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31 mars 2026civils tués, habitants déplacés, « zone de sécurité »… La crainte d’un « nouveau Gaza » au sud du Liban
Analyse : Notre équipe propose une synthèse des points importants.
Notre équipe propose un aperçu rapide des éléments de « civils tués, habitants déplacés, « zone de sécurité »… La crainte d’un « nouveau Gaza » au sud du Liban ».
Les points essentiels à retenir
Les opérations terrestres de l’armée israélienne au sud du Liban font craindre une occupation à long terme de la région, tandis que les bombardements et déplacements de populations portent gravement atteinte aux civils. Un scénario qui n’est pas sans rappeler celui de Gaza, selon l’ONU.
Le Liban à nouveau transformé en champ de bataille. Si les autorités libanaises se sont tenues à l’écart de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran, le pays s’est retrouvé, une fois de plus dans son histoire, au cœur d’affrontements entre les forces régionales.
Un an et trois mois après le fragile cessez-le-feu conclu fin 2024 entre le Hezbollah et Israël, le Liban a replongé dans la guerre quand le groupe armé chiite a attaqué l’État hébreu pour venger l’assassinat du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, tué le 28 février dans les premières frappes contre Téhéran.
La riposte israélienne a été immédiate, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu y voyant l’occasion d’anéantir définitivement son ennemi. « La question du démantèlement du Hezbollah reste centrale », et « nous sommes déterminés à changer fondamentalement la situation au Liban », a-t-il déclaré ce mercredi.
Le Hezbollah en ligne de mire
Le gouvernement et l’armée estiment que le désarmement du mouvement, prévu par les termes du cessez-le-feu de novembre 2024, ne n’est pas concrétisé. « Si le gouvernement (libanais) ne désarme pas le Hezbollah, l’armée israélienne le fera », a assuré le général de brigade Effie Defrin, porte-parole de l’armée israélienne.
L’armée libanaise avait annoncé en janvier avoir achevé le démantèlement des infrastructures militaires du Hezbollah entre la frontière israélienne et le fleuve Litani. Mais le mouvement est loin d’avoir disparu.
« À bas bruit, depuis la trêve de fin 2024 jusqu’à maintenant, les Gardiens de la révolution ont repris en main toute la structure du Hezbollah et l’ont organisée autrement, avec des unités plus souples et plus nombreuses », explique à BFM le politologue Antoine Basbous, associé chez Forward Global et directeur de l’Observatoire des pays arabes.
Après la mort de son chef Hassan Nassralah, éliminé en septembre 2024 par Israël, « le Hezbollah a ressuscité son commandement, remobilisé ses membres, restructuré son mode de fonctionnement et les techniques qu’il emploie », poursuit le spécialiste.
Un retour en force que l’État libanais n’a pas pu, ou voulu endiguer, entre manque de moyens et volonté de préserver la paix civile alors que le Hezbollah est à la fois un groupe armé et un influent acteur politique.
« Plusieurs responsables actuels ont longtemps été des sous-traitants du Hezbollah à qui ils doivent leur ascension. Le Liban avait une occasion en or pour retrouver la voie de sa souveraineté en 2024, avec l’élimination du chef du Hezbollah et le renversement d’Assad. Il a manqué cette occasion unique », estime Antoine Basbous.
Plus de 1.200 morts, dont une centaine d’enfants
L’offensive israélienne au Liban est meurtrière. Selon les chiffres du ministère libanais de la Santé diffusés samedi, 1.238 personnes ont été tuées depuis le début des combats entre Israël et le mouvement pro-iranien. Parmi les victimes figurent 124 enfants, 1.043 hommes, 87 femmes, ainsi que 52 membres du personnel soignant et secouristes, toujours selon le ministère.
Trois journalistes ont également été tués samedi dans une frappe israélienne. L’armée israélienne a indiqué qu’elle visait l’un d’entre eux, Ali Shoeib, correspondant d’une chaîne de télévision affiliée au Hezbollah, qui selon elle repérait ses positions dans le sud du Liban.
Le nouveau drame qui se dessine inquiète les organisations humanitaires, au point que les Nations unies comparent la situation avec la catastrophe en cours dans la bande de Gaza. Le « modèle de Gaza ne doit pas être reproduit au Liban », a plaidé mercredi dernier le secrétaire général de l’ONU Antonio Gutieres, s’alarmant plus généralement d’une guerre « hors de contrôle » au Moyen-Orient.
« Je crains vraiment que le Liban ne devienne le prochain Gaza », avait déclaré quelques jours plus tôt le chef des affaires humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, sur le plateau d’Euronews.
La comparaison est assumée par certains responsables israéliens eux-mêmes. « Très bientôt, Dahiyeh (banlieue sud de Beyrouth, ndlr) ressemblera à Khan Younès », a menacé le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, dont le parti d’extrême droite est membre de la coalition gouvernementale dirigée par Benjamin Netanyahu.
Le pays coupé en deux
Outre les bombardements meurtriers et le ciblage des civils, c’est aussi la récente incursion terrestre de l’armée israélienne qui alimente les comparaisons avec la situation à Gaza. Après de premières opérations au sol « limitées », Israël a annoncé le 24 mars vouloir s’emparer de la région située entre la frontière avec Israël et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord. Une « zone tampon » représentant un dixième du territoire libanais, et qui n’est pas sans rappeler celle qui cadenasse l’enclave palestinienne.
