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Nos journalistes proposent un aperçu de l'article « Avec le cessez-le-feu en Iran, JD Vance repasse de l’ombre à la lumière ».
Points essentiels
OLIVER CONTRERAS / AFP
Le vice président américain JD Vance, ici le 4 février 2026, est à la tête de la délégation américaine pour les pourparlers visant à un accord de long terme avec l’Iran qui débutent au Pakistan ce 10 avril 2026.
• Depuis le début des frappes, le vice-président des États-Unis qui était opposé à l’opération a fait le service minimum pour la défendre.
• Après avoir mené des négociations en coulisses, Vance permet à Trump de montrer sa bonne foi dans la discussion qui s’ouvre.
Il était considéré, lors des premières frappes israélo-américaine contre l’Iran fin février, comme le grand perdant de cette guerre qui a enflammé tout le Moyen-Orient. 40 jours plus tard, alors que les États-Unis proches de l’enlisement ont arraché une trêve fragile, le vice-président américain JD Vance se retrouve en position de force.
Ce dernier a été choisi par Donald Trump pour mener la délégation américaine à Islamabad, au Pakistan, où des pourparlers pour trouver un accord de long terme avec l’Iran débutent ce vendredi 10 avril. Attendu sur place ce week-end, il sera notamment accompagné du conseiller Jared Kushner – également époux de la fille aînée du président américain, Ivanka – et de Steve Witkoff, envoyé spécial au Moyen-Orient.
Un retour sur le devant de la scène dans une position aussi prestigieuse que périlleuse, alors qu’il était resté dans l’ombre depuis le 28 février. Il faut dire que son opposition aux frappes était un secret de polichinelle. Si JD Vance a défendu dans quelques rares apparitions télé la décision de Donald Trump d’attaquer l’Iran, l’ex-marine passé par l’Irak est un fervent opposant aux interventions extérieures. C’est même une des raisons pour lesquelles, il a soutenu la seconde candidature à la présidentielle de Donald Trump : « La meilleure politique étrangère pour Trump ? Ne pas commencer de guerres », écrivait-il dans le Wall Street Journal en 2023.
JD Vance s’est activé dans l’ombre
Son point de vue sur la guerre en Iran a été dévoilé par le New York Times, dans un long article détaillant comment le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réussi à convaincre Donald Trump de se joindre à lui dans ce conflit. Le président américain, est-il raconté dans l’article paru le mardi 7 avril, a consulté ses proches collaborateurs qui se sont révélés plutôt sceptiques sur cette entreprise. Mais JD Vance a fait part de la plus ferme opposition. « Je pense que c’est une mauvaise idée, mais si vous voulez le faire, je vous soutiendrai », aurait-il déclaré peu avant que Donald Trump donne son « go ».
« Sachant que M. Trump allait de toute façon intervenir d’une manière ou d’une autre, (JD Vance) a essayé de pousser pour une action limitée (…). M. Vance a défendu une action avec une force écrasante dans l’espoir d’atteindre les objectifs rapidement », écrivent aussi les journalistes Jonathan Swan et Maggie Haberman. Le vice-président s’inquiétait particulièrement du nombre de munitions américaines, de la capacité de l’Iran à répliquer pour protéger son régime, du blocage probable du détroit d’Ormuz, ou encore du rejet de cette guerre par la base MAGA. Il s’avère que tous ces points sont devenus, au fil du conflit, de sacrées épines dans le pied de Donald Trump.
S’il a été pour le moins discret en public, JD Vance s’est néanmoins activé dans l’ombre pour faire advenir des négociations de paix. La veille des premières frappes isréalo-américaine, le vice-président recevait encore le ministre des Affaires étrangères d’Oman pour tenter de trouver une issue diplomatique, rapportait The Atlantic. Mais c’est le négociateur en chef, Steve Witkoff, qui a coupé court aux discussions à Genève, estimant que les deux parties ne parvenaient pas à trouver une cadre de base pour des discussions, rapporte le même média.
Le choix de Vance, un signal envoyé aux Iraniens
C’est finalement au moment où Donald Trump a lancé son dernier ultimatum que JD Vance a su tirer son épingle du jeu. Politico rapporte que le vice-président a été en contact dimanche 5 avril avec le chef de l’armée pakistanaise Asim Munir afin de préparer une proposition de cessez-le-feu. Puis, toujours selon Politico, JD Vance a passé « des tonnes d’appels », en parallèle de son séjour en Hongrie pour soutenir le populiste Viktor Orban ce début de semaine, afin de parvenir à un accord. Son implication a aussi été éventée par Donald Trump : « Nous sommes en train de négocier. (…) Nous avançons bien. Je pense que ça se passe bien. M. Witkoff est là. JD (Vance) participe aux négociations. »
Au lendemain de l’annonce de la trêve, JD Vance a été nommé à la tête de la délégation américaine. Afin de récompenser ses efforts pour la paix ? Pas vraiment, ou pas seulement. Comme le souligne Politico, avec ce choix Trump envoie un message aux Iraniens : celui que les États-Unis sont prêts à négocier sérieusement pour trouver une porte de sortie. « Cela indique une volonté réelle, côté américain, d’aboutir à un cessez-le-feu durable, avec une certaine flexibilité. Aux yeux des Iraniens, Vance apparaît comme un interlocuteur plus crédible. (…) Il s’agit d’un signal stratégique envoyé par Trump », confirme auprès de l’Express David Khalfa, codirecteur de l’Observatoire du Moyen-Orient à la Fondation Jean-Jaurès. Car Steve Witkoff et Jared Kushner, aux premiers postes des pourparlers avant la guerre, ont irrité du côté de Téhéran.
Une source diplomatique iranienne confiait fin mars au Guardian n’avoir « aucune confiance » en Washington et disait refuser de parler « avec l’équipe de négociation précédente » qui leur a fait croire à une issue diplomatique. Cette même source a pointé que JD Vance, anti-guerre et discret dans le conflit, serait un bien meilleur interlocuteur. Toujours fin mars, l’analyste Karim Sadjadpour de la Fondation Carnegie (une ONG qui promeut les intérêts des États-Unis à l’international), expliquait aussi pourquoi JD Vance est vu d’un bon œil par la partie adverse : « Les Iraniens pensent qu’il vient de l’aile anti-guerre du parti républicain. Ils pensent aussi que puisqu’il veut se présenter à la présidentielle, il veut pousser à la résolution rapide de la guerre. »
Reste à savoir s’il va mener sa mission à bien, alors que le plan en dix points des Iraniens particulièrement favorable à Téhéran a semé le trouble et que Vance a reconnu lui-même que la trêve est « fragile ». Mercredi en Hongrie, il s’est en tout cas montré ferme : « (Donald Trump) nous a dit de négocier. Mais si les Iraniens ne font pas pareil, ils vont découvrir qu’il ne faut pas déconner avec le président. »
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Nous vous tiendrons au courant des prochaines évolutions importantes.

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