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2 avril 2026Entrés dans la guerre en Iran, les Houthis suscitent l’inquiétude, mais ont-ils vraiment les moyens de nuire ?
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Notre rédaction analyse les faits saillants de « Entrés dans la guerre en Iran, les Houthis suscitent l’inquiétude, mais ont-ils vraiment les moyens de nuire ? ».
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MOHAMMED HUWAIS / AFP
Entrés dans la guerre en Iran, les Houthis suscitent l’inquiétude, mais ont-ils vraiment les moyens de nuire ? (photo d’illustration d’un rassemblement des Houthis à Sanaa au Yémen, le 27 mars 2026)
Le geste n’est pas surprenant, mais il marque bel et bien l’extension du conflit. Les Houthis du Yémen poursuivent leurs attaques contre Israël en soutien à leur allié iranien. Ce mercredi 1er avril, les rebelles yéménites ont revendiqué leur troisième attaque de missiles contre l’État hébreu, qu’ils avaient frappé samedi pour la première fois depuis le début le début de la guerre au Moyen-Orient.
Vendredi, le porte-parole des Houthis, Yahya Saree, avait annoncé la couleur dans une déclaration vidéo publiée sur X. « Nous sommes prêts à une intervention militaire directe » en cas de « poursuite de l’escalade contre la République islamique » d’Iran qui impliquerait les États-Unis et Israël, avait-il prévenu. Les attaques depuis le Yémen commencées samedi semblent ouvrir un nouveau front dans la guerre commencée il y a un peu plus d’un mois.
L’implication des Houthis n’est pas une surprise : ils sont un « proxy » de l’« axe de la résistance » sous la houlette de Téhéran au même titre que le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais. Mais au-delà des déclarations belliqueuses, quelle est la capacité de nuisance réelle de ces rebelles yéménites ? Le HuffPost fait le aspect sur les conséquences possibles de leur entrée en guerre.
Menaces sur le détroit de Bab el-Mandeb
Entrés en rébellion contre le pouvoir central yéménite à la fin des années 90, les Houthis se sont emparés de la capitale du pays, Sanaa, en 2014. Ces rebelles chiites contrôlent depuis le nord-ouest du territoire, dont la côte du Yémen qui donne sur la mer Rouge. Celle-ci est une route stratégique entre l’Asie et l’Europe par laquelle transite en temps normal 15 % du commerce maritime mondial.
Implantés non loin du détroit de Bab el-Mandeb qui permet de gagner l’océan Indien, les Houthis ont utilisé cette proximité pour faire pression sur l’économie mondiale. Comme le rappelle la BBC, de novembre 2023 à début 2025, ils ont mené 200 attaques contre des navires en mer Rouge pour soutenir le Hamas dans sa guerre contre Israël. De nombreuses compagnies maritimes avaient dû éviter la zone et privilégier la route du cap de Bonne-Espérance, par le sud de l’Afrique et qui ajoute 10 jours de navigation.
Alors que le détroit stratégique d’Ormuz est déjà bloqué par l’Iran, une perturbation prolongée à Bab el-Mandeb donnerait un coup à l’économie mondiale déjà fragilisée, alertent de nombreux experts dont Farea Al-Muslimi, spécialiste du Moyen-Orient pour le think tank Chatham House. Auprès du Guardian, il estime qu’un chamboulement du commerce maritime par les Houthis ferait augmenter les prix de transport et ceux du pétrole.
Une capacité militaire « affaiblie », mais pas « anéantie »
Les moyens logistiques et militaires des Houthis ne sont pas négligeables, même s’ils ont pâti de frappes américaines en réplique à leurs attaques en mer Rouge. « Après avoir signé un cessez-le-feu en mai 2025 avec les Américains, on ne les a pratiquement plus entendus et ils ont reconstitué leurs stocks d’armes, comme le Hezbollah au Liban », a décrypté Patricia Allémonière, grand reporter spécialiste des questions internationales invitée par C dans l’air.
une évaluation partagée par Ahmed Nagi, expert du Yémen pour l’International Crisis Group. « Ce qui a protégé les Houthis de la ruine totale, c’est qu’une grande partie de leur arsenal est dissimulée à la vue aérienne », explique-t-il dans une observation sur le site de son think tank. « Si les frappes ont peut-être affaibli cette capacité, elles ne l’ont pas anéantie », poursuit le spécialiste selon qui ils peuvent toujours avoir recours à des « missiles », des « drones » et des « véhicules sous-marins sans pilote ».
L’armement houthi « provient en grande partie des arsenaux de l’armée yéménite », décrit Denis Bauchard, ex-diplomate et président du conseil administratif du Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (Carep). Interrogé par franceinfo, il souligne cependant que le conflit en cours au Moyen-Orient dépasse largement leurs objectifs et capacités militaires. « Leur contribution restera certainement marginale » et « la vraie menace est surtout maritime », résume-t-il.
Une « entrée mesurée » dans le conflit
Le risque d’escalade régionale avec des attaques au-delà d’Israël et de la mer Rouge n’est pas nul. Les Houthis laissent planer la menace de frappes sur des voisins du Golfe persique et ils ont déjà frappé l’Arabie saoudite par le passé, même si la trêve instaurée après une guerre de 2015 à 2022 est respectée pour le moment. Mais plusieurs experts relèvent que les rebelles yéménites ont de nombreuses raisons d’hésiter avant de s’impliquer davantage dans le conflit.
Si Téhéran les pousse à intervenir, les Houthis conservent « leur propre calcul de risques », appuie Ahmed Nagi. Ils se sont mobilisés pour ne pas risquer que l’Iran, « leur principal protecteur », « soit tellement affaibli qu’il ne puisse plus les soutenir en leur fournissant des armes ou des renseignements ». Pour autant, les rebelles yéménites s’en tiennent à « une entrée [en guerre] mesurée », analyse l’expert de l’International Crisis Group, selon qui veulent se montrer « prêts » à l’escalade « si nécessaire », peut-être avec pour objectif de renforcer la position de l’Iran pour négocier avec Washington.
Même son de cloche chez Thomas Juneau, professeur adjoint à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa. Dans les colonnes du Devoir, il estime que l’entrée des Houthis dans le conflit « augmente » le pouvoir de négociation de Téhéran, même si les attaques depuis le Yémen contre Israël n’ont « aucune importance » sur le terrain militaire. L’essentiel est le « signal » passé « aux États-Unis, à Israël, puis à tout le monde » sur la possibilité d’attaquer des navires en mer Rouge et de « bloquer le trafic maritime ». De quoi donner toujours plus de sueurs froides aux marchés déjà bien paniqués.
Source : www.huffingtonpost.fr
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