Ce dimanche, Benjamin Netanyahu a ordonné à l’armée israélienne « d’étendre » cette « zone de sécurité » pour « neutraliser définitivement la menace d’invasion et éloigner de la frontière les tirs de missiles antichars ».
L’offensive israélienne s’accompagne d’ordres d’évacuation obligeant les civils à fuir vers le nord. Depuis le début du mois de mars, plus d’un million d’habitants ont été contraints à quitter leur foyer. Un « déplacement massif, soudain et chaotique » qui engendre une situation humanitaire « désastreuse » selon l’ONU.
« De nombreux ménages déplacés trouvent refuge dans des lieux informels, surpeuplés et dangereux, notamment des bâtiments inachevés, des espaces publics et des véhicules », indiquent les Nations unies. Les enfants sont quant à eux confrontés à un « cycle incessant de bombardements et de déplacements », ce qui « aggrave considérablement leurs traumatismes psychologiques, ancrant en eux une peur profonde et menaçant de leur causer des dommages émotionnels profonds et durables », alerte pour sa part l’Unicef.
Le déplacement de populations en majorité chiites, dans des régions qui ne le sont pas, crée aussi des tensions internes très fortes. Beaucoup d’habitants « ne veulent pas que des déplacés viennent chez eux », explique sur France Culture Anthony Samrani, co-rédacteur en chef du journal libanais L’Orient-Le Jour. « S’y ajoute la peur que parmi ces déplacés figurent des membres du Hezbollah ou des membres des Gardiens de la révolution, qu’Israël les frappe et que cela provoque des victimes civiles ».
Une occupation durable?
Ce mardi 31 mars, les craintes que l’offensive israélienne contre le Hezbollah évolue vers une occupation durable du sud du pays se sont concrétisées. « A la fin de cette opération, Tsahal (l’armé israélienne, NDLR) s’installera dans une zone de sécurité à l’intérieur du Liban, sur une ligne défensive contre les missiles antichars, et maintiendra le contrôle sécuritaire de toute la zone jusqu’au Litani », a déclaré le ministre israélien de la Défense, Israël Katz.
« Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d’Israël) ne seront pas garanties », a-t-il ajouté.
Sur le terrain, l’armée israélienne semble tout mettre en œuvre pour que le Sud-Liban ne soit pas une zone habitable. « Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza, afin d’éliminer une fois pour toutes les menaces le long de la frontière qui pèsent sur les habitants du nord », a encore ajouté Israël Katz en référence à deux villes de la bande de Gaza dévastées par les opérations militaires d’Israël dans sa guerre contre le Hamas après le 7 octobre 2023.
Le journal Haaretz dresse un parallèle entre cette politique de la terre brûlée et celle qui a été menée dans l’enclave palestinienne, où plus de 80% des bâtiments ont été endommagés ou détruits par deux ans de guerre.
L’armée israélienne s’est également attaqué aux ponts qui enjambent le Litani, utilisés selon elle par le Hezbollah « pour faire passer des terroristes et des armes ». « Dans toute opération terrestre militaire, (..) l’une des priorités est de perturber les transports de l’ennemi et sa capacité à se déplacer librement pour se réapprovisionner », explique à l’AFP l’expert militaire Riad Kahwaji.
Mais cette stratégie, déjà employée dans la guerre de 2006 avec le Hezbollah, a pour conséquence de « couper le pays en deux morceaux », selon Antoine Basbous. « Ceux qui le voulaient et le pouvaient sont partis. Mais ceux qui sont restés derrière les ponts ne peuvent plus remonter vers le nord au stade actuel. Et ceux qui sont dans le nord ne peuvent plus revenir dans le sud pour s’occuper de leurs biens, de leur maison, cultiver leurs champs… », développe le spécialiste du Moyen-Orient.
Le président libanais Joseph Aoun a déclaré que ces attaques « représentent une escalade dangereuse et une violation flagrante de la souveraineté du Liban », y voyant « un prélude à une invasion terrestre ».
Jusqu’où ira l’armée israélienne? Ce mardi 31 mars, le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a émis un nouvel appel à évacuer au-delà la rivière Zahrani, un cours d’eau situé plus au nord que le Litani et qui ne fait donc pas partie de la « zone tampon » que veut créer Israël.
Selon l’ancien commandant libanais du secteur sud du Litani, le général Khalil Gemayel, interrogé par Ici Beyrouth, l’avertissement israélien ne signifie pas, à ce stade, une avancée terrestre imminente. « Ce n’est pas un indicateur de progression militaire » mais il s’agit toutefois de « provoquer des vagues de déplacements encore plus importantes », avertit le militaire.
En Israël, des extrémistes religieux entendent à terme coloniser le Sud-Liban. Une voix portée jusqu’au gouvernement par le ministre d’extrême droite Bezalel Smotrich, qui prône l’annexion du sud du pays jusqu’au fleuve Litani.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Notre rédaction vous tiendra informés des changements importants.

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