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2 avril 2026Comment l’histoire de Noelia, jeune Espagnole ayant eu recours à l’euthanasie, est devenue la cible d’une campagne de désinformation ?
Analyse : Notre équipe propose une lecture synthétique de cette actualité.
L'équipe éditoriale a étudié « Comment l’histoire de Noelia, jeune Espagnole ayant eu recours à l’euthanasie, est devenue la cible d’une campagne de désinformation ? » et partage son avis.
Faits marquants
Des membres de groupes religieux évangélistes, catholiques et ultraconservateurs devant l’hôpital où Noelia Castillo est morte à Sant Pere de Ribes près de Barcelone, le 26 mars 2026. ALBERT LLOP / NURPHOTO VIA AFP
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Dans chaque recoin de l’Espagne chacun pense avoir son mot à dire sur la mort par euthanasie de Noelia Castillo, alimentant des théories complotistes ou racistes. Outre-Atlantique aussi, la mort de cette jeune femme paraplégique âgée de 25 ans n’est pas passée inaperçue par Donald Trump qui ne s’est pas fait prier pour s’immiscer dans la politique espagnole. Mercredi 1ᵉʳ avril, les Etats-Unis ont exhorté l’Espagne à enquêter sur l’euthanasie de Noelia. « Il est impératif que les autorités enquêtent sur cette affaire tragique », a déclaré Riley Barnes, secrétaire d’Etat adjoint américain aux Droits de l’homme. « Chaque vie est sacrée. On a laissé tomber Noelia. Nous ne pouvons pas nous permettre de la laisser tomber une nouvelle fois », a écrit Riley Barnes sur X.
Rembobinons. Le 26 mars dernier, Noelia Castillo est morte par suicide assisté dans sa chambre de l’hôpital Sant Camil, un établissement médico-social situé à Sant Pere de Ribes, à 40 kilomètres au sud de Barcelone. La jeune Espagnole, paraplégique, a utilisé son droit – autorisé par la loi de 2021 dépénalisant l’euthanasie pour les patients atteints d’une maladie incurable – pour mettre fin à sa souffrance après une longue bataille judiciaire avec son père qui s’opposait à son choix.
Le père Noelia, représenté par l’association Abogados Cristianos, a tenté d’empêcher sa fille majeure d’avoir recours à l’euthanasie estimant que les problèmes de santé mentale dont elle souffrait ne lui permettaient pas de prendre cette décision. Mais différentes décisions de justice ont souligné que « tous » les professionnels de santé ayant analysé la situation de la jeune femme s’accordaient à dire qu’elle souffrait « d’une affection grave, chronique et invalidante », causée par une « lésion de la moelle épinière lombaire » à l’origine de « douleurs neuropathiques difficiles à gérer » et d’une dépendance, ce qui pouvait justifier l’euthanasie au regard de la loi espagnole.
Donald Trump « fourre son nez partout »
L’affaire a résonné jusqu’aux Etats-Unis. Mercredi, le « Washington Post » affirmait que des responsables anonymes avaient changé l’ambassade des Etats-Unis à Madrid de recueillir des informations sur la manière dont l’euthanasie avait été pratiquée. Le soir même, Riley Barnes, secrétaire d’Etat adjoint américain aux Droits de l’homme exhortait la justice espagnole à ouvrir une enquête.
Ces déclarations n’inquiètent pas le gouvernement catalan – région autonome où Noelia Castillo est morte. « L’euthanasie en Catalogne bénéficie de toutes les garanties nécessaires. Elle est supervisée par la Commission de garantie et d’évaluation, organe administratif pluridisciplinaire qui procède à un examen préalable à la mise en œuvre du service », a indiqué plusieurs sources au ministère de la Santé espagnol au quotidien « El Pais ».
Le commentaire américain s’ajoute à la liste des nombreuses réflexions de Trump les affaires intérieures espagnoles. Le Premier ministre socialiste, Pedro Sanchez, qui a décidé de fermer son espace aérien aux avions américains impliqués dans la guerre contre l’Iran, est dans le collimateur du gouvernement de Donald Trump. Rompant avec la tradition, le locataire de la Maison-Blanche se permet régulièrement de critiquer la politique intérieure en Europe. Il y a quelques mois, l’ambassadeur américain en France avait été convoqué par le ministre des Affaires Etrangères pour des propos après la mort du nationaliste Quentin Deranque à Lyon.
Dans un message posté sur le réseau social X, la ministre de la Santé Mónica García a demandé à Donald Trump de « cesser d’alimenter l’agenda ultra-international en fourrant son nez partout ». « L’Espagne est un pays sérieux, doté d’un système de santé solide et d’un cadre de droits qui protège et prend soin de tous, y compris de ceux qui décident de demander de l’aide pour mourir dans la dignité dans des contextes réglementés par la loi, évalués par des comités cliniques et approuvés par les tribunaux », a-t-il affirmé.
Désinformation
En Espagne, les accusations étasuniennes contribuent à alimenter les théories complotistes et la visibilité de l’association Abogados Cristianos. Après l’euthanasie de Noelia Castillo, cette organisation ultraconservatrice a annoncé son intention de déposer plainte contre le médecin qui a effectué l’acte médical pour « abus de pouvoir et conflit d’intérêts ». La raison ? Abogados Cristianos accuse l’Etat d’utiliser l’euthanasie pour recevoir des dons d’organes en prenant pour preuve que le médecin était, dit l’association, le coordinateur des transplantations dans l’hôpital.
Avant même la mort de la jeune femme, des internautes d’extrême droite ont diffusé de fausses informations sur les réseaux sociaux voulant prouver que l’Etat espagnol avait « abandonné » Noelia Castillo. Quand elle était mineure, ses parents ont perdu la garde, elle a donc été placée dans des foyers. Ces groupes affirment qu’elle aurait alors été agressée sexuellement par des mineurs isolés étrangers. Pourtant, lors d’une interview dans l’émission « Yahora Sonsoles », Noelia Castillo a bien évoqué trois agressions mais sans mentionner l’origine ni la nationalité des auteurs : l’une de la part d’un ancien compagnon, une autre commise par « deux garçons » dans une discothèque, et la dernière « trois ou quatre jours avant » la tentative de suicide qui l’a rendue paraplégique en 2022, alors qu’elle était majeure et donc, sortie des foyers.
De plus, plusieurs sources de la Direction générale de la prévention et de la protection de l’enfance et de l’adolescence (DGPPIA) du gouvernement catalan ont indiqué au journal « El Pais », qu’« aucun cas d’agression sexuelle n’a été recensé » dans les deux centres pour mineurs où Noelia a résidé entre juillet 2015 et février 2019, dédisant toute cette campagne de désinformation massive.
Source : www.nouvelobs.com
Conclusion : Les prochaines informations permettront de mieux comprendre les enjeux.

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