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13 avril 2026Donald Trump veut faire un blocus du détroit d’Ormuz, voici les points clés pour comprendre les enjeux
Analyse : Une analyse rapide pour comprendre cette actualité.
Nos journalistes proposent un aperçu de l'article « Donald Trump veut faire un blocus du détroit d’Ormuz, voici les points clés pour comprendre les enjeux ».
Ce qu'il faut retenir
JIM WATSON / AFP
Donald Trump a annoncé l’entrée en vigueur d’un blocus du détroit d’Ormuz, ce lundi 13 avril, à partir de 16 h à Paris. (Photo d’illustration)
Un pari très risqué. Après l’échec des premières négociations entre Téhéran et Washington au Pakistan, Donald Trump a annoncé l’entrée en vigueur d’un blocus du détroit d’Ormuz aux « navires de toutes nationalités entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens », à partir de ce lundi 13 avril, 16h à Paris.
Sans détailler les modalités d’une telle opération, alors que le passage est verrouillé par l’Iran depuis le début de la guerre, le président américain a affirmé dimanche soir sur Fox News que le Royaume-Uni (ce qui a été démenti par Londres) « et quelques autres pays » participeraient au blocus. Le milliardaire entend, en parallèle, lancer une opération de déminage du détroit.
Le HuffPost fait le note sur la stratégie des États-Unis derrière ce blocage, sur les modalités et la légalité de l’opération, ainsi que sur les principales réactions qui en découlent.
• Pourquoi Trump veut-il (re)bloquer le détroit ?
Depuis le 28 février, les États-Unis et Israël ont pilonné l’Iran, tuant au moins 3600 personnes, d’après ONG américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA). Rapidement, le détroit d’Ormuz s’est imposé comme l’arme la plus efficace pour Téhéran pour faire face à un adversaire américain militairement bien plus puissant. En fermant de facto le détroit, par lequel transitent normalement 20 % du pétrole mondial, avec la menace de mines et l’imposition d’un « péage », l’Iran a réussi à piéger Donald Trump et à déstabiliser l’économie mondiale.
Le détroit a d’ailleurs été l’un des principaux points d’achoppement lors des négociations ratées à Islamabad ce week-end, ont rapporté des sources au Guardian. Avec ce blocus, le président des États-Unis chercherait donc à éliminer le principal levier de négociation de l’Iran, qui a demandé à garder le contrôle de cette voie maritime une fois la guerre terminée.
« Il y a peu de raisons de penser qu’un blocus contraindrait l’Iran à capituler. En fait, la résilience dont le pays a fait preuve jusqu’à présent suggère l’inverse », estime toutefois Danny Citrinowicz, de l’Institut d’études sur la sécurité nationale (INSS) de Tel-Aviv, interrogé par l’AFP. Pour Shibley Telhami, chercheur à la Brookings Institution et professeur à l’université du Maryland, l’annonce d’un blocus américain est même « déconcertante » et paraît « contre-productive ». Le président « n’aurait pas pu porter un coup plus dur à ce qui reste de la crédibilité mondiale des États-Unis ».
• Que sait-on des modalités du blocus ?
L’armée américaine a donné très peu de détails sur les modalités de ce blocus naval. Donald Trump a simplement précisé qu’il serait « total », c’est-à-dire que tous les navires « entrant ou quittant » les ports iraniens, quelle que soit leur nationalité, seront bloqués avant d’arriver à Ormuz.
Plus tard dimanche, dans un message publié sur X, le Commandement militaire pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces commenceraient à mettre en œuvre le blocus, à partir de 16 h à Paris. La zone concernée par les restrictions de navigation se situe entre le golfe Persique et le golfe d’Oman, visible sur la carte ci-dessous, pointe la BBC. Le Centcom a précisé que les forces américaines ne bloqueraient pas les navires transitant vers et depuis des ports non iraniens. La durée du blocage n’a pas été communiquée et il pourrait durer tant que les discussions sont au point mort.
