
Le pétrole continue de grimper alors que Trump réitère ses menaces contre l’Iran
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7 avril 2026ultimatum de Trump à l’Iran, des ponts et des lignes ferroviaires frappés… Le point sur la situation
Analyse : L'équipe éditoriale a examiné cette actualité et partage son point de vue.
Quelques observations clés de notre rédaction sur « ultimatum de Trump à l’Iran, des ponts et des lignes ferroviaires frappés… Le point sur la situation ».
À savoir
Le président américain Donald Trump lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche, le 6 avril 2026. ANDREW LEYDEN/NURPHOTO VIA AFP
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Les autorités iraniennes font la sourde oreille ce mardi 7 avril à l’ultimatum du président américain Donald Trump qui menace de détruire des infrastructures essentielles en Iran faute d’accord pour rouvrir le détroit d’Ormuz, vital pour l’approvisionnement mondial en pétrole, plus d’un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.
Donald Trump a lancé cet après-midi un nouvel avertissement envers l’Iran à quelques heures de l’expiration de son ultimatum, menaçant le pays d’un anéantissement. « Une civilisation entière va mourir ce soir », a asséné le président américain sur sa plateforme Truth Social, ajoutant : « Je ne veux pas que cela se produise, mais ce sera probablement le cas. »
• « Seul » Donald Trump « sait ce qu’il va faire »
Le président américain assure être prêt à détruire l’Iran « entier […] en une seule nuit » si l’ultimatum qu’il a fixé à Téhéran expire sans résultat, mardi à 20 heures (2 heures du matin mercredi, heure de Paris). Il s’est dit prêt à frapper les centrales énergétiques et les ponts iraniens si la République islamique ne débloque pas le détroit d’Ormuz.
Les Etats-Unis peuvent détruire « en quatre heures » les ponts et centrales électriques du pays. Les Iraniens sont « prêts à souffrir pour avoir la liberté », estime Donald Trump. Le président américain a affirmé qu’il ne « s’inquiétait pas » du risque de commettre des crimes de guerre en détruisant des infrastructures à usage avant tout civil. Pour le milliardaire républicain, le « crime de guerre » serait de laisser l’Iran se doter de l’arme nucléaire.
Après des questions de l’AFP, ce mardi, sur l’utilisation de l’arme nucléaire en Iran et la coupure des communications avec les Etats-Unis par Téhéran, la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt a répondu : « Le régime iranien a jusqu’à 20 heures pour saisir l’occasion et passer un accord avec les Etats-Unis. Le Président seul sait où nous en sommes et ce qu’il va faire. » Plus tôt, la Maison Blanche avait démenti en termes vifs envisager l’utilisation de l’arme nucléaire en Iran. « Rien de ce que dit le vice-président ici ne “laisse entendre” cela, bande d’énormes bouffons », lit-on dans un message publié sur X par son compte @RapidResponse47, qui répond à un compte associé à l’ancienne candidate démocrate Kamala Harris (@HQNewsNow).
• L’Iran condamne une « rhétorique arrogante »
L’armée iranienne a condamné une « rhétorique arrogante », affirmant via un porte-parole que ce genre de déclarations n’avait « pas d’effet » sur ses opérations. L’ambassadeur iranien à l’ONU Amir Saeid Iravani a critiqué les menaces américaines contre les infrastructures civiles, dans une lettre au secrétaire général de Nations unies Antonio Guterres. « Le silence ou l’inaction face à de telles violations flagrantes sapera gravement l’intégrité du droit international » et risque d’avoir « des conséquences qui s’étendront au-delà de la région », souligne-t-il, cité par les médias officiels iraniens.
Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique iranienne, ont aussi menacé de mener des actions contre des infrastructures qui « priveront les Etats-Unis et leurs alliés de pétrole et de gaz de la région pendant des années ». « Nous avons fait preuve jusqu’à présent d’une grande retenue dans un esprit de bon voisinage mais ces réserves sont désormais levées », ont averti les Gardiens, dans un communiqué relayé par la télévision d’Etat. Et d’ajouter : « Si l’armée terroriste américaine franchit les lignes rouges, notre riposte s’étendra au-delà de la région. »
Sur le plan intérieur, le chef du pouvoir judiciaire iranien a appelé ce mardi les tribunaux à rendre plus rapidement les verdicts de condamnation à mort dans des affaires liées à la guerre contre les Etats-Unis et Israël.
• Des ponts, des routes et des lignes ferroviaires frappées en Iran
Dans la nuit de lundi à ce mardi, la capitale de la République islamique et sa périphérie ont été à nouveau secouées par des explosions, selon des agences de presse locales. L’armée israélienne a revendiqué une « vague » de frappes visant à « endommager » des infrastructures « à Téhéran et dans d’autres régions d’Iran ». Elle a rapporté au même moment que ses défenses aériennes étaient en action pour intercepter des missiles venus d’Iran.
