
Le Pakistan joue le rôle de pacificateur dans une guerre tout en menant une autre
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1 avril 2026Analyse : L'équipe examine cette actualité et partage son avis global.
Notre rédaction partage son avis sur les points importants de « Israël : la guerre permanente ».
Résumé à retenir
La guerre en Iran sera-t-elle la guerre de trop pour Benyamin Nétanyahou ? Un mois après les premiers bombardements contre le régime des mollahs, et alors que Donald Trump multiplie les signaux contradictoires quant à la suite des opérations – intervention terrestre ou négociations, désescalade ou annihilation de l’île de Kharg et des infrastructures énergétiques iraniennes, comme il l’a écrit sur son réseau Truth Social le 30 mars –, c’est au troisième protagoniste du conflit que nous avons choisi de consacrer notre dossier cette semaine : Israël et son Premier ministre, obsédé, depuis les attaques surprises du Hamas il y a deux ans et demi, par l’idée de “changer la carte du Moyen-Orient”.
C’est ce qu’explique très bien le quotidien Ha’Aretz en ouverture de notre dossier dans une mise en perspective historique particulièrement éclairante si l’on veut comprendre ce qui guide aujourd’hui les choix de Nétanyahou. “La doctrine de sécurité d’Israël reposait sur trois piliers : la dissuasion pour décourager les attaques ennemies, la détection avancée pour identifier à l’avance quand celles-ci se préparent, et l’engagement militaire décisif pour s’assurer que le conflit prenne fin rapidement et en territoire adverse”, explique Anshel Pfeffer.
Le 7 octobre 2023 a tout changé. Ce qui “à l’origine était un simple slogan dans la campagne que [le Premier ministre] menait pour sa survie politique” est devenu le fer de lance de toute sa stratégie, de Gaza à Ramallah, Beyrouth ou Téhéran.
“Cette guerre contre l’Iran est la guerre de Donald Trump et de Benyamin Nétanyahou. C’est une coentreprise, c’est évident. Il serait néanmoins trop facile d’en rester là”, prévient encore Anshel Pfeffer, pour qui le Premier ministre israélien n’a pas su retenir les leçons de l’histoire (la campagne de Suez en 1956 et l’invasion du Liban en 1982) et risque d’enliser durablement son pays dans la guerre. “En cas d’échec, Nétanyahou risque fort de perdre les élections prévues cette année, mais surtout, Israël en subira les conséquences pour des décennies à venir.”
C’est cette fuite en avant que dénonce aussi Gershom Gorenberg dans The Atlantic. le journaliste spécialisé et historien vit à Jérusalem. Il raconte le quotidien éprouvant des Israéliens. Depuis deux ans et demi, écrit-il, “c’est la même guerre qui tourne en boucle, une boucle d’épuisement, d’adrénaline, d’inquiétude pour ses enfants”. Une boucle que le gouvernement israélien semble vouloir maintenir éternellement, accuse-t-il.
La situation au Liban l’atteste. Alors qu’Israël poursuit ses bombardements en Iran et subit en retour une riposte sans précédent, Tsahal rencontre aussi une résistance féroce du Hezbollah dans le sud du Liban où, selon une source de sécurité citée par le quotidien de droite libérale Yediot Aharonot, la présence des forces israéliennes “en profondeur sur le territoire libanais durera au moins quelques mois, voire des années”.
L’armée israélienne peut-elle tenir sur tous les fronts dans la durée ? C’est toute la question. Lors d’une réunion du cabinet de sécurité, le 26 mars, le chef d’état-major israélien, Eyal Zamir, a mis les pieds dans le plat. “Je tire dix fois la sonnette d’alarme”, aurait-il déclaré, selon The Jerusalem Post. Une prise de parole qui relance le débat autour d’un projet de loi censé permetre d’enrôler les juifs ultraorthodoxes, largement exemptés du service militaire.
Dans un édition du Yediot Aharonot traduit sur notre site, Avi Issacharoff met aussi en garde contre l’aveuglement du Premier ministre israélien. “Nétanyahou, malgré ses folles ambitions, ne sera jamais Winston Churchill. Incapable de parler vrai à ses concitoyens, il s’est ceint d’une ceinture de corruption sans foi ni loi dont le seul but est sa propre survie politique et professionnelle, sans lien aucun avec l’Iran.”
Le problème, en Iran comme au Liban, conclut l’auteur, c’est que les succès militaires ne se mesurent qu’à la fin et non au premier jour d’une guerre. La “pax israeliana”, qui consacrerait “la puissance hégémonique incontestable” de l’État hébreu dans la région et que beaucoup redoutent au Moyen-Orient, n’est pas encore totalement à l’œuvre.
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Source : www.courrierinternational.com
Conclusion : Les faits continueront d’être suivis pour fournir une analyse complète.

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