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10 avril 2026Au Pakistan, ces points clés seront au menu des négociations entre l’Iran et les États-Unis
Analyse : Voici un aperçu des faits selon nos journalistes.
Un résumé concis de « Au Pakistan, ces points clés seront au menu des négociations entre l’Iran et les États-Unis » selon notre équipe.
Résumé pour le lecteur
AAMIR QURESHI / AFP
L’armée pakistanaise en patrouille à Islamabad, le 9 avril 2026, alors que Pakistan se prépare à accueillir des discussions aux enjeux élevés impliquant des représentants américains et iraniens sur la guerre au Moyen-Orient.
Barrages, rues désertes et patrouilles armées : dans la « red zone » d’Islamabad, la capitale du Pakistan, la sécurité a été fortement renforcée à l’approche des négociations très sensibles qui s’ouvriront ce samedi 10 avril entre les États-Unis et l’Iran. Le quartier, où sont réunies les ambassades et les principales institutions du pays, est désormais largement inaccessible.
Depuis jeudi, les autorités ont décrété deux jours fériés exceptionnels et bloqué les principaux axes menant à la zone. À proximité du ministère des Affaires étrangères, un hôtel de luxe, le Serena, a été vidé de ses clients. Il pourrait accueillir les délégations attendues ce week-end. Et d’ici quelques heures, le ton pourrait monter dans ses salons feutrés, tant les divergences entre les deux pays promettent des négociations tendues.
Côté américain, la Maison Blanche a annoncé une délégation emmenée par le vice-président JD Vance, accompagné de l’émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, le gendre de Donald Trump. Le président des États-Unis s’est dit « très optimiste » quant à la possibilité d’aboutir à un accord, malgré l’écart entre les positions des deux pays.
En face, le dispositif est encore incertain. La participation du ministre des affaires étrangères de l’Iran, Abbas Araghtchi, et du président de l’Assemblée, Mohammad Ghalibaf, n’a pas été définitivement arrêtée, après plusieurs annonces contradictoires en provenance de Téhéran. L’ambassadeur d’Iran à Islamabad avait ainsi, dans un premier temps, évoqué une arrivée dès jeudi soir avant de retirer son message publié sur X. Il n’y a pas eu de nouvelle prise de parole depuis.
Ces dernières heures, Téhéran a durci le ton sur le volet du cessez-le-feu, martelant que celui-ci devrait également s’appliquer au Liban, où Israël a mené des frappes terribles ces derniers jours. Une position écartée par Washington, qui refuse d’élargir les discussions au front libanais, jugé distinct. Ce désaccord n’en est qu’un parmi d’autres, qui seront inévitablement au cœur des échanges des prochains jours. Le HuffPost fait le facteur.
• L’avenir du détroit d’Ormuz
Les négociations doivent s’appuyer sur la liste de dix points transmise mardi par Téhéran pour poser les bases d’un accord de paix à long terme. Une proposition que Donald Trump a qualifiée de « base viable pour négocier ». Parmi ces éléments figure notamment le maintien d’un contrôle iranien sur le détroit d’Ormuz, un axe maritime stratégique par lequel transitent environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole.
Concrètement, Téhéran propose la mise en place d’un mécanisme de « péage » sur les navires, sur un modèle déjà expérimenté ces derniers jours. Selon le Financial Times, l’Iran réclamerait 1 dollar par baril de pétrole transitant par le détroit, qui devra être payé en cryptomonnaies. Avant la crise, près de 20 millions de barils y circulaient chaque jour.
Côté américain, la position reste évolutive. Donald Trump s’était d’abord dit ouvert à ce type de mécanisme, évoquant même une possible « coentreprise » et des retombées économiques. Mais il a durci le ton jeudi, avertissant Téhéran : « Ils ont intérêt à ne pas le faire, et s’ils le font, ils feraient mieux de revenir en arrière immédiatement. » Et pour cause : difficile d’imaginer les États-Unis réussir à présenter comme positive la mise d’un péage au bénéfice de l’Iran sur un axe où les navires circulaient librement avant la guerre.
D’autant que Washington s’impatiente de ne pas constater de reprise effective du trafic dans le détroit, présentée comme une condition clé de la mise en œuvre du cessez-le-feu. Seuls quelques navires ont pu y transiter depuis son entrée en vigueur. L’agence Fars, proche des Gardiens de la révolution, a même affirmé mercredi que le trafic avait été interrompu en réponse aux frappes israéliennes au Liban, une information qui n’a pas été commentée par les autorités iraniennes.
• L’enrichissement d’uranium en Iran
Autre point central des discussions à venir : « l’acceptation de l’enrichissement d’uranium » en Iran par les États-Unis. Une formulation qui ne figure toutefois pas dans la version en anglais des dix points qui a été envoyée à l’ONU, ce qui alimente déjà des divergences d’interprétation.
Pour Téhéran, il s’agit pourtant d’une ligne rouge. Le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique l’a rappelé encore ce jeudi dans un entretien avec l’agence de presse Isna. « Les revendications et exigences de nos ennemis visant à restreindre le programme d’enrichissement de l’Iran ne sont que des vœux pieux qui seront enterrés », a-t-il déclaré.
À l’inverse, Donald Trump a réaffirmé mercredi qu’« il n’y aurait aucun enrichissement d’uranium » en Iran. Washington a en effet présenté ce point comme l’un des objectifs majeurs de son opération militaire conjointe avec Israël. Dans ce dossier, les marges de manœuvre apparaissent donc particulièrement réduites. Les discussions diront si les positions des belligérants sont irréconciliables.
Pour leur permettre d’aboutir, le Pakistan a en tout cas « constitué une nos experts d’experts pour accompagner les deux parties dans les négociations, sur les questions de navigation maritime, de nucléaire et d’autres sujets », a indiqué à l’AFP une source diplomatique, sous couvert d’anonymat.
• Retrait militaire américain et missiles iraniens
Lors des pourparlers, la question militaire devra également être abordée, avec là aussi des demandes très fortes de la part de Téhéran. L’Iran réclame un principe de « non-agression » afin de mettre un terme à toute action militaire contre son territoire, mais aussi aux frappes visant ses alliés.
Plus encore, l’Iran souhaite obtenir le retrait des forces de combat américaines dans la région, et l’interdiction d’attaques menées depuis les bases des États-Unis au Moyen-Orient. Une exigence difficilement compatible avec la stratégie de Washington, qui s’appuie sur ce dispositif militaire comme un pilier de sa posture de dissuasion régionale.
Washington souhaite de son côté que soit mise sur la table la question d’un encadrement strict du programme balistique iranien, avec la suspension des développements de missiles et un contrôle accru des transferts d’armements vers les alliés de Téhéran. Une énième ligne rouge pour la République islamique, qui refuse de discuter à ce sujet. Une preuve de plus, s’il en fallait, que le ton risque de monter ces prochains jours à Islamabad.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Cette situation sera observée de près par nos journalistes.

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