Ce mardi matin, Tsahal a exhorté les Iraniens à s’abstenir de voyager en train dans un message sur X laissant augurer de frappes à venir sur le réseau ferroviaire en Iran. Les autorités iraniennes ont annoncé par la suite l’annulation des liaisons ferroviaires au départ et en direction de Masshad, deuxième ville du pays située dans le Nord-Est. Israël a aussi dit avoir mené des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique dans le sud de l’Iran, « une cible clé qui assure environ la moitié de la production pétrochimique du pays ». Téhéran affirme que la situation est « sous contrôle » mais que l’étendue des dégâts reste à évaluer.
Dans l’après-midi, l’armée israélienne a annoncé avoir achevé une nouvelle série de frappes d’ampleur en Iran, précisant que celles-ci avaient visé spécifiquement des infrastructures. Les autorités iraniennes ont fait état de leur côté d’attaques ayant visé au moins deux ponts dans le centre du pays. « Dans cette attaque, deux personnes sont tombées en martyrs et trois ont été blessées », a précisé Akbar Salehi, vice-gouverneur de la province d’Ispahan (centre).
Une autoroute importante du nord-ouest de l’Iran, reliant Tabriz à Téhéran, a été fermée mardi après une attaque israélo-américaine, ont également annoncé les autorités locales. L’axe a été touché à environ 90 km de Tabriz, a rapporté l’agence de presse officielle Irna, citant le département de gestion des crises du gouvernorat de la province de l’Azerbaïdjan oriental.
• Cibler les infrastructures civiles est « un crime de guerre », rappelle l’ONU
Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Volker Türk a dénoncé ce mardi la « rhétorique incendiaire » entourant le conflit au Moyen-Orient, rappelant que cibler les infrastructures civiles est « un crime de guerre ». « Toute personne responsable de crimes internationaux doit être traduite en justice par un tribunal compétent », a-t-il souligné dans un communiqué qui ne mentionne pas nommément les Etats-Unis, l’Iran ou Israël.
• Des frappes contre l’île de Kharg dans le Golfe
Des frappes ont été menées contre l’île de Kharg dans le Golfe, point névralgique de l’industrie pétrole iranienne, ont indiqué ce mardi des médias. « L’ennemi américano-sioniste (américano-israélien, NDLR) a conduit plusieurs attaques sur l’île de Kharg (sud-ouest) et plusieurs explosions y ont été entendues », a rapporté l’agence de presse iranienne Mehr.
D’après un message publié sur X par le éditeur Barak Ravid du site d’informations Axios, qui cite un responsable américain, l’armée américaine y a mené « des frappes contre des cibles militaires ».
• L’armée israélienne a achevé son déploiement avancé au Liban
L’armée israélienne a annoncé ce mardi avoir achevé dans le sud du Liban le déploiement de ses troupes au sol jusqu’à une « ligne de défense avancée » contre les combattants du mouvement islamiste Hezbollah. Une source militaire libanaise a indiqué à l’AFP que l’armée israélienne avait progressé sur trois axes « entre cinq et neuf kilomètres » en territoire libanais. L’armée israélienne n’a pas donné de précision géographique sur le indication d’avancée maximum de ses soldats en territoire libanais.
Les frappes israéliennes au Liban ont tué 1 530 personnes depuis le début de la guerre entre le Hezbollah pro-iranien et Israël le 2 mars, a indiqué mardi le ministère de la Santé. Ce nouveau bilan fait état de 102 femmes, 130 enfants et 57 membres du personnel médical tués, et de 4 812 blessés.
• Des missiles vers l’Arabie saoudite et les Emirats
Ce mardi matin, le ministère de la Défense du royaume saoudien annoncé l’interception de sept missiles balistiques dont des débris sont tombés autour d’infrastructures électriques. Les autorités des Emirats arabes unis ont aussi indiqué répondre à des attaques de missiles et drones.
De plus, le pont reliant l’Arabie saoudite à Bahreïn fermé « par précaution » au vu des alertes émises dans la région, ont indiqué les autorités. « La circulation des véhicules sur le pont Roi Fahd a été suspendue par précaution », a affirmé la General Authority for King Fahd Causeway, l’organisme qui gère cette série de ponts de 25 kilomètres reliant les deux pays.
Le Qatar a mis en garde contre une situation au Moyen-Orient qui pourrait devenir hors de contrôle. « Si l’escalade se poursuit sans contrôle, nous finirons par nous retrouver dans une situation où elle ne pourra plus être contrôlée. Et nous sommes très proches de ce point », a affirmé lors d’un observation presse le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.
• Les Houthis revendiquent une attaque sur Israël
Les rebelles houthis du Yémen affirment avoir lancé, conjointement avec l’Iran et le Hezbollah libanais, une attaque « visant plusieurs sites vitaux et militaires appartenant à l’ennemi israélien ».
Source : www.nouvelobs.com
Conclusion : Notre équipe continuera à suivre l'évolution de cette actualité.

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