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20 mars 2026entre Israël et les États-Unis, les premiers signes de « divergences » dans la guerre contre l’Iran
Les États-Unis et Israël partagent-ils la même vision pour l’avenir du Moyen-Orient? Si les Américains veulent mettre un terme rapidement à la guerre lancée contre l’Iran, l’État hébreu semble prêt à un long conflit. De quoi créer quelques divergences stratégiques entre les deux alliés historiques.
Voilà vingt jours que les États-Unis et Israël combattent main dans la main la République islamique d’Iran. Depuis le 28 février dernier et l’offensive sur Téhéran ayant entraîné la mort du guide suprême Ali Khamenei, les deux alliés partagent peu ou prou les mêmes objectifs.
« Il y a un alignement stratégique qui reste central, avec des objectifs de guerre qui sont identiques », à savoir « neutraliser le programme balistique et nucléaire iranien, tout en affaiblissant le régime », e auprès de BFM Anne-Sophie Sebban-Bécache, directrice de l’American Jewish Committee à Paris et docteure en géopolitique.
Pourtant, de premières divergences stratégiques semblent fragiliser cette entente politique et militaire. Le 8 mars dernier, le média américain Axios rapportait que les États-Unis avaient été « consternés » par l’ampleur des frappes israéliennes sur des dépôts de carburant à Téhéran quelques heures auparavant.
Puis, ce jeudi, « Donald Trump a publiquement affirmé que la frappe sur le champ gazier iranien de South Pars avait été menée par Israël, sans implication américaine », a également noté pour BFM Blandine Chelini-Pon, professeure de Relations Internationales à Aix Marseille Université.
Selon elle, ces « divergences » entre les deux alliés « sont bien réelles parce qu’elles finissent par se percevoir, alors qu’au premier jour de la guerre, elles n’apparaissaient pas ».
Anne-Sophie Sebban-Bécache estime de son côté que ces discordances entre Israël et le clan Trump sont « surinterprétées ». D’après la docteure en géopolitique, « il pourrait en revanche y avoir une plus grande divergence sur la fin du conflit, avec une plus forte pression sur les États-Unis pour que la guerre se termine vite ».
Donald Trump prêt à un accord?
Alors que Benjamin Netanyahu refuse de négocier avec l’Iran, Donald Trump a tout intérêt à ne pas empêtrer son pays dans une guerre longue et coûteuse. Un scénario qui abîmerait sa popularité à quelques mois des élections de mi-mandat prévues en novembre prochain, alors que près de 6 Américains sur 10 ont déjà désapprouvé l’intervention militaire lancée en Iran, selon un sondage publié par CNN.
Ces derniers jours, le républicain a réaffirmé à de nombreuses reprises que le régime iranien souhaitait conclure un accord pour mettre fin à la guerre, ce que Téhéran a toujours réfuté. En usant de ces déclarations, Donald Trump ne pousserait-il donc pas la République islamique à un retour rapide à la table des négociations, afin de freiner l’escalade en cours au Moyen-Orient qui semble lui échapper?
« Ces négociations viendraient en quelque sorte sceller la défaite de l’Iran », pointe Anne-Sophie Sebban-Bécache, précisant que « les États-Unis souhaitent que ce conflit se termine plus vite que du côté d’Israël ».
Car pour Benjamin Netanyahu, cette offensive lancée conjointement avec son allié américain est une chance de voir son pire ennemi iranien s’affaiblir, voire s’anéantir. « Les Israéliens sont tentés d’aller plus loin que ce que Washington juge utile ou soutenable » pour cette guerre, ajoute Blandine Chelini-Pon.
Mais « considérer que les États-Unis et plus particulièrement Israël veulent la chute du régime rend les deux pays responsables de ce qu’il se passerait dans la phase post-guerre » en Iran, temporise Anne-Sophie Sebban-Bécache, selon qui l’objectif premier du duo de belligérants n’est pas l’effondrement du régime des mollahs.
Quelle suite à ce conflit?
« Les États-Unis commencent à penser en coûts globaux, en dégâts politiques intérieurs et en fragilisation de leurs alliances. Leurs objectifs initiaux s’en ressentent. Ils essayent maintenant d’éviter l’escalade et peut-être d’arrêter bientôt la campagne de frappes », analyse Blandine Chelini-Pon.
De son côté, Israël fait tout pour garder son allié impliqué dans le conflit. Mais « il devient de plus en plus évident pour les États-Unis que la poursuite de cette guerre entraîne trop de conséquences négatives pour eux-mêmes dans la région, pour leurs propres sites », constate la professeure de Relations Internationales à Aix Marseille Université.
De plus, ce conflit « entame en profondeur toute leur crédibilité auprès des partenaires du Golfe qui se retrouvent sans protection, sans parler de la hausse spectaculaire globale des hydrocarbures ».
Initialement, les deux alliés historiques partageaient des objectifs communs, à savoir empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire. Désormais, Américains et Israéliens s’opposent sur la vision d’avenir du Moyen-Orient. Quand l’un veut profiter de cette opportunité, l’autre ne veut pas s’y embourber.
Source : www.bfmtv.com

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