce pour l’instant à prendre des mesures pour atténuer la nouvelle flambée des prix à la pompe, causée par l’intensification des attaques au Moyen-Orient contre les installations énergétiques.
Ce jeudi 19 mars, l’exécutif n’envisage pas à ce stade de baisser les taxes sur les carburants, s’attelant à pallier dans un premier temps les difficultés de trésorerie des secteurs touchés. Quand bien même le pouvoir d’achat est, selon les sondages, une des préoccupations majeures des Français qui doivent voter dimanche pour le second tour des élections municipales.
« Le scénario d’une baisse des taxes » qui représentent 50 à 55 % du prix à la pompe « n’est pas envisagé à l’heure où on se parle », a affirmé sur BFMTV la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, également chargée de l’énergie. « En revanche, on entend les difficultés par exemple sur la trésorerie » de différents secteurs comme les transporteurs ou les pêcheurs, a-t-elle ajouté.
Une réunion déjà prévue sur l’énergie s’est tenue en fin de matinée à Matignon autour de Sébastien Lecornu et plusieurs ministres, dont Maud Bregeon, Serge Papin (ministre du Commerce) et Roland Lescure (ministre de l’Economie).
L’Iran prêt à aller jusqu’au bout
D’autant que le prix du pétrole monte en flèche, sous le poids des frappes incessantes sur les infrastructures de production des hydrocarbures du Golfe, aggravant les craintes d’une crise économique après bientôt trois semaines de guerre. L’Iran a d’ores et déjà prévenu qu’il ne ferait preuve d’« aucune retenue » dans la guerre au Moyen-Orient, après avoir frappé des infrastructures de production d’hydrocarbures dans le Golfe, notamment au Qatar.
Le conflit, déclenché par les frappes israélo-américaines sur l’Iran fin février, a franchi une étape en visant massivement des sites de production, en plus du stockage et du transport du pétrole et du gaz.
A la mi-journée, le baril de Brent de la mer du Nord prenait près de 7 %, après avoir grimpé de plus de 10 %. Le gaz européen s’est littéralement envolé (jusqu’à +35 %).
Un baril de pétrole à 120 dollars ?
Dans la nuit de mercredi à jeudi, le Qatar a fait état d’une attaque iranienne sur Ras Laffan, son premier site de production de gaz naturel liquéfié (GNL), et de « dommages considérables ».
Deux raffineries au Koweït ont par ailleurs été ciblées par des drones, selon les autorités de l’émirat. Tout comme une raffinerie saoudienne dans la zone industrielle de Yanbu, sur les rives de la mer Rouge.
Ces attaques répondent à celles, la veille, contre le site de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde, partagée par Téhéran et Doha.
Le président américain a confirmé sur sa plateforme Truth Social qu’Israël, « sous le coup de la colère », était à l’origine de cette frappe contre la partie iranienne de ce site gazier offshore du Golfe. Il a assuré que Washington n’en savait rien. « Plus aucune attaque ne sera menée par Israël », a ajouté Donald Trump, tout en menaçant de détruire « massivement l’intégralité du gisement » si Téhéran continuait ses attaques.
Marchés et chancelleries observent avec angoisse les menaces se succéder aux frappes. Si d’autres infrastructures sont visées, le baril « dépassera probablement 120 dollars dans l’immédiat, avec un potentiel de hausse supplémentaire », estime Aditya Saraswat, analyste chez Rystad Energy.
Le très sensible détroit d’Ormuz
Au vingtième jour de la guerre, l’Iran démontre conserver une importante capacité de frappes, en dépit des attaques israélo-américaines sur ses infrastructures militaires et politiques.
« Le conflit dérive vers une guerre d’usure – sans signe clair d’un effondrement du régime en Iran », analyse sur X Dennis Citrinowicz, expert à l’Institut national des études de sécurité de Tel-Aviv. Téhéran « a une nouvelle fois démontré qu’il n’hésiterait pas à accroître le niveau d’escalade pour défendre ses atouts stratégiques – sans reculer le moins du monde sur la question du détroit d’Ormuz ».
Un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux circule d’ordinaire par le détroit d’Ormuz, de facto bloqué par l’Iran et dans lequel des navires sont régulièrement visés.
Source : www.nouvelobs.com

9999999