AFP
La zone concernée par le blocus annoncé par Donald Trump se situe entre le golfe Persique et le golfe d’Oman.
Il reste difficile de savoir, d’après Sal Mercogliano, historien maritime à l’université de Campbell interrogé par NBC News, comment les États-Unis pourront suivre, intercepter et arraisonner les navires quittant les ports iraniens pour traverser le détroit. Selon plusieurs experts interrogés par le Guardian, l’armée américaine ne devrait en tout cas pas tirer sur les pétroliers tentant de traverser le détroit, au risque d’une aggravation du conflit et de conséquences environnementales terribles. Si l’un d’eux essayait de forcer le passage, les menaces et l’envoi « d’équipes d’abordage armées pour prendre le contrôle des navires » seraient privilégiés.
• Pourquoi l’Iran dénonce-t-elle un acte de « piraterie » ?
L’Iran a rapidement dénoncé un blocus « illégal » et a jugé que les restrictions imposées par la « criminelle Amérique sur la navigation maritime » relèvent de la « piraterie ». Dans le même temps, Téhéran a menacé ses voisins du Golfe, déjà ciblés par des frappes iraniennes depuis le début du conflit. « Si la sécurité des ports de la République islamique (…) est menacée, aucun port dans le Golfe persique et la mer d’Arabie ne sera en sécurité », a ainsi averti le commandement militaire iranien, dans un communiqué lu à la télévision.
Si les États-Unis peuvent « militairement » bloquer le détroit, « politiquement c’est une violation du droit international », explique Rachid Chaker, spécialiste des enjeux naval et chercheur à l’Université catholique de Lille, interviewé par Le Parisien. Et d’ajouter : « Aucune puissance ne peut en altérer le passage. Il faut voir ce qu’il (Donald Trump ndlr) va faire concrètement, mais s’il faisait ça, il ferait ce qu’il a reproché aux Iraniens. »
• Comment la France a-t-elle réagi ?
Conscient que l’opération est périlleuse et difficile à entreprendre seul, Donald Trump a également affirmé que d’autres pays aideraient au blocus, mais n’a pas précisé lesquels. Sur le Vieux Continent, le Royaume-Uni a été le premier à réagir, affirmant que son pays n’y participerait pas. « Nous avons été clairs sur le donnée que nous n’allions pas nous laisser entraîner dans cette guerre », même si Londres a participé à des « actions défensives » depuis le début du conflit, a martelé lundi matin le Premier ministre britannique, Keir Starmer.
La France et le Royaume-Uni vont organiser « dans les tout prochains jours une conférence avec les pays prêts à contribuer » à « une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation » dans le détroit d’Ormuz, a annoncé, de son côté, Emmanuel Macron. « Cette mission strictement défensive et distincte des belligérants aura vocation à se déployer dès que la situation le permettra », a ajouté le président français sur le réseau X.
Fermement opposée à cette guerre entamée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, l’Espagne a déploré un blocus naval qui « n’a aucun sens ». L’Allemagne, elle, ressentira « encore longtemps les conséquences » de la guerre au Moyen-Orient, « même lorsqu’elle sera terminée », a averti le chancelier Friedrich Merz, après avoir annoncé des mesures pour soulager consommateurs et entreprises face à la hausse des prix des carburants.
L’Europe craint une nouvelle envolée des prix du pétrole et du gaz avec l’instauration du blocus. Les répercussions de l’annonce de Donald Trump sont d’ailleurs déjà visibles sur les marchés mondiaux : les cours du pétrole remontent fortement et s’affichent au-delà des 100 dollars lundi. une détail qui pourrait faire changer d’avis le président américain, déjà sous le feu des critiques dans son propre camp en raison d’une inflation galopante. Le président risque aussi d’enclencher une nouvelle escalade militaire, au moment où le respect du cessez-le-feu entre les belligérants, qui doit expirer le 22 avril, reste incertain.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : La rédaction gardera un œil attentif sur cette information.

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