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Un regard de nos journalistes sur l'article « Ormuz : Donald Trump, le navigateur solitaire ».
Résumé pour le lecteur
Donald Trump parle fort, mais il est seul dans une pièce vide : c’est un peu l’impression que donne ce blocus décrété via les réseaux sociaux. Vindicatif, le président des Etats-Unis a assuré que de nombreux pays se joindraient à la flotte américaine. Une sorte d’armada internationale pour empêcher tout commerce maritime de l’Iran.
Or, pour l’instant, c’est un silence consterné qui a accueilli cette initiative, parmi les alliés des Etats-Unis. Seul l’Israélien Benjamin Netanyahou a applaudi.
La plupart des autres ont regardé leurs chaussures. Hors de question de se laisser entraîner dans cette nouvelle foucade, manifestement improvisée.
Certains ont même pris la parole, comme le britannique Keir Starmer, pour dire, en substance : « ce blocus, ce sera sans nous ».
Et puis il y a ceux qui ont peur de vexer le président américain ; alors ils enchaînent les communiqués entortillés, où ils appellent à laisser passer « sans entrave » les bateaux.
Entre les lignes, le message s’adresse tout autant aux Iraniens, qui veulent garder le contrôle du détroit ; qu’aux Américains, qui veulent imposer en quelque sorte un blocage du blocage, ce qu’on pourrait appeler un « blocus au carré ».
Cette solitude du président américain s’illustre aussi par les initiatives qui se prennent sans lui…
D’après nos informations, ce jeudi, plus de 30 pays seront réunis, autour de la France et du Royaume-Uni. Une conférence, sans les Etats-Unis.
Il s’agira de mettre sur pied une coalition pour garantir la sécurité du détroit d’Ormuz, une fois que le cessez-le-feu sera gravé dans le marbre.
Parmi les présents : la plupart des pays européens, mais aussi les Etats arabes du Golfe, la Corée du Sud, le Japon… Chacun mettra sur la table les moyens qu’il est prêt à débloquer : bateaux, radars, navires de déminage – la France est d’ailleurs bien outillée sur la capacité de déminage.
Emmanuel Macron précise bien que cette future « mission multinationale » sera « distincte des belligérants ». Autrement dit, ni Etats-Unis, ni Iran.
Alors quel est l’objectif ? C’est d’abord de rassurer les acteurs économiques, quand la paix sera revenue. La présence de forces navales permettra de réinsuffler de la confiance, notamment pour les armateurs et les compagnies d’assurance, encore très réticents.
Sur l’Ukraine, on connaissait la « Coalition des volontaires » ; voici pour Ormuz ce qu’on pourrait appeler la « coalition des raisonnables ».
Dans les deux cas, cela se joue sans les Etats-Unis, donc…
Oui, ce qui devrait inquiéter la Maison-Blanche. Certes, Washington n’a pas besoin militairement de ses alliés, encore moins face à une armée iranienne largement démembrée.
Mais sur le symbole, que personne ne veuille plus suivre les initiatives de Donald Trump, cela effrite l’image du leader américain, « chef de file du monde libre », selon l’expression consacrée.
Un diplomate européen me confiait qu’il avait réapprendre son métier, pour s’adapter à la méthode Trump. Je le cite : « ne surtout pas réagir trop vite, laisser passer l’orage, et ensuite seulement se montrer ferme et se faire respecter ».
Sur les rapports de force internationaux, d’ailleurs, vous connaissez l’adage de Théodore Roosevelt, le président américain, au début du siècle dernier.
Il disait : « mieux vaut parler doucement avec un gros bâton en main… que de hurler avec un simple mouchoir en papier ».
Donald Trump, lui, hurle avec un gros bâton, c’est-à-dire son armée.
Mais il semble faire moins peur à ses adversaires qu’à ses alliés.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Notre équipe restera attentive aux prochains développements.

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